vendredi 7 novembre 2014

Mali : le combat feutré de Soumaïla Cissé

Mali : le combat feutré de Soumaïla Cissé

Mali : le combat feutré de Soumaïla Cissé

Crédits photo : TANYA BINDRA/EPA/MAXPPP
PORTRAIT - Le challenger d'Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) au second tour de la présidentielle de dimanche prochain fait campagne de manière policée.
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À Bamako,
Soumaïla Cissé le sait mieux que personne: il risque d'être le grand perdant du coup d'État de mars 2012 qui balaya le président Amadou Toumani Touré et mit à bas la République malienne. Dans les élections qui devaient se tenir en avril 2012, il tenait rang de favori. Sa carrière d'économiste distingué, d'ancien ministre des Finances et de président de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa) faisait de lui le candidat idéal pour redresser un taux de croissance trop faible.
Un an et demi de crise et de guerre plus tard, le constat est tout autre. À l'approche du second tour de la présidentielle, dimanche 11 août, il accuse un retard de près de vingt points sur son rival Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), avec 19,5 % des voix selon les résultats provisoires du premier tour.
Dans le salon d'un hôtel chic de Bamako où il reçoit, Soumaïla Cissé assure néanmoins croire en sa victoire. Comme toujours, sa mise est impeccable. «Le deuxième tour était attendu même si je pense que l'écart n'aurait pas dû être aussi grand. Il n'est pas rédhibitoire», dit-il du ton suave dont il ne se départit jamais.
Même quand il s'agit de dénoncer les irrégularités qui, selon lui, ont émaillé le vote. «L'arbre de la grande mobilisation des électeurs ne doit pas cacher la forêt de la fraude et de l'impréparation de ce scrutin», explique-t-il, dénonçant «un parti pris réel de d'administration». En guise de protestation, il se contentera de recours légaux devant la Cour constitutionnelle, dont on dit qu'elle ne lui est pas défavorable, sans faire donner les journaux qui lui sont acquis. Soumaïla Cissé n'aime pas, officiellement, le bruit et la fureur. Une question d'éducation sans doute.

Soupçons de corruption

Ce fils de bonne famille, né il y a 63 ans à Niafunké près de Tombouctou, a fait un parcours brillant. Élève doué, il passe par l'université de Dakar avant de rejoindre l'Institut de sciences informatiques de Montpellier, dont il sort ingénieur et major. Il fait ses armes dans de grandes entreprises françaises avant de revenir au Mali et d'intégrer la Compagnie malienne pour le développement et le textile (CMDT), un pilier de l'économie locale. Il entre aussi en politique, dans les rangs des opposants à la dictature de Moussa Traoré. Secrétaire général de la présidence, puis ministre des Finances, il croise alors son rival d'aujourd'hui IBK. «Ibrahim et moi sommes rentrés au gouvernement le même jour. On s'entendait convenablement.»
La tension naît entre les deux hommes à l'heure de la succession du président Konaré. Aux élections de 2002, Cissé arrive second derrière le futur président Amadou Toumani Touré, mais devant IBK. Soumaïla Cissé choisit de s'exiler, prenant la présidence de l'Uémoa au Burkina Faso voisin. Il ne retourne au Mali qu'en 2012 pour se trouver face au putsch. Il se mue alors en adversaire farouche de la junte. «Je vous invite à nous tenir debout et à exiger la restauration des institutions», lance-t-il. Une déclaration qu'il paie du saccage de sa maison, où il est blessé. Il sera évacué et soigné à Paris.
Soumaïla Cissé assume son image d'homme du Nord, peu flatteuse à Bamako alors que la fracture entre les deux parties du pays reste béante. «Je suis du Nord. Là-haut on ne parle pas de sécurité. On parle de routes absentes, d'électricité inexistante. Mais je n'accorderai ni indépendance ni autonomie», dit-il simplement. Il ne lutte pas vraiment contre les soupçons de corruption qui le poursuivent. Trop poli Soumaïla Cissé? «Il n'aime pas les choses brutales», dit de lui un de ses amis. «C'est un faux doux. Il connaît la politique, possède des réseaux puissants et sait très bien faire donner sa garde quand il le faut», analyse un observateur de la scène politique malienne.

Soumaïla Cissé — Wikipédia

Soumaïla Cissé — Wikipédia

KOACI.COM Premier site de libre expression sur l'actualité Africaine

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Koacinaute : L’Uemoa, notre beau corps malade
Par David Kpelly | 28/08/2013 | 17:20:06
Soumaila Cissé (ph) -

Koacinaute le 28 aout 2013 - Note de lecture de l’essai « De belles Années au service de l’intégration régionale » de Soumaila Cissé (Editions Eburnie, Abidjan, Mai 2013)

« De belles années au service de l’intégration régionale ». Le titre sonne très bien, même s’il semble avoir une connotation trop personnelle, peut faire penser à un monologue de son auteur, le Malien Soumaila Cissé, ancien Président de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), candidat malheureux aux élections présidentielles maliennes de 2013. Pourtant, le livre aurait pu aussi s’intituler, de manière simple « L’Uemoa contée à ses citoyens », puisqu’il s’agit d’une étude pratique, approfondie sur cette institution ouest-africaine née en 1994.
Subdivisé en six chapitres, le livre porte sur des sujets aussi variés qu’actuels, tente de répondre à certaines questions que se posent les citoyens de notre sous-région sur l’efficacité de cette institution, relate ses réalisations, analyse ses insuffisances, parle de son avenir.
L’épineuse question du franc CFA, les effets de sa dévaluation en 1994, son ancrage à l’euro et ses impacts sur l’économie de nos pays a été abordée en premier lieu. La dévaluation du franc CFA n’est-elle pas à l’origine de la dégradation actuelle de l’environnement économique de nos pays ? A qui profite le plus l’arrimage du franc CFA à l’euro ? A nos pays ou à ses partenaires occidentaux ? Nos pays doivent-ils se démarquer du franc CFA et avoir leur propre monnaie, comme le proposent de plus en plus de voix chevronnées et avisées du monde intellectuel africain ? N’est-ce pas notre régime de change qui bloque le développement économique de nos pays ?
Sans nier certaines conséquences désastreuses liées à l’arrimage du franc CFA à l’euro, la réponse du technocrate malien peut se résumer en cette phrase : « La faiblesse de la compétitivité de nos pays à l’exportation n’est pas nécessairement liée au régime de change, elle est due à une réalité difficile à entendre : une spécialisation à l’échange sur des produits peu diversifiés et à faible valeur ajoutée, aggravée par le fait que les produits exportés ne représentent pas un volume suffisant de la production mondiale pour que nous puissions peser sur la détermination de leur prix. »
On peut facilement remarquer que si le premier argument, celui de la non-diversification de nos exportations (nous exportons en majorité des matières premières et des produits bruts, comme le coton, le café, l’or, l’uranium, et presque pas de produits finis… ) peut sembler convaincant (même si on peut donner comme contre-exemple le cas de certains pays pétrolifères qui ont réussi à asseoir leur essor économique rien que sur l’exportation du pétrole brut), le second argument, celui du volume de nos exportations dans la production mondiale ne tient pas, puisque nous avons, dans notre zone Uemoa, la Côte d’Ivoire qui est le premier producteur mondial de Cacao, et le Mali qui est l’un des plus grands exportateurs de l’or au monde, mais qui ne sont jamais arrivés à faire de leurs exportations des gages de leur essor économique.
Dans les chapitres suivants, l’ancien Président de la Commission de l’Uemoa a analysé la place de l’Afrique de l’Ouest dans la mondialisation, le très crucial problème du chômage des jeunes (avec des fois plus de la moitié des jeunes de certains de nos pays au chômage ou tassés dans des emplois précaires) et le rôle de la femme dans nos sociétés. Sur ce dernier point, celui de la femme, on retient cette phrase de l’auteur : « Pour atteindre tous ces objectifs nobles (ceux liés au développement de notre sous-région), il est impératif de prendre en compte la nécessité de l’information et de la formation des femmes et assurer leur épanouissement économique et social. » Pour nous autres qui venons de pays comme le Togo où les femmes sont omniprésentes dans toutes les activités économiques, on ne peut que trouver judicieuse cette recommandation.
L’auteur n’a malheureusement pas suffisamment mis l’accent sur les facettes politiques de l’organisation sous-régionale. Parce qu’il faut remarquer qu’aujourd’hui, l’une des plus grandes difficultés de cette sous-région, l’un des plus gros obstacles à son développement est la nature douteuse des régimes politiques dans ces pays, leur incompétence et leur inefficacité. L’Uemoa, c’est encore trop de pays aux institutions incertaines (le Mali qui a failli sombrer après le coup d’Etat du 22 mars 2012 – et dont l’auteur vient d’être récompensé par un grade de général, la Côte d’Ivoire qui a connu une violence postélectorale en 2011, le Sénégal qui a frôlé le fiasco en 2012, le coup d’Etat en Guinée-Bissau en 2012…), l’Uemoa c’est encore des dictatures trop vieilles (comme le Togo et le Burkina Faso) avec des régimes se donnant un plaisir sadique d’appauvrir les populations, prêts à recourir à toutes les formes de violence pour garder le pouvoir. Qu’on ne se méprenne point, aucun développement durable n’est possible avec de tels régimes.
J’ai l’habitude d’affirmer que l’une des rares réussites de l’Afrique après les indépendances est l’Uemoa. Et je suis conforté dans cette affirmation, chaque fois que dans les aéroports de notre sous-région, je dépasse, comme les nationaux, les bureaux des services d’immigration sans même jeter un coup d’œil aux agents, chaque fois que je sors la nuit à Bamako, muni de ma seule pièce d’identité, tout comme les Maliens. L’Uemoa est un trésor, un grand trésor pour nos pays et pour nous les citoyens, un grand pas vers ce panafricanisme que nous voulons tant désormais. Mais, plus qu’économiquement, cette institution est aujourd’hui malade de la situation politique de la plupart de ses pays. Une menace qui, si rien n’est fait, conduira à son implosion, dans un futur lointain. Ou même proche

«De belles années au service de l’intégration régionale» : Soumaïla Cissé partage son expérience

«De belles années au service de l’intégration régionale» : Soumaïla Cissé partage son expérience
Soumaïla Cissé partage son expérience
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L’amphithéâtre de 500 places de la Faculté des Sciences juridique et politique de l’Université de Bamako a abrité samedi 29 juin 2013 la cérémonie de dédicace du livre intitulé : De belles Années au service de l’intégration régionale.


Soumaila Cissé
Soumaila Cissé
La dédicace du livre «De belles années au service de l’intégration régionale»  s’est déroulée sous la houlette de son auteur lui-même, Soumaïla Cissé, et nom moins candidat de l’Union pour la République et la démocratie (URD) à l’élection présidentielle du 28 juillet 2013. C’était en présence de plusieurs hautes personnalités du pays, des acteurs de la classe politique et de la société civile ainsi que des cadres, responsables, militants et sympathisants de l’URD.


Après plusieurs années passées à la présidence de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine, Soumaïla Cissé livre dans cet ouvrage ses réflexions sur les enjeux que connaît l’Afrique, en général, et l’Afrique de l’Ouest, en particulier. Dans un style direct, loin des discours convenus sur l’avenir du continent, il raconte ce que lui ont inspiré ses rencontres avec les populations, les défis qu’il a relevés, les actions qu’il aurait aimé mener. Sans tabous, il aborde les sujets qui vont influencer la vie de millions de citoyens au cours des années à venir : le sort de la zone Franc ; la stratégie face aux nouveaux partenaires des pays émergents ; les relations commerciales avec l’Europe ; la lutte contre le terrorisme ; les questions liées au chômage des jeunes, à la promotion de la femme et aux enjeux environnementaux.


Par ailleurs, l’auteur s’engage résolument en politique pour prolonger son combat pour le bien-être des populations. S’inspirant ainsi de ses expériences de ministre, de commissaire et de président de la Commission de l’Uemoa, il ébauche dans son livre quelques pistes sur ce qui lui semble essentiel : l’éthique en politique et la consolidation de la démocratie.


Il faut signaler que l’ouvrage se décline en 206 pages. L’intérêt de cette œuvre et la démanche de l’auteur consistent à faire partager l’importance de l’intégration pour nos pays à travers la solidarité et le travail.
Seyni TOURE
 

mercredi 15 octobre 2014

5ème session ordinaire du Parlement panafricain : Soumaïla Cissé élu à l'unanimité à la tête du Groupe parlementaire de l'Afrique de l'Ouest

5ème session ordinaire du Parlement panafricain : Soumaïla Cissé élu à l'unanimité à la tête du Groupe parlementaire de l'Afrique de l'Ouest
Soumaïla Cisse
Soumaila Cisse assemblée Nationale
C’est le lundi dernier dans l’après-midi, qu’est intervenue l’élection du président du Groupe parlementaire (caucus) de l’Afrique de l’Ouest du Parlement Panafricain à laquelle notre compatriote Soumaïla Cissé était l’unique candidat. Ce qui explique son élection à l’unanimité à ce poste haute stratégique par les députés (5 par pays) représentant l’ensemble des 15 États de l’espace CEDEAO.

En effet, c’est par acclamation que le député malien, l’honorable Soumaïla Cissé qui a été élu à la tête de ce groupe le plus puissant et le plus influent du Parlement panafricain qui siège à Midrand, une ville située entre Johannesburg et Pretoria en Afrique du Sud.

Il faudra voir à travers cette élection d’un fils du Mali que notre pays demeure toujours respecté sur la scène africaine et internationale. Avant cette consécration, l’honorable Soumaïla Cissé avait été désigné par la présidente de la Commission de l’Union Africaine pour conduire une mission de députés panafricains au Burundi et en RDC.

Rappelons que le Parlement panafricain est l’assemblée consultative de l’Union Africaine. A cet effet, il est doté d’un rôle consultatif auprès des chefs d’Etat africains. Il a pour missions principales, entre autres, de faciliter la mise en œuvre efficace des politiques et objectifs de l’Union Africaine, promouvoir les principes des droits de l’homme et de la démocratie en Afrique, encourager la bonne gouvernance, la transparence et promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité.

Mamadou FOFANA

dimanche 12 octobre 2014

Mali : Assemblée générale de JCI Bamako élite : L’honorable Soumaïla C

Mali : Assemblée générale de JCI Bamako élite : L’honorable Soumaïla

Mali : Assemblée générale de JCI Bamako élite : L’honorable Soumaïla Cissé partage ses expériences avec les jeunes

Soumaïla CISSE, le leader  de l'opposition (élu URD de Niafiunké)
Soumaïla CISSE, le leader de l’opposition (élu URD de Niafiunké)

Prêt à échanger avec les jeunes sur les sujets interessant la vie de la nation, l’ancien président de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), non moins président de l’Union pour la République et la démocratie (URD) et député élu à Niafunké, l’honorable Soumaïla Cissé a récemment, à l’Hôtel Radisson Blu, partagé ses expériences avec les participants à l’assemblée générale de la Jeune Chambre internationale JCI-Bamako élite. 

A l’occasion de son assemblée générale, la jeune chambre internationale Bamako élite a fait appel au député élu de Niafunké, Soumaïla Cissé non moins ancien président de la commission de l’UEMOA pour partager avec eux les expériences qu’il a acquises dans sa riche carrière, notamment  après ses 8 ans à la tête de l’UEMOA. Cette organisation sous-régionale a financé plusieurs projets,  au nombre desquels des forages, des  plaines aménagées, l’interconnexion électrique. Soumaïla Cissé a expliqué que de 2004 en 2011, l’Uemoa a investi plus de 110 milliards F CFA au Mali. Cette organisation sous-régionale a beaucoup œuvré pour la promotion des jeunes, de l’éducation et du secteur agricole.
L’honorable Cissé a cependant déploré la non-effectivité du principe de la libre circulation des personnes et des biens dans l’espace UEMOA du fait des pratiques anormales le long des corridors se caractérisant par la multiplication des postes de contrôle. Selon M. Cissé,  sur le corridor de l’espace UEMOA, à tous les 100 Km, il y a un poste de contrôle. Pour que ce principe soit réellement appliqué, certaines dispositions comme la création des postes juxtaposés avaient été prises. Ces postes qui visent à réglementer la libre circulation dans l’espace en mettant fin aux nombreux rackets,  restent malheureusement non opérationnels jusqu’au jour d’aujourd’hui. Aux dires de l’élu de Niafunké, il faut une volonté politique assez forte pour que la notion de libre circulation soit une réalité. Cela au grand bonheur des passagers et des transporteurs obligés de verser une certaine somme d’argent à chaque poste. Il a, en outre, invité la société civile à jouer son rôle pleinement dans ce sens.
Soumaïla Cissé, qui a élaboré beaucoup de projets pour la promotion de la jeunesse durant son mandat à la présidence de la Commission, a également saisi l’occasion pour faire un certain nombre de reproches aux jeunes Maliens qui ne sont pas nombreux à postuler aux concours qui sont lancés et qui sont pourtant de réelles opportunités à saisir. A  croire Soumaïla Cissé, le niveau académique des élèves au Mali n’est  toujours pas à hauteur de souhait. Dans tous les pays de l’Uemoa , il y a des centres d’excellence que l’UEMOA finance sauf au Mali où il n’en existe plus.
Il a ajouté que le développement repose sur 3 piliers essentiels : l’éducation, la technologie et la justice. « Si la technologie nous dépasse, on ne la rattrapera jamais « . Pour l’honorable Cissé, nos Etats doivent mettre un certain nombre de choses ensemble telles que la justice. Si on avait un système de défense commun, a-t-il poursuivi, il y a de ces choses qui n’allaient pas arriver.
Au cours de la conférence qui a permis aux participants de poser leurs questions, des intervenants ont déploré la suspension de certains programmes qui ont connu un arrêt, suite au départ de M. Cissé pour diriger la Commission de l’Uemoa.
Le président de la JCI -Bamako élite a remercié Soumaïla Cissé d’avoir accepté leur invitation dans le contexte de la gravité de la crise que le pays traverse. Il lui a demandé de bien vouloir accepter de les coacher dans les actions qu’ils comptent entreprendre.
                                                                              Ramata S. KEITA
Source: L’Indépendant du 11 oct 2014
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samedi 23 août 2014

Soumaila Cissé à propos de sa nomination comme premier ministre : "Je n’ai eu aucun contact avec personne à ce sujet"

Soumaila Cissé à propos de sa nomination comme premier ministre : "Je n’ai eu aucun contact avec personne à ce sujet"
« Je n’ai eu aucun contact avec personne à ce sujet »


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jeudi 14 août 2014

Malijet La communauté internationale jette son dévolu sur Soumaïla Cissé comme Premier ministre Mali Bamako

Malijet La communauté internationale jette son dévolu sur Soumaïla Cissé comme Premier ministre Mali Bamako
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Soumaïla Cissé, député de l’opposition élu à NiafunkéSoumaïla Cissé, député de l’opposition élu à Niafunké
Depuis quelques mois des spéculations vont bon train quant à la formation d’un nouveau gouvernement pour décrisper l’atmosphère politique et inciter au retour des partenaires techniques et financiers notamment les institutions de Bretton Woods qui demandent plus de rigueur dans la gestion des financements publics.
Cependant, même si aucun calendrier n’est encore arrêté pour la composition d’un tel gouvernement, la communauté internationale a déjà un nom pour le poste de Premier ministre.
Il s’agit du leader de l’opposition parlementaire Soumaïla Cissé, challenger d’IBK lors de la dernière élection présidentielle. C’est du moins l’information qui circule depuis quelques jours dans les chancelleries occidentales à Bamako.
Le président de la République Ibrahim Boubacar Kéïta célèbrera dans quelques semaines son premier anniversaire à la tête du pays. Durant ces onze mois d’exercice du pouvoir, le locataire de Koulouba a fait face à de nombreux défis politiques, sécuritaires et économiques.
Même si les derniers pourparlers inter -maliens d’Alger ont permis de donner une lueur d’espoir quant à la signature d’un accord de sortie de crise avec les groupes armés du nord du Mali, force est de reconnaitre que l’économie malienne est de nos jours morose. Cela avec les gels temporaires de certains financements de la Banque mondiale et du FMI, lesquels entendent voir clair dans certains contrats passés par l’Etat malien, en l’occurrence l’achat du Boeing présidentiel et un contrat d’acquisition d’accessoires militaires passé par le ministère de la défense. Aussi, le front social grogne.
L’union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) a déposé un préavis de grève du 20 au 22 août prochain pour réclamer de meilleures conditions de travail et la baisse des tarifs d’eau et d’électricité. A l’Assemblée nationale, c’est un dialogue de sourds entre la majorité présidentielle et l’opposition, laquelle avait déposé, le mercredi 18 juin 2014, une motion de censure pour demander la dissolution du gouvernement Moussa Mara pour son « incompétence à faire face aux urgences de l’heure « . Ce dernier, qui a succédé à Oumar Tatam Ly, peine à donner une certaine impulsion aux affaires.
Du côté du parti présidentiel, le choix du premier ministre Moussa Mara, président de la formation politique Yèlèma (avec un député à l’assemblée nationale) est loin de faire l’unanimité.
Face à ce blocage politique et économique des voix commencent à se faire entendre pour réclamer un gouvernement d’union nationale. D’ores et déjà, certains analystes politiques évoquent même la possibilité d’un changement gouvernemental au mois de septembre prochain avec un Premier ministre issu du parti présidentiel ou de l’opposition. Selon nos sources, la communauté internationale semble avoir déjà opté pour la formation d’un gouvernement d’union nationale avec à sa tête Soumaïla Cissé, qui est arrivé en deuxième position lors de la dernière élection présidentielle.
Ce choix n’est pas fortuit, car en plus d’avoir été ministre des finances plusieurs années, président de la Commission de l’Union économique monétaire ouest-africaine (UEMOA), l’homme jouit d’un grand crédit de confiance auprès des bailleurs internationaux qui verront d’un bon œil sa nomination à ce poste. Une nomination de nature à susciter au plus vite la reprise de l’aide financière avec le Mali pour booster l’économie et créer des opportunités d’emploi pour les jeunes.
Il nous revient que des tractations sont en cours au niveau de plusieurs chancelleries pour amener le président Ibrahim Boubacar Kéita a à opérer une telle option. Reste à savoir quel accueil IBK pourrait lui réserver.
Kassoum THERA

mercredi 30 juillet 2014

Voeux de Soumaila Cissé à l’occasion de l’Aïd-el-fitr - maliweb.net

Voeux de Soumaila Cissé à l’occasion de l’Aïd-el-fitr - maliweb.net
Chers amis,
C’est de nouveau un plaisir pour moi de vous présenter à l’occasion de la fête de l’Aid Al-Fitr mes vœux les meilleurs de bonheur, de prospérité et de bonne santé.
J’implore ALLAH, Le Tout Puissant, qu’Il exauce nos vœux et accepte notre jeûne et nos prières. Qu’Il nous pardonne et nous permette de nous pardonner les uns les autres.
Il y a un an, nous avons célébré l’Aïd el Fitr dans un contexte particulièrement éprouvant pour nos compatriotes du nord de notre pays, les déplacés et les réfugiés. A cet effet, nous avons ensemble prié pour le retour de la paix dans un Mali uni, démocratique, solidaire, fier de son passé et confiant en son avenir.
Par la grâce du Tout Puissant, nous avançons dans ce sens. Je souhaite que ALLAH, Le Tout Puissant veille sur le Mali, atténue nos souffrances et cultive dans nos cœurs les valeurs de solidarité, de tolérance, de partage, de pardon, de justice, de travail et d’Unité qui ont fondé et fondent encore le MALIBA que nous chérissons tous et qui fait notre fierté.
À toutes et à tous, je souhaite une année de paix et de concorde

mardi 22 juillet 2014

Les cahiers psychologie politique. Instituteur des sables

Les cahiers psychologie politique. Instituteur des sables
Le récit de vie, passionnant, de Bokar Cissé, recueilli et rédigé par le Pr Bernard Salvaing, me paraît à plus d’un titre exemplaire.
De toute évidence, d’abord parce que c’est de l’histoire, mais une histoire à la première personne du singulier, qui pour autant ne se laisse pas aller à l’anecdote. Et l’histoire de quelles époques ! Cissé est né en 1919, alors que, pour simplifier, son pays vient d’être colonisé par la France (1883) et que le souvenir de « l’ancienne Afrique » est encore plus vivant que de nos jours. Il est soldat français pendant la Seconde Guerre mondiale, puis témoin de la décolonisation (1960). Actif sous le régime de Modibo Keïta. Celui-ci renversé en1968, Cissé traverse la dictature de Moussa Traoré. Il assiste, le dictateur tombé à son tour, à la réintroduction de la démocratie par Alpha Oumar Konaré en 1992.
C’est ensuite de l’anthropologie culturelle qui nous montre la rencontre des civilisations de l’Afrique traditionnelle, musulmane puis démocratique et communiste, —fait dont la conscience est peu répandue en Occident—, du point de vue d’un Africain inconnu du grand public. Sommes-nous nombreux à pressentir que Cissé a été envoyé à « l’école des cafres et des incirconcis » par vengeance contre sa famille ? Ou bien que les guerriers touaregs redoutaient que leurs enfants n’apprennent à l’école des valeurs incompatibles avec les leurs ? « Un homme instruit est un lâche ». L’originalité des approches, les normes imprévisibles étoffent notre respect de l’altérité tout en aiguisant notre questionnement quant à nos propres normes.
J’ai puisé dans ce livre, mine d’informations, avant tout matière pour une psychologie politique. Par-delà les changements, je sens chez Cissé un lien discret, intime, psychologique à la structure politique de la société globale. La relation du sujet au pouvoir paraît fluide, souple. Le récit ne comporte guère de jugement général, a fortiori à l’emporte-pièce, devant l’exercice du pouvoir. « On ne discute pas la discipline des armées » (p.138). Cissé ne commente pas lorsqu’un mouvement de tête de Mme Keïta, l’envoie en « exil » (p.308). Différences et similitudes.
Au début du 21e siècle, il perçoit clairement que « rien ne répond » à ces idéaux de vie qui se suivent sans formalisation. Est-ce bien différent en Occident et ailleurs ?
Toute la retenue du récit de Cissé et la réception silencieuse que B. Salvaing en a fait me paraissent indispensables à qui veut approcher le décours d’une psychologie politique, spécifique et désormais mondiale.

Pour citer ce document

, «Instituteur des sables», Les cahiers psychologie politique [En ligne], numéro 25, Juillet 2014. URL : http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=2870

samedi 21 juin 2014

Motion de censure : Honte à notre hémicycle ! - maliweb.net

Motion de censure : Honte à notre hémicycle ! - maliweb.net
Intervention de l’honorable Soumaila Cissé a l’assemblée nationale
Monsieur le Président,
Monsieur le Premier Ministre,
Mesdames, Messieurs les membres du Gouvernement,
Honorables Députés,
Mesdames et Messieurs,
Notre Nation est meurtrie.
Notre République est affaiblie.
Notre pays est humilié.
Notre Etat dépérit progressivement.
Notre peuple se désespère chaque jour tant son quotidien est dur et insoutenable.

C’est pourquoi, nous avons, ce matin, Monsieur le Premier  Ministre, un devoir particulier.
Ce devoir s’impose à vous comme à nous : celui de faire de ce débat :
un moment de vitalité de notre démocratie ;

un moment d’écoute de l’opposition pour tirer d’elle les idées utiles pour la nation toute entière.
Non, les hommes et les femmes de l’opposition ne sont ni des apatrides ni des comploteurs.
Nous aimons notre cher pays le Mali.

Cet amour  de notre Maliba est aussi authentique, aussi profond et puissant que celui que vous revendiquez.

L’amour de notre Maliba est aussi sincère, aussi partagé et manifesté que celui que vous déclamez.
N’en doutez pas, n’en doutez jamais, ce serait nous insulter!

Chaque Malien, d’où qu’il soit et qui qu’il soit, chérit et défend sa patrie, avec la même énergie lorsqu’elle est menacée, avec la même conviction de son unité et la même vision de sa souveraineté lorsqu’elle forge son destin.
Nous sommes des patriotes fidèles aux valeurs de la République, loyaux envers ses institutions.
N’en doutez pas, n’en doutez jamais ; ce serait nous offenser!

Nous aimons notre pays,  c’est pourquoi nous animons une opposition républicaine et démocratique ici, à l’Assemblée Nationale, en travaillant chaque jour à  constituer une alternative crédible à la politique tant décriée que vous menez.

Monsieur le Premier Ministre, je suis persuadé  que vous ne considérez pas le débat sur cette 2ème motion de censure de notre ère démocratique avec légèreté et mépris.
Vous savez que c’est une occasion importante pour informer le peuple malien sur la situation préoccupante de notre pays.

Vous conviendrez avec moi que c’est de cela qu’il s’agit.

Aussi, croyez-moi, je ne viens pas à cette tribune le cœur léger.

J’y viens, habité par la tristesse née de l’humiliation subie par notre peuple et de l’affaiblissement de notre démocratie et de notre république.

Je ne viens pas vous dire que  » nous avions raison, que nous vous avions  prévenu ».
Non, je viens au nom de l’opposition vous dire de nous écouter, d’écouter les sanglots d’un peuple qui souffre, d’un peuple humilié, d’un peuple qui s’interroge sur son avenir.
N’ayez pas la certitude d’être toujours seul dans le vrai parce que vous risquez de nous entraîner tous dans l’abîme.
Il n’est pas pire poison mortel que l’indifférence.
Non, le sort du pays ne regarde pas que vous seul !

Non, la liberté et la souveraineté du pays ne sont pas entre vos seules mains.
À trop vouloir démentir tel acte ou telle parole, on risque de mentir.

Dites la vérité à notre peuple. Il en a déjà trop entendu.
Le débat, même contradictoire, au Parlement vaut mieux que la révolte fomentée dans la rue.
Etre de la majorité, ne fait pas de quelqu’un un saint, être de l’opposition ne fait pas non plus de quelqu’un une canaille…

Monsieur le Président,
Honorables Députés,
Mesdames et Messieurs,

Nous devons nous élever ensemble, au nom du peuple, contre les apprentis-sorciers qui ont enflammé le Nord de notre pays et, qui ont, non seulement créé les conditions d’abandon puis d’assassinats sauvages de nos compatriotes, mais aussi généré des combats meurtriers qui ont fauché lourdement notre jeunesse militaire et humilié notre armée.
Notre armée, dont nous savons tous qu’elle se reconstruit avec vaillance et conscience, devait-elle être envoyée dans la précipitation et l’imprécision «à la boucherie» ?
Monsieur le Premier Ministre,
Beaucoup trop de morts et de blessés sur la déjà trop funeste liste des victimes tombées pour la patrie.
Kidal n’est pas libérée.

L’administration a abandonné la région.
Les populations ne sont plus sécurisées.
Les trafics mafieux fleurissent.
Les groupes terroristes réunissent leurs forces.
Nous avons perdu l’initiative.
L’état d’insécurité est généralisé dans tout le pays comme l’atteste la dernière séance des questions d’actualité à l’Assemblée Nationale.
La réconciliation nationale et le retour définitif des réfugiés dans leurs terroirs, se font attendre.
L’école dans tous ses compartiments va de plus en plus mal.
L’université n’existe que de nom.
Notre jeunesse s’interroge sur son avenir : elle est en quête permanente d’emplois.
Les inégalités envers les femmes sont criardes.
La confiance de nos partenaires économiques et financiers s’étiole.
La dette intérieure reste très élevée.
L’investissement se fait rare.
Le panier de la ménagère est troué de toutes parts.
Les dépenses extrabudgétaires sont massives.
La mal- gouvernance est insolente.
La corruption gagne du terrain.
La gestion des finances publiques est calamiteuse.
Les inégalités sociales s’accentuent…….
Aujourd’hui,

Nos concitoyens sont choqués, abasourdis par tout ce qui leur arrive en si peu de temps ; eux qui avaient rêvé de lendemains meilleurs, qui avaient repris espoir, quand brusquement l’horizon s’est bouché et l’espoir a fondu au soleil de la mauvaise gestion, des scandales à répétition, des dépenses somptuaires, de l’insécurité et des incertitudes économiques et sociales.

Nos concitoyens sont orphelins, non d’avoir perdu père et mère, mais d’avoir perdu l’espoir comme le dit un proverbe malien.

Motion de censure : Honte à notre hémicycle ! - maliweb.net

Motion de censure : Honte à notre hémicycle ! - maliweb.net
Intervention de l’honorable Soumaila Cissé a l’assemblée nationale
Monsieur le Président,
Monsieur le Premier Ministre,
Mesdames, Messieurs les membres du Gouvernement,
Honorables Députés,
Mesdames et Messieurs,
Notre Nation est meurtrie.
Notre République est affaiblie.
Notre pays est humilié.
Notre Etat dépérit progressivement.
Notre peuple se désespère chaque jour tant son quotidien est dur et insoutenable.

C’est pourquoi, nous avons, ce matin, Monsieur le Premier  Ministre, un devoir particulier.
Ce devoir s’impose à vous comme à nous : celui de faire de ce débat :
un moment de vitalité de notre démocratie ;

un moment d’écoute de l’opposition pour tirer d’elle les idées utiles pour la nation toute entière.
Non, les hommes et les femmes de l’opposition ne sont ni des apatrides ni des comploteurs.
Nous aimons notre cher pays le Mali.

Cet amour  de notre Maliba est aussi authentique, aussi profond et puissant que celui que vous revendiquez.

L’amour de notre Maliba est aussi sincère, aussi partagé et manifesté que celui que vous déclamez.
N’en doutez pas, n’en doutez jamais, ce serait nous insulter!

Chaque Malien, d’où qu’il soit et qui qu’il soit, chérit et défend sa patrie, avec la même énergie lorsqu’elle est menacée, avec la même conviction de son unité et la même vision de sa souveraineté lorsqu’elle forge son destin.
Nous sommes des patriotes fidèles aux valeurs de la République, loyaux envers ses institutions.
N’en doutez pas, n’en doutez jamais ; ce serait nous offenser!

Nous aimons notre pays,  c’est pourquoi nous animons une opposition républicaine et démocratique ici, à l’Assemblée Nationale, en travaillant chaque jour à  constituer une alternative crédible à la politique tant décriée que vous menez.

Monsieur le Premier Ministre, je suis persuadé  que vous ne considérez pas le débat sur cette 2ème motion de censure de notre ère démocratique avec légèreté et mépris.
Vous savez que c’est une occasion importante pour informer le peuple malien sur la situation préoccupante de notre pays.

Vous conviendrez avec moi que c’est de cela qu’il s’agit.

Aussi, croyez-moi, je ne viens pas à cette tribune le cœur léger.

J’y viens, habité par la tristesse née de l’humiliation subie par notre peuple et de l’affaiblissement de notre démocratie et de notre république.

Je ne viens pas vous dire que  » nous avions raison, que nous vous avions  prévenu ».
Non, je viens au nom de l’opposition vous dire de nous écouter, d’écouter les sanglots d’un peuple qui souffre, d’un peuple humilié, d’un peuple qui s’interroge sur son avenir.
N’ayez pas la certitude d’être toujours seul dans le vrai parce que vous risquez de nous entraîner tous dans l’abîme.
Il n’est pas pire poison mortel que l’indifférence.
Non, le sort du pays ne regarde pas que vous seul !

Non, la liberté et la souveraineté du pays ne sont pas entre vos seules mains.
À trop vouloir démentir tel acte ou telle parole, on risque de mentir.

Dites la vérité à notre peuple. Il en a déjà trop entendu.
Le débat, même contradictoire, au Parlement vaut mieux que la révolte fomentée dans la rue.
Etre de la majorité, ne fait pas de quelqu’un un saint, être de l’opposition ne fait pas non plus de quelqu’un une canaille…

Monsieur le Président,
Honorables Députés,
Mesdames et Messieurs,

Nous devons nous élever ensemble, au nom du peuple, contre les apprentis-sorciers qui ont enflammé le Nord de notre pays et, qui ont, non seulement créé les conditions d’abandon puis d’assassinats sauvages de nos compatriotes, mais aussi généré des combats meurtriers qui ont fauché lourdement notre jeunesse militaire et humilié notre armée.
Notre armée, dont nous savons tous qu’elle se reconstruit avec vaillance et conscience, devait-elle être envoyée dans la précipitation et l’imprécision «à la boucherie» ?
Monsieur le Premier Ministre,
Beaucoup trop de morts et de blessés sur la déjà trop funeste liste des victimes tombées pour la patrie.
Kidal n’est pas libérée.

L’administration a abandonné la région.
Les populations ne sont plus sécurisées.
Les trafics mafieux fleurissent.
Les groupes terroristes réunissent leurs forces.
Nous avons perdu l’initiative.
L’état d’insécurité est généralisé dans tout le pays comme l’atteste la dernière séance des questions d’actualité à l’Assemblée Nationale.
La réconciliation nationale et le retour définitif des réfugiés dans leurs terroirs, se font attendre.
L’école dans tous ses compartiments va de plus en plus mal.
L’université n’existe que de nom.
Notre jeunesse s’interroge sur son avenir : elle est en quête permanente d’emplois.
Les inégalités envers les femmes sont criardes.
La confiance de nos partenaires économiques et financiers s’étiole.
La dette intérieure reste très élevée.
L’investissement se fait rare.
Le panier de la ménagère est troué de toutes parts.
Les dépenses extrabudgétaires sont massives.
La mal- gouvernance est insolente.
La corruption gagne du terrain.
La gestion des finances publiques est calamiteuse.
Les inégalités sociales s’accentuent…….
Aujourd’hui,

Nos concitoyens sont choqués, abasourdis par tout ce qui leur arrive en si peu de temps ; eux qui avaient rêvé de lendemains meilleurs, qui avaient repris espoir, quand brusquement l’horizon s’est bouché et l’espoir a fondu au soleil de la mauvaise gestion, des scandales à répétition, des dépenses somptuaires, de l’insécurité et des incertitudes économiques et sociales.

Nos concitoyens sont orphelins, non d’avoir perdu père et mère, mais d’avoir perdu l’espoir comme le dit un proverbe malien.

vendredi 20 juin 2014

Soumaïla Cissé lors des débats sur la motion de censure à l'Hémicycle : "Ecoutez les sanglots d'un peuple humilié qui souffre…" - maliweb.net

Soumaïla Cissé lors des débats sur la motion de censure à l'Hémicycle : "Ecoutez les sanglots d'un peuple humilié qui souffre…" - maliweb.net

Soumaïla Cissé lors des débats sur la motion de censure à l’Hémicycle : « Ecoutez les sanglots d’un peuple humilié qui souffre… »

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« Notre nation est meurtrie. Notre République est affaiblie. Notre pays est humilié. Notre Etat dépérit progressivement. Notre peuple se désespère chaque jour tant son quotidien est dur et insoutenable « . C’est le tableau sombre qu’a dépeint Soumaïla Cissé, le chef de l’opposition parlementaire à l’entame des débats sur la motion de censure à l’Assemblée nationale le mercredi dernier. Il a lancé un appel au gouvernement à écouter les plaintes et les souffrances du peuple malien.

Soumaila CISSE
Soumaila CISSE (Photo capture d’écran youtube)
Pour l’honorable Soumaïla Cissé, ce débat doit être un moment de vitalité de la démocratie malienne, « un moment d’écoute de l’opposition pour tirer d’elle les idées utiles pour la nation toute entière « . Il a précisé que les opposants ne sont ni des apatrides ni des comploteurs mais des patriotes fidèles aux valeurs de la République, loyaux envers ses institutions. En douter serait lui faire une insulte.

A en croire M. Cissé, l’examen de cette motion de censure est une occasion pour informer le peuple malien sur la situation préoccupante du pays. C’est pourquoi il dit être triste du fait de l’humiliation subie par le peuple malien et de l’affaiblissement de sa démocratie. » …Je ne viens pas vous dire que « nous avions raison, que nous vous avions prévenu ». Non, je viens au nom de l’opposition vous dire de nous écouter, d’écouter les sanglots d’un peuple qui souffre, d’un peuple humilié, d’un peuple qui s’interroge sur son avenir. N’ayez pas la certitude d’être toujours seuls dans le vrai parce que vous risquez de nous entraîner tous dans l’abîme. Il n’est pas pire poison mortel que l’indifférence », a-t-il déclaré. Avant d’ajouter que le sort du pays préoccupe tous ses fils et en discuter librement est largement préférable à une révolte qu’entraînerait le mal-vivre généralisé.

Pour le leader de l’URD, être de la majorité ne fait pas de quelqu’un un saint et être de l’opposition ne fait pas non plus de quelqu’un un moins que rien. Il a appelé à s’élever tous ensemble, au nom du peuple, contre les apprentis-sorciers qui ont enflammé le Nord de notre pays et, qui ont, non seulement créé les conditions de l’abandon puis de l’assassinat sauvage des Maliens, mais aussi provoqué des combats meurtriers qui ont fauché lourdement nos militaires et humilié l’armée malienne.

» Notre armée, dont nous savons tous qu’elle se reconstruit avec vaillance et conscience, devait-elle être envoyée dans la précipitation et l’imprécision à la boucherie ? « , a-t-il demandé. Avant de déplorer le sort des nombreuses victimes en relevant que l’état d’insécurité est généralisé dans tout le pays comme l’atteste la dernière séance des questions d’actualité à l’Assemblée Nationale. Et Soumaïla Cissé de souligner que la réconciliation nationale et le retour définitif des réfugiés dans leurs terroirs, se font attendre. De même que l’école qui va de plus en plus mal ; l’université n’existant que de nom.
» Notre jeunesse s’interroge sur son avenir : elle est en quête permanente d’emplois. Les inégalités envers les femmes sont criardes. La confiance de nos partenaires économiques et financiers s’étiole. La dette intérieure reste très élevée. L’investissement se fait rare. Le panier de la ménagère est troué de toutes parts. Les dépenses extrabudgétaires sont massives. La mal- gouvernance est insolente. La corruption gagne du terrain. La gestion des finances publiques est calamiteuse. Les inégalités sociales s’accentuent « , a-t-il dénoncé.

A en croire le chef de l’opposition, la rue gronde de colère ! L’inquiétude se lit sur les visages ! » Où va le Mali, Monsieur le Premier Ministre? Les Maliens ont besoin que soient apportées des réponses appropriées et justes à toutes ces questions. », a-t-il déclaré.

Il a alors demandé au chef du gouvernement de prêter une oreille attentive aux critiques de l’opposition, à ses suggestions et propositions afin d’éviter au pays les impasses dans lesquelles il est en train de sombrer.

Pour Soumaïla Cissé, aucun patriote ne peut rester insensible à la situation que vit le Mali aujourd’hui. Notre devoir aujourd’hui dans l’opposition républicaine, ira-t-il, est de tirer la sonnette d’alarme, «de vous obliger à regarder la situation en face avec lucidité, discernement et objectivité, d’écouter nos critiques et suggestions sans œillères ni dogmatisme pour redresser la barre car si « l’erreur est humaine, y persévérer est diabolique »». Il a alors pris le peuple à témoin afin qu’un jour l’on ne dise pas que toute la classe politique était une complice active ou passive des insuffisances et errements de la gouvernance.
Bruno Djito SEGBEDJI

vendredi 13 juin 2014

Libérée par ses colonies, la France de De Gaulle a oublié les soldats africains - maliweb.net

Libérée par ses colonies, la France de De Gaulle a oublié les soldats africains - maliweb.net

Libérée par ses colonies, la France de De Gaulle a oublié les soldats africains

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Bocar Cissé, ancien instituteur engagé et père de Soumaïla Cissé
Bocar Cissé, père de Soumaila Cissé
A travers une autobiographie détaillée, Bocar Cissé, ancien instituteur engagé et père de Soumaïla Cissé, principal opposant à Ibrahim Boubacar Keïta lors des présidentielles de 2013, livre un témoignage d’une grande profondeur historique sur le Mali du XXème siècle. Des souvenirs de vie qui reconstituent avec précision l’époque de l’administration coloniale. Jusque dans ses plus sombres épisodes.

Récit d’une vie passée au crible, l’ouvrage autobiographique de Bocar Cissé est un précieux matériau d’historien. Au fil des pages, l’enseignant devenu homme politique aujourd’hui décédé, détaille avec une application d’orfèvre les épisodes qui ont mêlé son destin à celui du Mali sur près d’un siècle.

L’administration coloniale à la loupe
Tout d’abord l’enfance dans le Delta du Niger, la pêche et les études coraniques. Puis, très vite l’entrée à l’école française dans les villages de Saraféré et de Niafunké dans la région de Tombouctou. Il y fait la connaissance de celui qu’il surnomme son « messie », Mamby Sidibé. Ce maître d’école le pousse à franchir les portes des grands établissements de l’époque coloniale: l’Ecole primaire supérieure de Bamako, alors capitale du Soudan français, et l’école normale William Ponty, prestigieux établissement de l’Afrique-Occidentale française qui a formé la plupart des cadres de cette région à la fin des années 1930.

A travers la formation de Bocar Cissé, le decorum de l’administration coloniale est reconstitué, son organisation décortiquée. L’auteur décrit notamment comment les responsables français s’allient avec des chefs de tribus locaux pour faciliter la mise en coupe réglée de Bamako par le gouverneur, Terrasson de Fougères. Au cœur de cette mécanique coloniale, l’auteur perçoit déjà le rôle crucial de l’instituteur, émissaire privilégié de l’administration auprès des populations. Mais avant de pouvoir goûter à l’exercice, le voici contraint d’intégrer les rangs de l’armée française sur le front de la guerre qui enflamme la lointaine Europe en 1943.

Les oubliés de la libération
Avec de nombreux africains de l’ouest, Bocar Cissé embarque direction Fez au Maroc puis Alger, l’île d’Elbe, la Corse et enfin, la France continentale. Sur place, l’accueil réservé au bataillon est plus que mitigé. Fêtés en héros dans certains villages, les soldats africains y font pourtant le plus souvent l’expérience douloureuse d’un racisme violent dicté par une profonde ignorance. « Certains pensaient que la peau noire était une saleté, et nous avons vu des enfants venir nous frotter pour voir si la couleur allait disparaître. Dans certains bistrots ou hôtels, le principe était de ne jamais donner à boire au soldat noir, parce que le soldat noir qui boit est dangereux, disait-on ! »
En fait de cruauté, l’autorité politique n’est pas en reste. Avec précision, Bocar Cissé raconte comment de Gaulle a tenu les soldats africains à l’écart lors de la libération de Paris. Un épisode peu connu, volontairement oublié par l’histoire officielle.

« Nous étions cantonnés dans le Jura, tout près de la Suisse, quand l’armée reçut un ordre venant du général de Gaulle : il fallait relever toutes les troupes noires et les remplacer par des soldats français pour reconstituer des régiments homogènes. Des jeunes soldats de Toulon viendraient prendre la relève. Nous étions donc en voie de démobilisation pour laisser la place uniquement à des soldats français. (…) Sur ordre du général de Gaulle il fallait progressivement renvoyer toutes les troupes noires en Afrique et les remplacer par de jeunes Français des FFI (Forces Françaises de l’Intérieur). De Gaulle avait ainsi l’intention de modifier la donne, c’est-à-dire de faire oublier l’idée que les colonies avaient libéré la France. Il voulait montrer que la France avait été libérée par les Français. Ainsi, le jour de la libération de Paris, il faut remarquer qu’il y avait les FFI et la division Leclerc, qui a été fondée au Tchad avec les troupes noires. Il s’agit de cette fameuse colonne qui a parcouru toute l’Afrique du nord ! Par la suite cette division est arrivée à Paris, mais on a dit que ce sont d’abord les FFI qui ont libéré la ville. Or, j’ai eu l’occasion de discuter avec un officier FFI à Montferrat. Il m’a dit carrément que de nombreuses personnes du FFI s’étaient arrogé des galons qu’elles ne méritaient pas, que certaines ne savaient même pas épauler un fusil. »

Encore une fois, la petite histoire raconte la grande.
« Un homme instruit est un lâche »
De retour au pays, le jeune instituteur fait ses premiers pas dans l’univers des touaregs. Un monde qui le fascine et qui deviendra pour lui un objet d’étude en tant que chercheur. Muté dans la région de la vallée du fleuve Niger, Bocar Cissé crée et dirige plusieurs « écoles nomades » accueillant des enfants touaregs dans les villes de Gourma-Rharous, Tombouctou et Ménaka. A nouveau, la mémoire de l’auteur, couchée sur le papier, se fait le témoin historique de l’occupation française de 1894 à 1903 et de ses conséquences sur les populations du nord du Mali aujourd’hui au cœur de l’actualité.

« Avant la conquête (…), les Touaregs nigériens (de la boucle du Niger) se divisaient en deux grands groupements géographiques et politiques. A l’ouest de Tombouctou, c’était la confédération tademekka (…) A l’est, dans la région de Gao, c’est la confédération iwllemmedan, de beaucoup la plus importante. (…) Les français ont éparpillé les factions des tribus qui se sont soumises petit à petit, et les ont installées dans leur zone d’habitat actuelle. »

A l’école nomade, l’enseignement devient un combat. L’instruction des enfants à l’école des colons est rejetée en bloc par certaines chefferies touaregs. « Les guerriers pensaient qu’il était néfaste de mettre leurs enfants à l’école : à l’école française, ils allaient apprendre des notions d’humanité et d’autres valeurs qui ne convenaient pas à des enfants de guerriers. Ainsi un jour, j’entendis le commandant demander à un chef pourquoi il n’envoyait pas ses enfants à l’école. Le chef répondit : nous n’envoyons pas nos enfants à l’école parce qu’un homme instruit est un lâche : avant de faire un coup terrible, il se met à réfléchir longuement aux conséquences qui découleraient de son acte. ». Boca Cissé doit convaincre des bienfaits de l’éducation pour obtenir l’inscription des élèves. Autre défi de taille, la scolarisation des jeunes filles souvent retirées de l’école au début de l’adolescence pour être mariées.

Autant d’obstacles qui pousseront l’instituteur vers l’engagement politique et surtout le syndicalisme enseignant dont il restera une grande figure au Mali.

« Bocar Cissé, Instituteur des sables. Témoin du Mali au XXème siècle. » Bocar Cissé, B. Salvaing, A.O. Kounta. Editions Granvaux
PUBLIÉ PAR THALIA BAYLE (Journaliste. Diplômée en sciences politiques à Lille, passée par le think tank “European Institute” à Washington, ARTE, et pigiste pour différentes publications)

jeudi 12 juin 2014

À cause de la tension politico-sécuritaire dans le pays… L'URD reporte sine die son congrès prévu les 21 et 22 juin - maliweb.net

À cause de la tension politico-sécuritaire dans le pays… L'URD reporte sine die son congrès prévu les 21 et 22 juin - maliweb.net
L’URD reporte sine die son congrès prévu les 21 et 22 juin
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signe UrdA l’issue de la réunion de son Bureau exécutif national tenue jusque tard dans la soirée du mardi 10 juin au siège du parti à Badalabougou, les responsables de l’Union pour la République et la démocratie (URD) ont fini par opter pour le report des prochains congrès prévus pour les 21 et 22 juin prochains. Motif : la tension politique et sécuritaire qui s’est aggravée dans le pays suite aux derniers événements de Kidal.

Les dirigeants du parti de la poignée de mains comptent battre le record du rappel des troupes pour se donner le courage et la détermination de s’assumer dans l’opposition durant ce quinquennat d’IBK. C’est dans ce sens que le congrès doit rassembler des délégués venus des 55 sections du Mali et des 26 sections de l’extérieur. Mais, le mal-vivre généralisé en cette avant-veille du mois du ramadan ajouté aux menaces sécuritaires dans le septentrion en particulier à Kidal les oblige à observer un stand by. La réunion s’est prolongée pour savoir s’il faut reporter le congrès ou non. Finalement, les partisans du report se sont révélés majoritaires.

Précisons que ces assises seront l’occasion de remembrer l’organe dirigeant du parti avec le départ à la retraite politique du président Younoussi Touré, qui va certainement remettre le témoin à Soumaïla Cissé, dans la perspective des communales de la fin du dernier trimestre 2014, mais aussi de la présidentielle 2018. Dans cette optique, on annonce que la direction du parti devrait s’offrir une cure de jouvence avec probablement l’entrée de jeunes cadres comme Dr Madou Diallo, l’actuel président du mouvement national des jeunes, Moussa Séye Diallo, Timothée Totégué Daou, etc. Certains cadres du BEN, Me Demba Traoré (ancien ministre durant la transition), l’ancien ministre et actuel député et vice-président de l’Assemblée nationale, Amadou Cissé pourraient être promus Secrétaire général ou secrétaire politique du parti.

En outre, selon certaines sources, pour son engagement et le dynamisme dont il a fait montre avec son bureau (des jeunes) lors des dernières élections générales, l’actuel Secrétaire général de l’Assemblée nationale pourrait être proposé à un poste de vice-président ou de secrétaire général du parti de la poignée de mains. Cela ne devrait pas être de la mer à boire dans la mesure où certains membres du bureau sortant ont montré leur limite en terme de capacité de mobilisation et d’assise réelle sur leur base.

Rappelons que l’URD est aujourd’hui le parti majoritaire de l’opposition parlementaire avec 18 députés à l’Assemblée nationale. Il compte, sur l’ensemble du territoire national, 2 264 élus locaux dont 187 femmes et 197 maires. Il faut ajouter que l’URD se réunit en congrès ordinaire tous les quatre ans. Participent à ces assises le Secrétaire général de chaque sous-section ou son représentant par ordre de préséance, le Secrétaire général de chaque section ou son représentant par ordre de préséance, les membres du bureau exécutif national, des membres de la commission nationale de contrôle financier, les membres de la commission nationale de conciliation et d’arbitrage, les députés, les conseillers nationaux du parti, les présidentes des sections du mouvement des femmes, des présidents des sections du mouvement des jeunes ; les sections des Maliens de l’extérieur seront représentées par un à cinq délégués.
 Bruno D SEGBEDJI