A propos de la gouvernance, le chef de file de l’opposition, Soumaïla Cissé n’a pas porté de gant regrettant les terribles souffrances sociales présentement vécues par les masses laborieuses. “Notre pays est en persistantes déviances affairistes, de misères économiques grandissantes et de méfiances inquiétantes de la communauté internationale et des investisseurs. Plus de 30 mois d’immobilisme, voire de recul, ont anéanti l’espoir, le bonheur et l’honneur tant promis…”
“Or, le peuple fonde beaucoup d’espoir qu’à la paix”, a relevé M. Cissé. C’est pourquoi, dira-t-il, l’opposition a invité les Maliens à la “Marche pour le Mali”, pour faire entendre le cri de désespoir du peuple.
“Le cri du peuple est notre cri à tous et c’est ensemble que nous devons désormais nous engager au chevet de notre pays pour le bien-être des populations, au-delà de tous les clivages politiques, dénoncer non seulement les dérives du régime, mais aussi et surtout dire non à l’absence de dialogue social. Il faut que la priorité soit donnée à une paix durable en toute transparence des moyens et des accords”, a ajouté le chef de file de l’opposition.
“La gouvernance du président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita est le symbole d’un pouvoir éloigné du peuple. IBK n’est pas avec le RPM, à plus forte raison le peuple. Les Maliens ont la nette impression d’une action publique sans but, sans visibilité, d’un exercice du pouvoir qui tourne à vide, de l’absence de réformes, de direction et d’engagement. Et c’est évident, parce que le président n’est pas en contact avec les Maliens…”, a redit le patron de l’URD.

Chorus
S’agissant de la crise du Nord,  les manifestants ont dénoncé le manque de volonté du gouvernement. “Le Nord du Mali est caractérisé par l’absence totale de l’Etat et les populations abandonnées à elles-mêmes. Depuis 30 mois, notre peuple réclame le respect des lois, une justice égale pour tous. Le gouvernement exprime le mépris”, déplore le chef de l’opposition, indiquant que le temps est venu de sortir de l’immobilisme actuel et redonner espoir à nos populations.
Comme dans une symphonie achevée, le président des Forces alternatives pour le renouveau et l’émergence (Fare/An ka wuli), Modibo Sidibé, a ajouté que l’opposition est dans la rue parce que ça ne va pas. “Aussi parce qu’il n’y a aucun signal du pouvoir pour nous faire comprendre qu’il a compris la situation désastreuse du pays. Nous avons alerté. Sans cesse alerté. Et pour toute réponse, nous avons eu le mépris des autorités et la diffamation publique”, a martelé le président des Fare/An ka wuli, ajoutant que la nouvelle loi portant modification de la loi électorale de 2014, adoptée par l’Assemblée nationale, élimine tous les candidats à la présidentielle à venir. “C’est un recul pour la démocratie”, a-t-il déclaré.
Pour une résolution définitive de la crise, l’opposition exige du gouvernement la tenue des concertations nationales pour la refondation de l’Etat, le retour du président ATT pour une vraie réconciliation nationale et l’égal accès aux médias d’Etat.
Treize partis politiques de l’opposition et des organisations de la société civile ont marché le 1er octobre à Bamako pour exiger le rejet de la loi portant modification de la loi électorale de 2014 adoptée par l’Assemblée nationale, la tenue des concertations nationales et le retour de l’ancien président déchu, Amadou Toumani Touré.
Bréhima Sogoba
Source: L’indicateur du Renouveau