Le traité instituant l’Union Économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) a été ratifié à Dakar, au Sénégal, le 10 janvier 1994 par sept pays de l’Afrique de l’Ouest ayant en commun l’usage du franc CFA. Il rentre en vigueur 1er août 1994. Le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo seront rejoints par la Guinée-Bissau le 2 mai 2007. L’exécutif de l’union, dont le siège est à Ouagadougou au Burkina Faso, est assuré par la Commission composée de huit commissaires, dont l’un est désigné à la tête de l’organe. Nommé commissaire pour le Mali en 2003, Soumaïla Cissé, 51 ans, est investi président le 10 janvier 2004 à Niamey, au Niger. Son mandat aura été marqué par la situation politique en Côte d’Ivoire qui s’est progressivement dégradée jusqu’à la crise post-éléctorale survenue après les élections présidentielles de 2010. « La Côte d’Ivoire, ce beau pays dont la situation actuelle interpelle la communauté internationale, représente à lui tout seul 40% du potentiel de notre Union. Son sort ne peut donc nullement nous être indifférent. La Côte d’Ivoire est, et demeure, la locomotive de notre Union. Sa santé, ses prouesses comme ses réformes, déteignent sur celles de l’ensemble de la sous-région, voire au-delà », affirmait Soumaïla Cissé dans le discours prononcé lors de son installation à la tête de la Commission en février 2004. Pour son premier mandat de quatre ans, qui sera renouvelé, le nouveau patron de l’Uemoa voulait « consolider les acquis, renforcer la solidarité, faire avancer les libertés, rapprocher l’Union des populations et améliorer le vécu quotidien du citoyen ». A l’exception des libertés, le président sortant de l’Uemoa semble avoir atteint ses principaux objectifs.
Afrik.com : L’Uemoa est-elle satisfaite de sa gestion de la crise ivoirienne ? Soumaïla Cissé : Il faut d’abord dire que
