Soumaila Cissé a choisi les visites de proximité et la ville de Nioro du Sahel pour démarrer sa campagne. Une première sortie marquée par un accueil chaleureux et une forte mobilisation des militants. Touché par l’enthousiasme et l’engagement des populations de Nioro du Sahel, Soumaila Cissé a voulu partager avec notre envoyé spécial ses premières impressions de campagne. Constat.
LE REPUBLICAIN : Monsieur le Vicie-Président, c’est par Nioro du Sahel que vous avez commencé votre campagne, peut-on savoir pourquoi ?
SOUMAILA CISSÉ : Je crois que le devoir premier pour chaque militant qui veut acquérir des responsabilités au sein du parti, c’est d’aller vers les autres militants et de gagner leur confiance. Cette pratique, mon équipe et moi, nous la faisons nôtre, depuis bien longtemps. C’est donc logique pour nous de ne pas convoquer les militants, mais d’aller les trouver chez eux, de les écouter, de recevoir leurs doléances, de partager avec eux notre vision de l’ADEMA-PASJ et du devenir du Mali. Cette démarche est plus exigeante, moins flamboyante, mais emminement plus respectueuse et plus à l’écoute des militants. Il ne faut pas oublier que cette campagne nous donne l’occasion de sensibiliser les militants à notre vision de générosité et de solidarité au sein de l’ADEMA-PASJ, elle doit nous permettre également d’enrichir notre programme de conseils et de suggestions émanant des militants. C’est là une des raisons fondamentales qui nous ont fait choisir Nioro du Sahel pour démarrer notre campagne.
Nioro du Sahel, c’est loin de Bamako. C’est une ville enclavée qui connaît certains problèmes. Pour nous, il est important de venir échanger avec les militants sur les solutions à trouver ensemble aux problèmes auxquels ils sont confrontés. Sur chacune des préoccupations soulevées, nous avons montré ce que les gens de mon équipe et moi même souhaitons réaliser à Nioro avant de partager nos idées et notre profession de foi. Et je crois que c’est cette crédibilité dans l’action qui explique l’enthousiasme et la confiance des militants. Mais Nioro du Sahel, c’est aussi une ville de grandes traditions. Pour nous, c’était important de commencer par ce riche vivier de sagesses avant de faire le tour du pays.
J’ai choisi Nioro du Sahel, enfin, pour rendre hommage aux plus anciens et fidèles militants de notre parti. Qui ne connaît pas madame Sy Kadiatou Sow, enfant de Nioro, militante de la première et à l’avant-garde des grandes luttes démocratiques dans ce pays. En venant à Nioro du Sahel, le pays natal de madame Sy Kadiatou Sow, j’ai voulu honorer son engagement politique et rendre hommage à tous ces militants politiques qui de Kadiolo à Tessalit, de Kayes à Ansongo fédèrent leurs idées et leurs énergies pour que triomphent partout dans le pays les valeurs du « peuple ADEMA. »
Que retenez-vous de cette étape de Nioro du Sahel?
L’accueil et la mobilisation à Nioro du Sahel ont été au-delà de nos attentes. Je crois que les populations de Nioro se sont fait un point d’honneur à nous accueillir avec autant d’enthousiasme et de confraternité. Aussi bien les militants que la population de Nioro du Sahel se sont mobilisés derrière madame Sy Kadiatou Sow pour nous assurer de leurs soutiens. Notre candidature est très favorablement accueillie et je remercie nos camarades de Nioro pour nous avoir donné la chance de bien démarrer cette campagne.
À Nioro du Sahel, vous avez affirmé que si vous avez un directeur ou une directrice de campagne c’est madame Sy Kadiatou Sow. Le Confirmez-vous?
Non seulement je confirme, mais je suis fier de l’annoncer pour trois raisons. La première c’est que madame Sy Kadiatou Sow est comme moi une militante de la première heure de l’ADEMA-PASJ. Militante avant l’heure, elle incarne mieux que quiconque les valeurs qui ont fondé l’ADEMA et fécondent le Mali d’aujourd’hui. En la nommant directrice de campagne, j’ai voulu réaffirmer notre profond enracinement et notre fidélité aux valeurs originelles de solidarité, d’engagement militant et de justice sociale qui ont permis à l’ADEMA de naître et de grandir.
Deuxièmement, j’ai voulu récompenser le mérite des femmes de l’ADEMA. Nombreuses sont les femmes de notre Parti qui mériteraient d’être davantage mises de l’avant. Elles sont compétentes, fortement engagées et très souvent, se sacrifient plus que d’autres dans les combats que mène quotidiennement le Parti. À ce propos, notre profession de foi explique très clairement notre engagement à placer les femmes et les jeunes au centre de nos priorités, à s’appuyer sur un leadership féminin qui veillera à une plus grande responsabilisation des femmes dans la gestion du parti et du pays.
Enfin, j’ai toujours dit que pour assurer un meilleur avenir à tous les Maliens, il faut choisir le meilleur candidat. Et « pour être le meilleur, il faut s’entourer des meilleurs ». Madame Sy Kadiatou Sow est incontestablement un des meilleurs cadres du Parti. Elle est reconnue pour sa compétence, son sérieux et sa crédibilité. Ces valeurs sont également celles de l’ADEMA. C’est pourquoi, j’ai constitué autour de madame Sy Kadiatou Sow, une équipe de cadres et de militants du parti reconnus pour leur savoir-faire et pour le sérieux de leur engagement politique. Ces militantes et militants sont en plus, appréciés au sein du parti pour leur esprit d’ouverture et de rassemblement ainsi que leur sens de la solidarité.
Monsieur le Vice-Président, quel enseignement tirez-vous des deux autres étapes de Diéma et Kolokani?
La première leçon à retenir est celle de la pédagogie. Nos discussions ont été franches et fructueuses et c’est très bien qu’il en soit ainsi. Les hommes politiques doivent comprendre que rencontrer les militants à la base n’est pas une promenade de santé. C’est un exercice sérieux où toutes les questions doivent être abordées avec tous les militants, sans distinction aucune. C’est le sens de ces primaires et il est du devoir des candidats d’expliquer, d’informer et d’approfondir certains aspects d’une problématique soulevée. C’est ce que nous avons fait À Diéma et Kolokani, où nous avons constaté que les camarades avaient besoin d’informations complémentaires sur le déroulement des primaires et sur la vision des candidats. Les militants ont beaucoup apprécié notre démarche.
Au cours de cette tournée, vous avez surtout insisté sur l’unité et la cohésion du parti. Est ce à dire que ces primaires constituent une menace pour l’ADEMA?
Je pense au contraire, que ces primaires constituent un formidable exercice démocratique. De quoi s’agit-il en fait? Le Parti doit choisir un chef et l’on demande à chacun des prétendants d’aller à la base pour obtenir la confiance des militants sur sa capacité à fédérer le Parti aujourd’hui, et sur sa capacité à gérer le pays, demain. Dans ce contexte, il nous semble que les primaires constituent la façon la plus démocratique, la plus transparente et la plus respectueuse des militants pour le choix du candidat du Parti.
Ceux qui parlent de menaces sur l’unité du Parti sont probablement ceux qui ne sont pas prêts accepter le verdict des urnes, si le choix des militants ne leur était pas favorable. En ce qui nous concerne, nous sommes engagés à tout faire pour la cohésion du parti. J’ai dit partout que je suis prêt à supporter le candidat que les militants et militantes de l’ADEMA-PASJ auront choisi. Nous l’avons clairement, publiquement et constamment réaffirmé.
Pour nous, ce qui importe le plus, c’est la vitalité du parti et sa cohésion, parce que sans elles, l’ADEMA-PASJ ne gagnera pas les prochaines élections présidentielles, ni législatives, encore moins les municipales. Notre combat dépasse le cadre strict de nos intérêts personnels. Il est l’illustration de notre engagement politique constant au sein de l’ADEMA et l’expression de notre volonté de réaliser de grandes choses pour le Mali. C’est pourquoi, nous n’avons pas peur de perdre et nous sommes prêts à nous mobiliser derrière le candidat que les militantes et militants auront choisi pour les combats futurs. Nous sommes, de ce fait, les meilleurs garants de l’unité du parti.
Comment voyez-vous la suite des primaires ?
Je veux toucher le maximum de militants, aller les trouver là où ils vivent, discuter avec eux et enrichir notre vision du parti et du Mali. Il est très important pour nous d’obtenir de nos militants un mandat clair, fondé sur leur confiance en notre capacité à diriger l’ADEMA dans l’unité et la paix. Les primaires, c’est également l’occasion pour nos militants de choisir leur candidat pour la gestion du Mali. J’ai constitué une équipe de patriotes réputés pour leur sérieux et leurs compétences, qui fera le tour du pays pour écouter et expliquer humblement, sereinement, sans attaquer personne, les raisons de notre démarche. C’est, pour nous, la seule façon de gagner le respect et la confiance de nos militants. Aussi, je souhaite rappeler au peuple ADEMA que «ce qui nous unit est plus important que ce qui peut nous diviser ». Le Républicain
jeudi 2 août 2007
APPEL A L'UNITE
MESSAGE DE CAMAPAGNE AUX MILITANTS DU PARTI
Soumaïla Cissé est désormais le candidat de l’ADEMA-PASJ pour les prochaines élections présidentielles Mali. Le processus démocratique pour la désignation du candidat du parti au pouvoir aux prochaines élections a abouti à la Convention nationale, qui s’est tenue les 05 et 06 janvier 2002 ,au Palais des Congrès de Bamako, et a consacré la victoire de Soumaïla Cissé par 221 voix sur Soumeylou Boubeye Maïga qui a obtenu 180 voix de délégués. Celui-ci, fair-play, a aussitôt reconnu la victoire de Soumaïla Cissé et a demandé à tous ses partisans de se mobiliser derrière le candidat que les militants ont choisi. Soumailou Boubeye Maïga dira : « C’est l’ADEMA qui a gagné. Les Primaires qui ont conduit à la désignation du candidat du parti sont derrière nous. L’heure est désormais à la préparation de la présidentielle de 2002 ». Candidat de l’ADEMA-PASJ pour succéder au Président Alpha Oumar Konaré, Soumaïla Cissé appelle tous les militants du parti à l’unité et à la mobilisation générale.
Soumaïla Cissé est désormais le candidat de l’ADEMA-PASJ pour les prochaines élections présidentielles Mali. Le processus démocratique pour la désignation du candidat du parti au pouvoir aux prochaines élections a abouti à la Convention nationale, qui s’est tenue les 05 et 06 janvier 2002 ,au Palais des Congrès de Bamako, et a consacré la victoire de Soumaïla Cissé par 221 voix sur Soumeylou Boubeye Maïga qui a obtenu 180 voix de délégués. Celui-ci, fair-play, a aussitôt reconnu la victoire de Soumaïla Cissé et a demandé à tous ses partisans de se mobiliser derrière le candidat que les militants ont choisi. Soumailou Boubeye Maïga dira : « C’est l’ADEMA qui a gagné. Les Primaires qui ont conduit à la désignation du candidat du parti sont derrière nous. L’heure est désormais à la préparation de la présidentielle de 2002 ». Candidat de l’ADEMA-PASJ pour succéder au Président Alpha Oumar Konaré, Soumaïla Cissé appelle tous les militants du parti à l’unité et à la mobilisation générale.
CAMPAGNE PRESIDENTIELLE2002
Candidatures de l'ADEMA : SOUMAÏLA CISSÉ LANCE SA CAMPAGNE
On a eu droit à une véritable organisation à l'américaine lors du lancement de la campagne du candidat Soumaïla Cissé dans le cadre de l'appel à candidature de l'ADEMA à l'élection du président de la République de 2002. C'était lundi soir à l'hôtel Salam avec rétroprojecteur, affiches, photos souvenirs et autres brochure sur le CV, la profession de foi du candidat et l'annonce de l'ouverture d'un site Internet. Entouré d'une foule d'amis et de parents et face aux journalistes Soumaïla Cissé, très à l'aise, a donné de lui-même, l'image d'un militant de longue date de l'Adema et d'un homme qui a des convictions et des ambitions pour ce pays. Il s'est voulu porteur d'un meilleur avenir pour tous. "Le rêve de Soumaïla pour le Mali", c'est des citoyens instruits et en bonne santé, un environnement sain et une économie forte. Dans sa déclaration liminaire, comme dans les réponses aux questions des journalistes, le candidat a voulu effacer l'image de l'enfant terrible qui seul contre tous a réclamé à cor et à cri les primaires au motif d'une stricte application des textes. Il a aussi démenti tout différend avec le président Konaré et s'est montré attaché à l'unité de son parti. Pour lui, ce sont bien les textes qui pour l'élection du candidat du parti au poste de président de la République prescrivent la tenue des conférences électives des sections (que l'on appelle aujourd'hui primaires) suivies de la convention nationale. D'ailleurs, a-t-il fait remarquer, il n'était pas présent lors de la réunion qui avait pris la décision d'envoyer les dossiers dans les sections. Il s'y est conformé. Soumaïla Cissé réfute donc toute intransigeance dans la poursuite des primaires. Ces conférences électives sont statutaires, a-t-il répété, et il n'y a pas un autre moyen connu et reconnu pour désigner le candidat du parti. Pas de la 25è heure - Pour lui, le candidat consensuel de l'ADEMA peut s'obtenir soit par désistement des autres candidats, soit par l'application des textes (conférences électives et Convention nationale). L'important, a-t-il martelé c'est que tout le monde se mette dernière celui qui sera désigné pour mener la suite du combat, une suite bien plus délicate car pour Soumaïla Cissé, les primaires sont un peu comme un match amical qui ne doit pas laisser des séquelles. Le candidat Cissé a tenu a démontré qu'il n'est pas un militant de la 25è heure. Il était là lors de la lutte pour l'avènement de la démocratie dans notre pays. Il est membre fondateur de l'ADEMA-association et du parti du même nom. Il a milité à la base et il estime avoir donné de son temps et de son énergie au parti au cours de ces dix dernières années. Pour avoir servi à des fonctions stratégiques, il juge pouvoir prétendre prendre en charge les destinées de notre pays. A travers les 21 propositions contenues dans sa profession de foi, Soumaïla Cissé se veut porteur d'ambitions pour le Mali. Sa vision s'articule autour des investissements dans le tissu social (santé, éducation, logement social.), dans l'apprentissage, la recherche l'aide à la création d'entreprise, et dans le capital humain pour faire du Mali un endroit où des personnes cultivés et compétentes veulent vivre et travailler. Par ailleurs, Soumaïla Cissé confirme qu'il n'y a aucun problème entre lui et le président de la République dont il continue à avoir la confiance et qu'il dit avoir informé de son intention à se porter candidat à la candidature. Soumaïla Cissé, qui dit avoir compris les aspirations du monde rural pour une plus grande revalorisation de sa production, et du monde citadin pour une amélioration de son pouvoir d'achat, reste optimiste pour la suite des événements. Les primaires, juge-t-il, permettront à la base de se mobiliser en vue des élections. Le parti, a-t-il assuré, va se retrouver autour de son candidat pour préparer la bataille de la présidentielle. Avec le bilan qui est le sien, l'ADEMA a des atouts à faire valoir. Lors de cette conférence de presse, le candidat Cissé avait à ses côtés quelques ténors du parti de l'Abeille dont des députés à l'Assemblée nationale. Le président du parti Dioncounda Traoré était absent, sans aucun doute par souci de neutralité. A. LAM - 2001-12-05 08:00:00
On a eu droit à une véritable organisation à l'américaine lors du lancement de la campagne du candidat Soumaïla Cissé dans le cadre de l'appel à candidature de l'ADEMA à l'élection du président de la République de 2002. C'était lundi soir à l'hôtel Salam avec rétroprojecteur, affiches, photos souvenirs et autres brochure sur le CV, la profession de foi du candidat et l'annonce de l'ouverture d'un site Internet. Entouré d'une foule d'amis et de parents et face aux journalistes Soumaïla Cissé, très à l'aise, a donné de lui-même, l'image d'un militant de longue date de l'Adema et d'un homme qui a des convictions et des ambitions pour ce pays. Il s'est voulu porteur d'un meilleur avenir pour tous. "Le rêve de Soumaïla pour le Mali", c'est des citoyens instruits et en bonne santé, un environnement sain et une économie forte. Dans sa déclaration liminaire, comme dans les réponses aux questions des journalistes, le candidat a voulu effacer l'image de l'enfant terrible qui seul contre tous a réclamé à cor et à cri les primaires au motif d'une stricte application des textes. Il a aussi démenti tout différend avec le président Konaré et s'est montré attaché à l'unité de son parti. Pour lui, ce sont bien les textes qui pour l'élection du candidat du parti au poste de président de la République prescrivent la tenue des conférences électives des sections (que l'on appelle aujourd'hui primaires) suivies de la convention nationale. D'ailleurs, a-t-il fait remarquer, il n'était pas présent lors de la réunion qui avait pris la décision d'envoyer les dossiers dans les sections. Il s'y est conformé. Soumaïla Cissé réfute donc toute intransigeance dans la poursuite des primaires. Ces conférences électives sont statutaires, a-t-il répété, et il n'y a pas un autre moyen connu et reconnu pour désigner le candidat du parti. Pas de la 25è heure - Pour lui, le candidat consensuel de l'ADEMA peut s'obtenir soit par désistement des autres candidats, soit par l'application des textes (conférences électives et Convention nationale). L'important, a-t-il martelé c'est que tout le monde se mette dernière celui qui sera désigné pour mener la suite du combat, une suite bien plus délicate car pour Soumaïla Cissé, les primaires sont un peu comme un match amical qui ne doit pas laisser des séquelles. Le candidat Cissé a tenu a démontré qu'il n'est pas un militant de la 25è heure. Il était là lors de la lutte pour l'avènement de la démocratie dans notre pays. Il est membre fondateur de l'ADEMA-association et du parti du même nom. Il a milité à la base et il estime avoir donné de son temps et de son énergie au parti au cours de ces dix dernières années. Pour avoir servi à des fonctions stratégiques, il juge pouvoir prétendre prendre en charge les destinées de notre pays. A travers les 21 propositions contenues dans sa profession de foi, Soumaïla Cissé se veut porteur d'ambitions pour le Mali. Sa vision s'articule autour des investissements dans le tissu social (santé, éducation, logement social.), dans l'apprentissage, la recherche l'aide à la création d'entreprise, et dans le capital humain pour faire du Mali un endroit où des personnes cultivés et compétentes veulent vivre et travailler. Par ailleurs, Soumaïla Cissé confirme qu'il n'y a aucun problème entre lui et le président de la République dont il continue à avoir la confiance et qu'il dit avoir informé de son intention à se porter candidat à la candidature. Soumaïla Cissé, qui dit avoir compris les aspirations du monde rural pour une plus grande revalorisation de sa production, et du monde citadin pour une amélioration de son pouvoir d'achat, reste optimiste pour la suite des événements. Les primaires, juge-t-il, permettront à la base de se mobiliser en vue des élections. Le parti, a-t-il assuré, va se retrouver autour de son candidat pour préparer la bataille de la présidentielle. Avec le bilan qui est le sien, l'ADEMA a des atouts à faire valoir. Lors de cette conférence de presse, le candidat Cissé avait à ses côtés quelques ténors du parti de l'Abeille dont des députés à l'Assemblée nationale. Le président du parti Dioncounda Traoré était absent, sans aucun doute par souci de neutralité. A. LAM - 2001-12-05 08:00:00
CONVENTION EN QUESTION
Vent de zizanie sur l'Adéma
Le parti au pouvoir a confirmé le recours à des primaires pour désigner son candidat à la présidentielle. La course à la présidentielle prévue le 14 avril 2002 est entrée dans une phase cruciale : l'investiture du candidat du parti au pouvoir. Le président Alpha Oumar Konaré achevant son second et dernier mandat, l'Alliance pour la démocratie au Mali (Adéma) lui cherche un successeur. L'absence d'un dauphin désigné par le chef de l'État sortant et la multiplication des candidats à l'investiture contraignent le parti à passer par l'épreuve des primaires. Diplomates et observateurs sont admiratifs. Ils louent cette première en Afrique, dissertent sur la fin annoncée du centralisme démocratique.
Côté opposition, on se gargarise et on se perd en conjectures sur l'implosion de la formation au pouvoir depuis dix ans. La direction de l'Adéma, qui ne fait pas cas des louanges ou des critiques, met en place la procédure et arrête la date du 2 novembre pour le dépôt des candidatures. À la date échue, quatre dossiers sont déposés sur le bureau de Diouncounda Traoré, président de l'Adéma : Mandé Sidibé, Premier ministre ; Soumaïla Cissé, ministre de l'Équipement ; Soumeylou Boubeye Maïga, son homologue des Forces armées ; et Ibrahim N'diaye, maire de Bamako. Une période de trente jours est accordée aux candidats pour sillonner le territoire et faire connaître leur projet aux militants des cinquante-cinq sections du Mali. Une campagne électorale avant l'heure. Les principes énoncés dans le code d'éthique interne du parti sont globalement respectés : pas d'affichage ni de publicité payante dans les médias, et encore moins d'enveloppes d'argent distribuées aux militants. Chaque candidat évite de s'en prendre à la personnalité ou à l'honneur de ses rivaux et s'en tient à la défense de son programme pour le mandat présidentiel.
La direction de l'Adéma arrête le calendrier : le premier tour des primaires est prévu pour le 2 décembre. Cinq mille grands électeurs, représentant toutes les régions du pays, et quelques délégués de la diaspora (éclatée sur vingt-trois pays) sont appelés à choisir deux candidats sur quatre. Les deux vainqueurs se présenteront alors le 6 janvier 2002 à Bamako, devant une convention composée de cinq représentants par section et des trente-cinq membres du Comité exécutif. C'est cette instance qui devra trancher entre les deux postulants, en fonction de leur profession de foi, de leur itinéraire dans le parti et de la qualité de leur CV.
Ce calendrier, savamment préparé, a failli être totalement remis en cause. Deux semaines après l'annonce des candidatures retenues par le secrétariat du parti, les inquiétudes ont commencé à saisir les cadres de l'Adéma. Et si les structures du mouvement cédaient sous le poids de l'épreuve des primaires ? Comment être sûr que les postulants se plieront au résultat de la convention ? Y a-t-il une alternative à cette procédure pour choisir le meilleur candidat ? Bref, le doute gagne les militants. C'est ce moment qu'a choisi le président Konaré pour entrer en scène. Pour éviter la discorde et préserver l'homogénéité du parti, le chef de l'État a demandé à ses camarades de chercher un compromis : s'entendre sur un candidat consensuel. Une Commission des sages est mise en place. Sa mission : convaincre les candidats de la nécessité du gel du processus afin de trouver un terrain d'entente pour éviter l'affrontement fratricide le 2 décembre. Trois des quatre candidats acceptent. Pas Soumaïla Cissé. Le ministre de l'Équipement rejette « par principe » l'arrêt d'un processus somme toute démocratique : « Les inquiétudes peuvent être légitimes, mais je ne vois pas d'alternative aux primaires. »
Pour Soumeylou Boubeye Maïga, qui a accepté le gel du processus, « la proposition méritait d'être étudiée, car nous donnions l'impression de violenter nos militants. Je n'ai vu aucun inconvénient à ce que nous fassions une pause pour nous concerter dans un cadre plus serein, et voir s'il n'y a pas une meilleure solution. Mais j'ai mis une condition à mon accord : que l'unanimité soit requise. » Autrement dit, on ne doit pas jeter la pierre à un candidat qui exige la poursuite du processus.
La proposition de la Commission des sages provoque la colère de Soumaïla Cissé qui persiste et signe : « Il n'y a pas d'alternative aux primaires. Seul le militant doit décider. Nous n'allons tout de même pas accepter que les directives viennent encore du sommet ! » Qui vise-t-il ? Le président Konaré, dont il a été le secrétaire général au Palais, à Koulouba ? « Personne en particulier, précise Cissé, mais on ne peut tenir de longs discours sur la démocratie en refusant de l'appliquer à son parti. » Le coup de gueule du ministre de l'Équipement porte ses fruits, puisque le 27 novembre le groupe parlementaire de l'Adéma tient une réunion extraordinaire au siège du parti. Les députés se sont prononcés pour le maintien des primaires. Mais, le groupe parlementaire n'étant pas un organe délibérant au sein des instances du parti, une réunion du bureau s'est tenue le lendemain. Décision : le premier tour est reporté du 2 au 9 décembre, et la date de la convention est maintenue au 6 janvier 2002.
Victoire de Cissé ? « Je ne le vis pas comme un succès personnel, répond-il, mais comme une évolution logique si l'on se place sur un terrain réellement démocratique. Je n'ai fait qu'insister sur l'application des principes mêmes du parti. Nous ne nous sommes pas battus hier pour bannir l'idée du candidat naturel [NDLR : épisode qui avait valu la démission d'Ibrahim Boubakar Kéita de la présidence de l'Adéma] pour nous voir imposer, aujourd'hui, un candidat dit de consensus. »
En attendant le verdict, trois des postulants continuent de se retrouver régulièrement en Conseil des ministres. L'ambiance gouvernementale pourrait-elle en pâtir ? « Détrompez-vous, assure Boubeye, le climat est des plus sereins. Nous sommes de vieux compagnons, et l'avènement des primaires n'altérera pas notre amitié. » Ce bel esprit vaudra-t-il au lendemain de la convention ? Les candidats défaits se mettront-il de bonne grâce au service du vainqueur ? « Sans aucun doute, précise Boubeye, car ils seront toujours au service du parti qui l'a investi. »
4 décembre 2001 - par CHERIF OUAZANI J.A.I.
Le parti au pouvoir a confirmé le recours à des primaires pour désigner son candidat à la présidentielle. La course à la présidentielle prévue le 14 avril 2002 est entrée dans une phase cruciale : l'investiture du candidat du parti au pouvoir. Le président Alpha Oumar Konaré achevant son second et dernier mandat, l'Alliance pour la démocratie au Mali (Adéma) lui cherche un successeur. L'absence d'un dauphin désigné par le chef de l'État sortant et la multiplication des candidats à l'investiture contraignent le parti à passer par l'épreuve des primaires. Diplomates et observateurs sont admiratifs. Ils louent cette première en Afrique, dissertent sur la fin annoncée du centralisme démocratique.
Côté opposition, on se gargarise et on se perd en conjectures sur l'implosion de la formation au pouvoir depuis dix ans. La direction de l'Adéma, qui ne fait pas cas des louanges ou des critiques, met en place la procédure et arrête la date du 2 novembre pour le dépôt des candidatures. À la date échue, quatre dossiers sont déposés sur le bureau de Diouncounda Traoré, président de l'Adéma : Mandé Sidibé, Premier ministre ; Soumaïla Cissé, ministre de l'Équipement ; Soumeylou Boubeye Maïga, son homologue des Forces armées ; et Ibrahim N'diaye, maire de Bamako. Une période de trente jours est accordée aux candidats pour sillonner le territoire et faire connaître leur projet aux militants des cinquante-cinq sections du Mali. Une campagne électorale avant l'heure. Les principes énoncés dans le code d'éthique interne du parti sont globalement respectés : pas d'affichage ni de publicité payante dans les médias, et encore moins d'enveloppes d'argent distribuées aux militants. Chaque candidat évite de s'en prendre à la personnalité ou à l'honneur de ses rivaux et s'en tient à la défense de son programme pour le mandat présidentiel.
La direction de l'Adéma arrête le calendrier : le premier tour des primaires est prévu pour le 2 décembre. Cinq mille grands électeurs, représentant toutes les régions du pays, et quelques délégués de la diaspora (éclatée sur vingt-trois pays) sont appelés à choisir deux candidats sur quatre. Les deux vainqueurs se présenteront alors le 6 janvier 2002 à Bamako, devant une convention composée de cinq représentants par section et des trente-cinq membres du Comité exécutif. C'est cette instance qui devra trancher entre les deux postulants, en fonction de leur profession de foi, de leur itinéraire dans le parti et de la qualité de leur CV.
Ce calendrier, savamment préparé, a failli être totalement remis en cause. Deux semaines après l'annonce des candidatures retenues par le secrétariat du parti, les inquiétudes ont commencé à saisir les cadres de l'Adéma. Et si les structures du mouvement cédaient sous le poids de l'épreuve des primaires ? Comment être sûr que les postulants se plieront au résultat de la convention ? Y a-t-il une alternative à cette procédure pour choisir le meilleur candidat ? Bref, le doute gagne les militants. C'est ce moment qu'a choisi le président Konaré pour entrer en scène. Pour éviter la discorde et préserver l'homogénéité du parti, le chef de l'État a demandé à ses camarades de chercher un compromis : s'entendre sur un candidat consensuel. Une Commission des sages est mise en place. Sa mission : convaincre les candidats de la nécessité du gel du processus afin de trouver un terrain d'entente pour éviter l'affrontement fratricide le 2 décembre. Trois des quatre candidats acceptent. Pas Soumaïla Cissé. Le ministre de l'Équipement rejette « par principe » l'arrêt d'un processus somme toute démocratique : « Les inquiétudes peuvent être légitimes, mais je ne vois pas d'alternative aux primaires. »
Pour Soumeylou Boubeye Maïga, qui a accepté le gel du processus, « la proposition méritait d'être étudiée, car nous donnions l'impression de violenter nos militants. Je n'ai vu aucun inconvénient à ce que nous fassions une pause pour nous concerter dans un cadre plus serein, et voir s'il n'y a pas une meilleure solution. Mais j'ai mis une condition à mon accord : que l'unanimité soit requise. » Autrement dit, on ne doit pas jeter la pierre à un candidat qui exige la poursuite du processus.
La proposition de la Commission des sages provoque la colère de Soumaïla Cissé qui persiste et signe : « Il n'y a pas d'alternative aux primaires. Seul le militant doit décider. Nous n'allons tout de même pas accepter que les directives viennent encore du sommet ! » Qui vise-t-il ? Le président Konaré, dont il a été le secrétaire général au Palais, à Koulouba ? « Personne en particulier, précise Cissé, mais on ne peut tenir de longs discours sur la démocratie en refusant de l'appliquer à son parti. » Le coup de gueule du ministre de l'Équipement porte ses fruits, puisque le 27 novembre le groupe parlementaire de l'Adéma tient une réunion extraordinaire au siège du parti. Les députés se sont prononcés pour le maintien des primaires. Mais, le groupe parlementaire n'étant pas un organe délibérant au sein des instances du parti, une réunion du bureau s'est tenue le lendemain. Décision : le premier tour est reporté du 2 au 9 décembre, et la date de la convention est maintenue au 6 janvier 2002.
Victoire de Cissé ? « Je ne le vis pas comme un succès personnel, répond-il, mais comme une évolution logique si l'on se place sur un terrain réellement démocratique. Je n'ai fait qu'insister sur l'application des principes mêmes du parti. Nous ne nous sommes pas battus hier pour bannir l'idée du candidat naturel [NDLR : épisode qui avait valu la démission d'Ibrahim Boubakar Kéita de la présidence de l'Adéma] pour nous voir imposer, aujourd'hui, un candidat dit de consensus. »
En attendant le verdict, trois des postulants continuent de se retrouver régulièrement en Conseil des ministres. L'ambiance gouvernementale pourrait-elle en pâtir ? « Détrompez-vous, assure Boubeye, le climat est des plus sereins. Nous sommes de vieux compagnons, et l'avènement des primaires n'altérera pas notre amitié. » Ce bel esprit vaudra-t-il au lendemain de la convention ? Les candidats défaits se mettront-il de bonne grâce au service du vainqueur ? « Sans aucun doute, précise Boubeye, car ils seront toujours au service du parti qui l'a investi. »
4 décembre 2001 - par CHERIF OUAZANI J.A.I.
LE PARI DE LA CONVENTION
Convention nationale de l'Adema:
SOUMAÏLA CISSÉ INVESTI, L'APAISEMENT VAINQUEUR
Quand un parti au pouvoir choisit son candidat à l'élection présidentielle, il focalise forcément toutes les attentions. Et quand cela doit se faire par une procédure jusque là inconnue sous nos cieux comme celle par laquelle l'Adema vient de choisir son candidat, il y a de quoi mettre en ébullition le microcosme politique. Pendant des semaines, les militants de l'Adema et même des autres partis, les hommes politiques, la presse et des simples citoyens ont retenu leur souffle. A juste raison d'ailleurs, l'une des nombreuses péripéties qu'a connues le processus, la Convention nationale du parti qui s'est tenue samedi et dimanche, a mis fin (provisoirement ?) au feuilleton. Ce sera Soumaïla Cissé qui portera les couleurs des Rouges et blancs à l'élection présidentielle d'avril prochain. A l'issue d'un vote marathon, il a obtenu 221 voix sur 422 votants. Son challenger Soumeylou Boubèye Maïga a eu la confiance de 180 délégués. Ce dernier en bon perdant, n'avait même pas attendu la fin des dépouillements pour reconnaître sa défaite et venir féliciter le gagnant sous les applaudissements de la salle principale du palais des Congrès pleine à craquer. "Il n'y a pas de perdant, c'est l'Adema qui gagne", dira Soumeylou Boubèye Maïga pour qui le parti vient de faire preuve d'une grande maturité politique. "C'est l'Adema qui a gagné". Tel aura d'ailleurs été le leitmotiv des différents intervenants après la proclamation des résultats du vote. Grandeur et maturité - "Je suis honoré d'être votre candidat, à vous toutes et à vous tous, je l'accepte avec beaucoup d'humilité. C'est un redoutable privilège dont je mesure toute la portée, avec une réelle perception du poids de cette responsabilité". C'est en ces termes que Soumaïla Cissé commencera dimanche son discours d'investiture. Pour lui, si la Convention nationale sert à désigner le candidat du parti à la prochaine élection présidentielle, elle a surtout consacré la grandeur et la maturité du parti. "Grandeur, parce qu'il a osé de grandes choses. Il a fait preuve de pionnier, en choisissant le délicat exercice des primaires pour désigner de la façon la plus démocratique, son candidat. Maturité, parce que notre parti a su éviter les dérapages. Mieux, nous n'avons relevé aucun incident notable, aussi bien pour la désignation des délégués que pour l'organisation du scrutin". Par ailleurs, Soumaïla Cissé a rendu un hommage appuyé à tous les candidats à l'investiture. "D'abord à Mandé Sidibé, notre aîné pour le sens de la mesure dont il a su faire preuve. Jamais de mot excessif, jamais il n'a manqué d'attention à notre égard. Ensuite Ibrahima N'Diaye, l'ami, le camarade du parti avec lequel le dialogue n'a jamais été rompu. Enfin Soumeylou Boubèye Maïga, l'homme de tous les combats, l'homme de conviction, l'ami de tous les jours, le frère qu'on voudrait tous avoir". Pour le candidat de l'Adema, les énergies doivent désormais servir à préparer les prochaines batailles électorales. "Elles seront rudes, mais nous les gagnerons, car nous sommes dépositaires d'un bilan riche de réalisation et d'un projet de société, à la fois généreux et crédible", a-t-il soutenu, en se réjouissant de la perspective "de parachever l'œuvre du camarade Alpha Oumar Konaré". "Alpha, notre président, le premier président du parti, a fait notre fierté, la fierté de notre pays, de l'Afrique. Le bilan est largement positif. Profondément démocrate, il a su nous accompagner tout au long de ce processus et nous lui savons gré aujourd'hui de son effort inestimable". C'est donc une page qui vient d'être tournée pour les Abeilles. Il reste maintenant à savoir quelle attitude va adopter Mandé Sidibé qui a renoncé aux primaires tout en maintenant sa candidature pour les présidentielles.
S. TOGOLA - 2002-01-08
SOUMAÏLA CISSÉ INVESTI, L'APAISEMENT VAINQUEUR
Quand un parti au pouvoir choisit son candidat à l'élection présidentielle, il focalise forcément toutes les attentions. Et quand cela doit se faire par une procédure jusque là inconnue sous nos cieux comme celle par laquelle l'Adema vient de choisir son candidat, il y a de quoi mettre en ébullition le microcosme politique. Pendant des semaines, les militants de l'Adema et même des autres partis, les hommes politiques, la presse et des simples citoyens ont retenu leur souffle. A juste raison d'ailleurs, l'une des nombreuses péripéties qu'a connues le processus, la Convention nationale du parti qui s'est tenue samedi et dimanche, a mis fin (provisoirement ?) au feuilleton. Ce sera Soumaïla Cissé qui portera les couleurs des Rouges et blancs à l'élection présidentielle d'avril prochain. A l'issue d'un vote marathon, il a obtenu 221 voix sur 422 votants. Son challenger Soumeylou Boubèye Maïga a eu la confiance de 180 délégués. Ce dernier en bon perdant, n'avait même pas attendu la fin des dépouillements pour reconnaître sa défaite et venir féliciter le gagnant sous les applaudissements de la salle principale du palais des Congrès pleine à craquer. "Il n'y a pas de perdant, c'est l'Adema qui gagne", dira Soumeylou Boubèye Maïga pour qui le parti vient de faire preuve d'une grande maturité politique. "C'est l'Adema qui a gagné". Tel aura d'ailleurs été le leitmotiv des différents intervenants après la proclamation des résultats du vote. Grandeur et maturité - "Je suis honoré d'être votre candidat, à vous toutes et à vous tous, je l'accepte avec beaucoup d'humilité. C'est un redoutable privilège dont je mesure toute la portée, avec une réelle perception du poids de cette responsabilité". C'est en ces termes que Soumaïla Cissé commencera dimanche son discours d'investiture. Pour lui, si la Convention nationale sert à désigner le candidat du parti à la prochaine élection présidentielle, elle a surtout consacré la grandeur et la maturité du parti. "Grandeur, parce qu'il a osé de grandes choses. Il a fait preuve de pionnier, en choisissant le délicat exercice des primaires pour désigner de la façon la plus démocratique, son candidat. Maturité, parce que notre parti a su éviter les dérapages. Mieux, nous n'avons relevé aucun incident notable, aussi bien pour la désignation des délégués que pour l'organisation du scrutin". Par ailleurs, Soumaïla Cissé a rendu un hommage appuyé à tous les candidats à l'investiture. "D'abord à Mandé Sidibé, notre aîné pour le sens de la mesure dont il a su faire preuve. Jamais de mot excessif, jamais il n'a manqué d'attention à notre égard. Ensuite Ibrahima N'Diaye, l'ami, le camarade du parti avec lequel le dialogue n'a jamais été rompu. Enfin Soumeylou Boubèye Maïga, l'homme de tous les combats, l'homme de conviction, l'ami de tous les jours, le frère qu'on voudrait tous avoir". Pour le candidat de l'Adema, les énergies doivent désormais servir à préparer les prochaines batailles électorales. "Elles seront rudes, mais nous les gagnerons, car nous sommes dépositaires d'un bilan riche de réalisation et d'un projet de société, à la fois généreux et crédible", a-t-il soutenu, en se réjouissant de la perspective "de parachever l'œuvre du camarade Alpha Oumar Konaré". "Alpha, notre président, le premier président du parti, a fait notre fierté, la fierté de notre pays, de l'Afrique. Le bilan est largement positif. Profondément démocrate, il a su nous accompagner tout au long de ce processus et nous lui savons gré aujourd'hui de son effort inestimable". C'est donc une page qui vient d'être tournée pour les Abeilles. Il reste maintenant à savoir quelle attitude va adopter Mandé Sidibé qui a renoncé aux primaires tout en maintenant sa candidature pour les présidentielles.
S. TOGOLA - 2002-01-08
MESSAGE CONVENTION ADEMA
Camarade président du Comité Exécutif;
Camarades membres du Comité Exécutif;
Chers Camarades délégués;
Permettez-moi tout d’abord de m’incliner devant la mémoire des camarades et amis qui nous ont brutalement quittés. La disparition de ces responsables dévoués, morts à la tâche, constitue pour nous une perte immense. Que leur âme repose en paix ! Amen !
Je voudrais ensuite, chers délégués, vous présenter mes meilleurs vœux de santé pour une bonne et heureuse année ! Que l’An 2002 soit pour vous et vos familles, une année de paix, de bonheur et de prospérité ! Ces vœux s’adressent également, à travers vous, à l’ensemble des militantes et militants de notre Parti.
Camarades militantes et militants de l’ADEMA-PASJ ;
L’année 2002 est une année porteuse d’espoir pour le Mali. Rendez-vous de la plus grande fête du football africain, le Mali abrite, en effet, dans quelques jours la 23 ème édition de la Coupe d’Afrique des nations de football. La CAN Mali 2002, est un défi de développement et d’organisation que notre pays relève avec succès.
Nous prions pour que la CAN 2002 soit une grande fête sportive et que la prestation de nos Aigles puisse être à la hauteur des espoirs placés en eux.
L’an 2002, c’est également une année importante pour la classe politique malienne : elle consacre la tenue des prochaines élections présidentielles et législatives. C’est une année - test pour la maturité politique de notre peuple. Notre vœu le plus ardent est que ces élections se tiennent dans un climat serein et apaisé, à travers un scrutin transparent et crédible.
Chers Camarades;
C’est avec fierté et joie que je m’adresse à vous, tel que l’exigent les textes de notre Parti. La Convention nationale constitue, en effet, la consécration d’une grande innovation démocratique au sein de l’ADEMA-PASJ, qui place le militant au centre de la décision politique.
Étape ultime de la désignation du candidat de notre Parti aux prochaines élections présidentielles, la Convention nationale et les primaires qui ont conduit à la désignation des délégués, illustrent, de façon certaine, la vitalité et la maturité démocratique de
l’ADEMA-PASJ.
Notre Parti a osé, dans la franchise et à la lumière du jour, laisser se confronter les idées et les visions pour que nos militants choisissent en toute indépendance notre candidat aux prochaines élections présidentielles. C’est le lieu de saluer l’audace démocratique de nos militants et de rendre hommage à tous les démocrates et à tous les martyrs qui se sont sacrifiés pour la défense des droits de la personne et de la démocratie.
Chers Camarades ;
Vous étiez nombreux dans les quartiers, les villages, les campagnes et les villes à vous mobiliser, à nous rencontrer et à nous interroger sur notre vision du Mali, afin de bien faire le choix des délégués qui vous représenteront à la Convention nationale qui nous réunit aujourd’hui.
À vous, chères militantes, chers militants, je vous dis salut. Je salue votre courage, votre abnégation et votre sens du devoir civique. Car, si l’exercice des primaires participe de l’approfondissement de la démocratie au sein de notre parti, sa mise en application était loin d’être évidente.
Vous avez été plus qu’à la hauteur, je vous en félicite.
Notre grand parti, l’ADEMA-PASJ, se trouve à une phase historique de son évolution qui commande en son sein un approfondissement de la démocratie. L’exercice des primaires qui aboutit à la présente Convention nationale est l’illustration manifeste de l’engagement démocratique des militants, tel que voulu par le premier Congrès extraordinaire du parti.
À ces primaires, je suis candidat et je veux être votre candidat.
Mais voyons d’abord pourquoi suis-je candidat ?
Je suis surtout candidat, parce que je dois tout au Mali. Chaque jour que Dieu fait, je remercie le Tout - Puissant de m’avoir fait naître dans ce pays. Où que j’aille dans le monde, je mesure tout le prestige des valeurs de dignité, de respect, de dépassement de soi, de fierté, de partage et de compassion humaine que la millénaire société malienne, à travers mon éducation, n’a cessé de m’enseigner.
Aujourd’hui, je suis candidat, parce que je veux donner davantage à ce pays qui m’a tout donné.
En mission de l’ADEMA, je prends part à l’action gouvernementale depuis l’avènement de la IIIème République. Qu’il s’est agi de concevoir des politiques ou de les mettre en œuvre, j’ai été associé à toutes les grandes décisions de gestion de l’État.
Pendant dix ans, aux côtés du Président Alpha Oumar KONARE, je me suis familiarisé avec la gestion de l’État au plus haut niveau et sous ses multiples facettes, quelles soient humaines, économiques, politiques ou sociales. Cette somme d’expériences, fruit d’une présence et d’une confiance constantes au sein de l’équipe gouvernementale, constitue pour l’ADEMA, un gage certain de continuité.
Je suis candidat parce que, comme vous, je crois en nos capacités à bâtir un meilleur avenir pour tous. Comme vous, je veux que le Mali retrouve sa prestance d’antan : phare économique, phare politique, phare universitaire, phare culturel d’une Afrique digne et fière. Nous sommes sur la bonne voie car, en dix ans, l’ADEMA, a permis au Mali de réaliser des avancées notables dans tous les secteurs du développement humain.
Toutefois, d’énormes défis restent à relever dans la lutte contre la pauvreté, dans l’amélioration des conditions sanitaires des populations, dans l’éducation de nos enfants et bien sûr, pour la croissance économique, garante de la création d’emplois et de la richesse nationale.
C’est pourquoi, en ces moments de choix décisifs, il est important que tous les fils du pays, particulièrement ceux de notre génération qui ont une expérience de gestion de l’État, puissent faire valoir leur point de vue et leur vision pour le Mali. En cela, je salue la noblesse de la démarche et l’engagement politique conséquent de tous les candidats qui ont brigué l’investiture de notre Parti.
Je suis candidat parce qu’il était de ma responsabilité citoyenne de faire partager mon rêve et ma vision du Mali, pays d’avenir.
Je suis enfin candidat parce que ma vision du Mali est le fruit d’une réflexion commune avec des militants et des cadres du parti. D’une certaine façon, c’est l’expression d’une communion d’idées, d’esprit et de cœurs de militantes et militants ADEMA.
Et c’est pourquoi je veux être votre candidat à vous toutes et à vous tous. Car, je sais qu’ensemble, nous ferons de ce pays un endroit où des personnes d’horizons divers, désireront vivre et travailler dans l’harmonie et la paix. Un pays d’avant-garde ou l’on ne dissocie pas le bien-être social du bien-être économique.
Nous sommes déjà bien partis, car, en dix ans de gestion, les différents gouvernements ADEMA qui se sont succédé, sous la conduite du président Alpha Oumar KONARE, ont fait du Mali un pays stable, apaisé, à travers une démarche originale de résolution des conflits et tensions de tous genres.
Sur ce socle, nous continuerons à bâtir ensemble, vous et moi, la renaissance du Mali. Nous renforcerons la gestion concertée, pierre angulaire de l’action de l’ADEMA, en plaçant le citoyen et son rôle au centre de la gestion publique.
La Décentralisation, saluée par tous les Maliens, est un important levier de responsabilisation des populations. Elle doit rapidement devenir la trame de tout le management public. Par expérience, en rapprochant la gestion de l’État des communautés de base, on assiste à de meilleurs choix d’investissements, à une meilleure hiérarchie des priorités, à une meilleure adéquation entre les besoins des populations et les dépenses de l’État. Mieux, on obtient des services à meilleurs coûts.
Placer le citoyen et son rôle au centre de la gestion publique n’est donc pas un rêve hypothétique, mais une condition essentielle à une utilisation optimale des ressources de l’État. Pour atteindre un tel résultat nous devons aider les collectivités locales à assumer correctement les responsabilités qui leur sont désormais transférées.
Il ne s’agit pas seulement d’appui financier et technique, nécessaires au transfert de compétence, mais aussi de formation au management et à l’autonomie de gestion, ainsi qu’à l’instauration d’un dialogue politique ouvert et permanent, où les collectivités locales sont de véritables partenaires au développement.
Avec des organisations de la société civile et les ONG, dont je loue ici le travail remarquable qu’elles abattent quotidiennement dans les villes et villages du Mali, les collectivités locales engrangent de riches expériences en matière de services de santé, d’éducation, de lutte contre la pauvreté et de gestion de l’Environnement.
C’est pourquoi, une fois candidat, je veillerai à ce que les succès obtenus se consolident et que les pouvoirs locaux aient toutes les prérogatives dans leurs domaines de compétences et d’attributions.
Je veux être votre candidat parce que, je sais, qu’ensemble, nous
doterons le Mali d’une économie dynamique au service du citoyen.
Dans le prolongement des dix ans de gestion ADEMA, nous réduirons notre dépendance extérieure en encourageant le développement d’une épargne intérieure, capable de financer notre économie nationale.
Nous renforcerons l’appui accordé au secteur privé par une législation adaptée au nouveau contexte économique mondial et par la mise à sa disposition de financements adaptés lui permettant de créer de nouveaux emplois ou de conquérir de nouveaux marchés.
La diversification de notre économie, largement tributaire du coton et de l’or et de leurs cours mondiaux, est d’une urgente nécessité. Aussi, la transformation de nos produits de base constitue une priorité dans une action concertée entre l’État et le secteur privé.
Cette concertation permanente, entre l’État et le secteur privé permettra d’aboutir à l’élaboration d’une vision claire de l’industrialisation de notre pays.
La politique de libéralisation économique nous a permis d’avoir une gestion rigoureuse et plus réaliste de notre économie. Toutefois, le bien-être économique ne doit pas se dissocier du bien-être social. D’où notre volonté de renforcer la responsabilité de l’État à aider les plus démunis, à se soigner, à s’éduquer, à se nourrir et à se loger correctement.
Je tiens à souligner l’importance que nous accordons au financement du micro-crédit. Le succès remporté par ses structures de financement auprès des femmes dans des activités génératrices de revenus, n’est plus à démontrer.
C’est pourquoi, avec les femmes de l’ADEMA, avec les femmes du Mali, nous comptons renforcer ces structures, augmenter de façon notable les financements et concevoir ensemble un ambitieux programme d’aide à l’entreprenariat féminin, afin de les aider à intégrer le secteur de la production. Dans la lignée des progrès notables enregistrés, nous envisageons de concrétiser l’accès des femmes aux postes de responsabilité.
Chers délégués,
Le Mali est à l’aube d’une nouvelle ère de prospérité et de croissance pour tous.
C’est pourquoi, je veux être votre candidat pour partager avec vous, notre vision, qui s’appuie sur un bilan solide, une expertise avérée et une expérience de huit ans de gestion des Finances et de l’Économie de ce pays.
Un pays qui marche c’est également des infrastructures de qualité, facteur essentiel au développement du Mali.
Le secteur qui retient le plus notre attention est incontestablement celui du monde rural. La majorité de nos concitoyens y vivent et y travaillent. Ils contribuent largement à la création des richesses nationales, et pourtant, ce sont eux qui souffrent le plus d’absence d’infrastructures et de pauvreté. À ce niveau, un juste rééquilibrage des choses s’impose.
La maîtrise de l’eau, élément essentiel à la sécurisation de l’agriculture, ainsi que la sauvegarde du pouvoir d’achat de nos agriculteurs à l’abri des aléas du marché mondial seront nos priorités d’action.
L’élevage, la pêche, la foresterie et d’autres activités du monde rural où nos avantages comparatifs sont réels devront faire l’objet de programmes de modernisation.
Sous ce rapport, le désenclavement prend toute sa dimension de priorité nationale.
Le désenclavement doit être, en effet, de proximité : les principales routes doivent passer par le maximum de villages et celles qui mènent aux villes doivent intégrer la problématique urbaine et les problèmes d’assainissement.
Le désenclavement de proximité, c’est aussi la construction de nombreux petits ponts, radiers et bacs pour relier les zones de production aux zones de consommation et permettre un accès en toute saison au marché, à l’école, ou au centre de santé.
Une politique appropriée de l’aménagement du territoire permettra ainsi de relier chaque chef-lieu de commune au chef-lieu de cercle concerné.
Les deux années passées à la tête du Ministère de l’Équipement, de l’Aménagement du Territoire, de l’Environnement et de l’Urbanisme, m’ont permis, après l’Économie et les Finances, de gérer dans le concret la plupart des problèmes de développement auxquels le Mali d’aujourd’hui est confronté.
Ils sont tous très importants, très urgents, très prioritaires, mais celui qui me tient particulièrement à cœur est celui de l’éducation. Si nous n’assurons pas de meilleures conditions d’éducation et d’encadrement à nos enfants et à nos jeunes frères, il n’y aura pas d’avenir pour le Mali.
Nous devons corriger les inadéquations importantes qui caractérisent notre marché du travail, où un nombre important de jeunes sont sans emploi, alors que le pays souffre d’un manque cruel de main- d’œuvre, surtout qualifiée.
Nous devons trouver la solution au chômage et au sous-emploi en provoquant un dialogue franc et sincère entre les employeurs, dont l’État, et les jeunes. Ce dialogue devra porter sur les disponibilités de notre économie et la mise en cohérence entre les souhaits des jeunes eux-mêmes et les besoins réels du pays.
Rien ne doit être tabou. La formation doit être interrogée : est-elle adaptée au besoin de notre économie? Les programmes d’ajustement structurel prennent-ils suffisamment en compte, la préparation de l’avenir ?
Les jeunes qui décideront de tenter leur chance dans le secteur privé devront bénéficier d’un encadrement entrepreneurial conséquent et d’un accès à des lignes de crédit, à des conditions très avantageuses.
Il est de notre responsabilité morale de trouver des solutions à la situation des jeunes et des femmes. Je m’engage personnellement, si je suis élu, à proposer, sous le leadership des femmes et des jeunes du Parti, un plan d’action comportant une série de mesures simples et concrètes destinées à améliorer leurs situations.
C’est en s’occupant de ses femmes, de ses enfants et de ses jeunes que le Mali grandira. Qu’il retrouvera son prestige d’antan !
Nous avons tout, pour continuer à faire du Mali un acteur incontournable dans l’affirmation de l’Afrique. Nous en avons la force, nous en avons l’intelligence, nous avons l’engagement politique, les richesses et le savoir-faire. Il nous reste à décider. Notre détermination fera le reste.
Nous vous proposons l’audace de l’action. L’audace de ces Maliens qui font rayonner notre culture partout où ils sont dans le monde. L’audace de ces Maliens de l’extérieur qui s’intègrent aisément et réussissent brillamment dans leurs pays d’accueil. L’audace qui a ramené la démocratie dans ce pays. L’audace qui a fait bâtir à nos ancêtres de grands empires.
Le temps est arrivé pour que, Maliens, d’ici et d’ailleurs, se remémorent l’héritage de nos ancêtres et s’unissent pour bâtir une nouvelle Nation. C’est pourquoi, il est important pour moi que l’honneur du Malien soit respecté où qu’il soit, sa dignité et sa sécurité, garanties.
Chers camarades;
Nous sommes les héritiers d’un grand peuple, d’une grande nation, d’une riche civilisation, d’un grand pays au riche potentiel économique, aux confluents des grands marchés du Continent. Nous avons donc tout pour réussir. Le Mali de demain sera l’expression de notre volonté commune de bâtir ensemble une nation forte et prospère.
C’est à ce choix que je vous convie, chers délégués : l’audace de choisir un candidat qui veut tout donner au Mali.
C’est donc très humblement que je viens solliciter votre vote pour pouvoir concrétiser notre rêve commun d’un grand Mali.
J’exhorte tous nos délégués à exercer leur choix dans la sérénité, le calme et l’unité du parti. Rien de ce que nous voulons entreprendre n’aboutira, si nous ne restons pas unis.
Il ne me reste plus qu’ à vous souhaiter bonne chance. Quant à moi, je prie Dieu de toutes mes forces pour qu’il fasse le meilleur choix pour l’ADEMA et pour le Mali!
Je vous remercie.
Bamako le 05 janvier 2002
Camarades membres du Comité Exécutif;
Chers Camarades délégués;
Permettez-moi tout d’abord de m’incliner devant la mémoire des camarades et amis qui nous ont brutalement quittés. La disparition de ces responsables dévoués, morts à la tâche, constitue pour nous une perte immense. Que leur âme repose en paix ! Amen !
Je voudrais ensuite, chers délégués, vous présenter mes meilleurs vœux de santé pour une bonne et heureuse année ! Que l’An 2002 soit pour vous et vos familles, une année de paix, de bonheur et de prospérité ! Ces vœux s’adressent également, à travers vous, à l’ensemble des militantes et militants de notre Parti.
Camarades militantes et militants de l’ADEMA-PASJ ;
L’année 2002 est une année porteuse d’espoir pour le Mali. Rendez-vous de la plus grande fête du football africain, le Mali abrite, en effet, dans quelques jours la 23 ème édition de la Coupe d’Afrique des nations de football. La CAN Mali 2002, est un défi de développement et d’organisation que notre pays relève avec succès.
Nous prions pour que la CAN 2002 soit une grande fête sportive et que la prestation de nos Aigles puisse être à la hauteur des espoirs placés en eux.
L’an 2002, c’est également une année importante pour la classe politique malienne : elle consacre la tenue des prochaines élections présidentielles et législatives. C’est une année - test pour la maturité politique de notre peuple. Notre vœu le plus ardent est que ces élections se tiennent dans un climat serein et apaisé, à travers un scrutin transparent et crédible.
Chers Camarades;
C’est avec fierté et joie que je m’adresse à vous, tel que l’exigent les textes de notre Parti. La Convention nationale constitue, en effet, la consécration d’une grande innovation démocratique au sein de l’ADEMA-PASJ, qui place le militant au centre de la décision politique.
Étape ultime de la désignation du candidat de notre Parti aux prochaines élections présidentielles, la Convention nationale et les primaires qui ont conduit à la désignation des délégués, illustrent, de façon certaine, la vitalité et la maturité démocratique de
l’ADEMA-PASJ.
Notre Parti a osé, dans la franchise et à la lumière du jour, laisser se confronter les idées et les visions pour que nos militants choisissent en toute indépendance notre candidat aux prochaines élections présidentielles. C’est le lieu de saluer l’audace démocratique de nos militants et de rendre hommage à tous les démocrates et à tous les martyrs qui se sont sacrifiés pour la défense des droits de la personne et de la démocratie.
Chers Camarades ;
Vous étiez nombreux dans les quartiers, les villages, les campagnes et les villes à vous mobiliser, à nous rencontrer et à nous interroger sur notre vision du Mali, afin de bien faire le choix des délégués qui vous représenteront à la Convention nationale qui nous réunit aujourd’hui.
À vous, chères militantes, chers militants, je vous dis salut. Je salue votre courage, votre abnégation et votre sens du devoir civique. Car, si l’exercice des primaires participe de l’approfondissement de la démocratie au sein de notre parti, sa mise en application était loin d’être évidente.
Vous avez été plus qu’à la hauteur, je vous en félicite.
Notre grand parti, l’ADEMA-PASJ, se trouve à une phase historique de son évolution qui commande en son sein un approfondissement de la démocratie. L’exercice des primaires qui aboutit à la présente Convention nationale est l’illustration manifeste de l’engagement démocratique des militants, tel que voulu par le premier Congrès extraordinaire du parti.
À ces primaires, je suis candidat et je veux être votre candidat.
Mais voyons d’abord pourquoi suis-je candidat ?
Je suis surtout candidat, parce que je dois tout au Mali. Chaque jour que Dieu fait, je remercie le Tout - Puissant de m’avoir fait naître dans ce pays. Où que j’aille dans le monde, je mesure tout le prestige des valeurs de dignité, de respect, de dépassement de soi, de fierté, de partage et de compassion humaine que la millénaire société malienne, à travers mon éducation, n’a cessé de m’enseigner.
Aujourd’hui, je suis candidat, parce que je veux donner davantage à ce pays qui m’a tout donné.
En mission de l’ADEMA, je prends part à l’action gouvernementale depuis l’avènement de la IIIème République. Qu’il s’est agi de concevoir des politiques ou de les mettre en œuvre, j’ai été associé à toutes les grandes décisions de gestion de l’État.
Pendant dix ans, aux côtés du Président Alpha Oumar KONARE, je me suis familiarisé avec la gestion de l’État au plus haut niveau et sous ses multiples facettes, quelles soient humaines, économiques, politiques ou sociales. Cette somme d’expériences, fruit d’une présence et d’une confiance constantes au sein de l’équipe gouvernementale, constitue pour l’ADEMA, un gage certain de continuité.
Je suis candidat parce que, comme vous, je crois en nos capacités à bâtir un meilleur avenir pour tous. Comme vous, je veux que le Mali retrouve sa prestance d’antan : phare économique, phare politique, phare universitaire, phare culturel d’une Afrique digne et fière. Nous sommes sur la bonne voie car, en dix ans, l’ADEMA, a permis au Mali de réaliser des avancées notables dans tous les secteurs du développement humain.
Toutefois, d’énormes défis restent à relever dans la lutte contre la pauvreté, dans l’amélioration des conditions sanitaires des populations, dans l’éducation de nos enfants et bien sûr, pour la croissance économique, garante de la création d’emplois et de la richesse nationale.
C’est pourquoi, en ces moments de choix décisifs, il est important que tous les fils du pays, particulièrement ceux de notre génération qui ont une expérience de gestion de l’État, puissent faire valoir leur point de vue et leur vision pour le Mali. En cela, je salue la noblesse de la démarche et l’engagement politique conséquent de tous les candidats qui ont brigué l’investiture de notre Parti.
Je suis candidat parce qu’il était de ma responsabilité citoyenne de faire partager mon rêve et ma vision du Mali, pays d’avenir.
Je suis enfin candidat parce que ma vision du Mali est le fruit d’une réflexion commune avec des militants et des cadres du parti. D’une certaine façon, c’est l’expression d’une communion d’idées, d’esprit et de cœurs de militantes et militants ADEMA.
Et c’est pourquoi je veux être votre candidat à vous toutes et à vous tous. Car, je sais qu’ensemble, nous ferons de ce pays un endroit où des personnes d’horizons divers, désireront vivre et travailler dans l’harmonie et la paix. Un pays d’avant-garde ou l’on ne dissocie pas le bien-être social du bien-être économique.
Nous sommes déjà bien partis, car, en dix ans de gestion, les différents gouvernements ADEMA qui se sont succédé, sous la conduite du président Alpha Oumar KONARE, ont fait du Mali un pays stable, apaisé, à travers une démarche originale de résolution des conflits et tensions de tous genres.
Sur ce socle, nous continuerons à bâtir ensemble, vous et moi, la renaissance du Mali. Nous renforcerons la gestion concertée, pierre angulaire de l’action de l’ADEMA, en plaçant le citoyen et son rôle au centre de la gestion publique.
La Décentralisation, saluée par tous les Maliens, est un important levier de responsabilisation des populations. Elle doit rapidement devenir la trame de tout le management public. Par expérience, en rapprochant la gestion de l’État des communautés de base, on assiste à de meilleurs choix d’investissements, à une meilleure hiérarchie des priorités, à une meilleure adéquation entre les besoins des populations et les dépenses de l’État. Mieux, on obtient des services à meilleurs coûts.
Placer le citoyen et son rôle au centre de la gestion publique n’est donc pas un rêve hypothétique, mais une condition essentielle à une utilisation optimale des ressources de l’État. Pour atteindre un tel résultat nous devons aider les collectivités locales à assumer correctement les responsabilités qui leur sont désormais transférées.
Il ne s’agit pas seulement d’appui financier et technique, nécessaires au transfert de compétence, mais aussi de formation au management et à l’autonomie de gestion, ainsi qu’à l’instauration d’un dialogue politique ouvert et permanent, où les collectivités locales sont de véritables partenaires au développement.
Avec des organisations de la société civile et les ONG, dont je loue ici le travail remarquable qu’elles abattent quotidiennement dans les villes et villages du Mali, les collectivités locales engrangent de riches expériences en matière de services de santé, d’éducation, de lutte contre la pauvreté et de gestion de l’Environnement.
C’est pourquoi, une fois candidat, je veillerai à ce que les succès obtenus se consolident et que les pouvoirs locaux aient toutes les prérogatives dans leurs domaines de compétences et d’attributions.
Je veux être votre candidat parce que, je sais, qu’ensemble, nous
doterons le Mali d’une économie dynamique au service du citoyen.
Dans le prolongement des dix ans de gestion ADEMA, nous réduirons notre dépendance extérieure en encourageant le développement d’une épargne intérieure, capable de financer notre économie nationale.
Nous renforcerons l’appui accordé au secteur privé par une législation adaptée au nouveau contexte économique mondial et par la mise à sa disposition de financements adaptés lui permettant de créer de nouveaux emplois ou de conquérir de nouveaux marchés.
La diversification de notre économie, largement tributaire du coton et de l’or et de leurs cours mondiaux, est d’une urgente nécessité. Aussi, la transformation de nos produits de base constitue une priorité dans une action concertée entre l’État et le secteur privé.
Cette concertation permanente, entre l’État et le secteur privé permettra d’aboutir à l’élaboration d’une vision claire de l’industrialisation de notre pays.
La politique de libéralisation économique nous a permis d’avoir une gestion rigoureuse et plus réaliste de notre économie. Toutefois, le bien-être économique ne doit pas se dissocier du bien-être social. D’où notre volonté de renforcer la responsabilité de l’État à aider les plus démunis, à se soigner, à s’éduquer, à se nourrir et à se loger correctement.
Je tiens à souligner l’importance que nous accordons au financement du micro-crédit. Le succès remporté par ses structures de financement auprès des femmes dans des activités génératrices de revenus, n’est plus à démontrer.
C’est pourquoi, avec les femmes de l’ADEMA, avec les femmes du Mali, nous comptons renforcer ces structures, augmenter de façon notable les financements et concevoir ensemble un ambitieux programme d’aide à l’entreprenariat féminin, afin de les aider à intégrer le secteur de la production. Dans la lignée des progrès notables enregistrés, nous envisageons de concrétiser l’accès des femmes aux postes de responsabilité.
Chers délégués,
Le Mali est à l’aube d’une nouvelle ère de prospérité et de croissance pour tous.
C’est pourquoi, je veux être votre candidat pour partager avec vous, notre vision, qui s’appuie sur un bilan solide, une expertise avérée et une expérience de huit ans de gestion des Finances et de l’Économie de ce pays.
Un pays qui marche c’est également des infrastructures de qualité, facteur essentiel au développement du Mali.
Le secteur qui retient le plus notre attention est incontestablement celui du monde rural. La majorité de nos concitoyens y vivent et y travaillent. Ils contribuent largement à la création des richesses nationales, et pourtant, ce sont eux qui souffrent le plus d’absence d’infrastructures et de pauvreté. À ce niveau, un juste rééquilibrage des choses s’impose.
La maîtrise de l’eau, élément essentiel à la sécurisation de l’agriculture, ainsi que la sauvegarde du pouvoir d’achat de nos agriculteurs à l’abri des aléas du marché mondial seront nos priorités d’action.
L’élevage, la pêche, la foresterie et d’autres activités du monde rural où nos avantages comparatifs sont réels devront faire l’objet de programmes de modernisation.
Sous ce rapport, le désenclavement prend toute sa dimension de priorité nationale.
Le désenclavement doit être, en effet, de proximité : les principales routes doivent passer par le maximum de villages et celles qui mènent aux villes doivent intégrer la problématique urbaine et les problèmes d’assainissement.
Le désenclavement de proximité, c’est aussi la construction de nombreux petits ponts, radiers et bacs pour relier les zones de production aux zones de consommation et permettre un accès en toute saison au marché, à l’école, ou au centre de santé.
Une politique appropriée de l’aménagement du territoire permettra ainsi de relier chaque chef-lieu de commune au chef-lieu de cercle concerné.
Les deux années passées à la tête du Ministère de l’Équipement, de l’Aménagement du Territoire, de l’Environnement et de l’Urbanisme, m’ont permis, après l’Économie et les Finances, de gérer dans le concret la plupart des problèmes de développement auxquels le Mali d’aujourd’hui est confronté.
Ils sont tous très importants, très urgents, très prioritaires, mais celui qui me tient particulièrement à cœur est celui de l’éducation. Si nous n’assurons pas de meilleures conditions d’éducation et d’encadrement à nos enfants et à nos jeunes frères, il n’y aura pas d’avenir pour le Mali.
Nous devons corriger les inadéquations importantes qui caractérisent notre marché du travail, où un nombre important de jeunes sont sans emploi, alors que le pays souffre d’un manque cruel de main- d’œuvre, surtout qualifiée.
Nous devons trouver la solution au chômage et au sous-emploi en provoquant un dialogue franc et sincère entre les employeurs, dont l’État, et les jeunes. Ce dialogue devra porter sur les disponibilités de notre économie et la mise en cohérence entre les souhaits des jeunes eux-mêmes et les besoins réels du pays.
Rien ne doit être tabou. La formation doit être interrogée : est-elle adaptée au besoin de notre économie? Les programmes d’ajustement structurel prennent-ils suffisamment en compte, la préparation de l’avenir ?
Les jeunes qui décideront de tenter leur chance dans le secteur privé devront bénéficier d’un encadrement entrepreneurial conséquent et d’un accès à des lignes de crédit, à des conditions très avantageuses.
Il est de notre responsabilité morale de trouver des solutions à la situation des jeunes et des femmes. Je m’engage personnellement, si je suis élu, à proposer, sous le leadership des femmes et des jeunes du Parti, un plan d’action comportant une série de mesures simples et concrètes destinées à améliorer leurs situations.
C’est en s’occupant de ses femmes, de ses enfants et de ses jeunes que le Mali grandira. Qu’il retrouvera son prestige d’antan !
Nous avons tout, pour continuer à faire du Mali un acteur incontournable dans l’affirmation de l’Afrique. Nous en avons la force, nous en avons l’intelligence, nous avons l’engagement politique, les richesses et le savoir-faire. Il nous reste à décider. Notre détermination fera le reste.
Nous vous proposons l’audace de l’action. L’audace de ces Maliens qui font rayonner notre culture partout où ils sont dans le monde. L’audace de ces Maliens de l’extérieur qui s’intègrent aisément et réussissent brillamment dans leurs pays d’accueil. L’audace qui a ramené la démocratie dans ce pays. L’audace qui a fait bâtir à nos ancêtres de grands empires.
Le temps est arrivé pour que, Maliens, d’ici et d’ailleurs, se remémorent l’héritage de nos ancêtres et s’unissent pour bâtir une nouvelle Nation. C’est pourquoi, il est important pour moi que l’honneur du Malien soit respecté où qu’il soit, sa dignité et sa sécurité, garanties.
Chers camarades;
Nous sommes les héritiers d’un grand peuple, d’une grande nation, d’une riche civilisation, d’un grand pays au riche potentiel économique, aux confluents des grands marchés du Continent. Nous avons donc tout pour réussir. Le Mali de demain sera l’expression de notre volonté commune de bâtir ensemble une nation forte et prospère.
C’est à ce choix que je vous convie, chers délégués : l’audace de choisir un candidat qui veut tout donner au Mali.
C’est donc très humblement que je viens solliciter votre vote pour pouvoir concrétiser notre rêve commun d’un grand Mali.
J’exhorte tous nos délégués à exercer leur choix dans la sérénité, le calme et l’unité du parti. Rien de ce que nous voulons entreprendre n’aboutira, si nous ne restons pas unis.
Il ne me reste plus qu’ à vous souhaiter bonne chance. Quant à moi, je prie Dieu de toutes mes forces pour qu’il fasse le meilleur choix pour l’ADEMA et pour le Mali!
Je vous remercie.
Bamako le 05 janvier 2002
INTERVIEW
Soumaila CISSE, 3ème vice-président de l’ADEMA-PASJ et candidat investi à l’élection présidentielle: "LE CANDIDAT DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE C'EST LE CANDIDAT DE L'ADEMA" ( 16/04/2002) INTERVIEW EXCLUSIVE, realise par AFRICATIME.COM,
Soumaila CISSE s’explique sans fard sur les questions du moment. Il n’élude aucun sujet. Cet informaticien de 53 ans est confiant et le dit. Propos directs et concis.
1)Vous vous êtes, monsieur le ministre, battu pour l'organisation de primaires pour le choix du candidat de l'Adema a la présidentielle du 28 avril prochain. Vous avez remporté cette première manche, reste la deuxième....
SOUMAILA CISSE : Et c’est également une nouvelle paire de manches ! (rires…) vous le dites si bien ! La première manche, celle de la légalité et de légitimité est tranchée on n’en parle plus. La deuxième, les militants de l’ADEMA doivent la relever et à l’enthousiasme ambiant, je suis serein et très confiant pour l’issue du scrutin du 28 avril inch’Allahou !
2)L'organisation des primaires a laissé des traces dans votre famille politique, on vous a accusé de corruption politique. Pensez-vous avec le recul, que l'Adema était suffisamment mature pour la tenue de ces primaires ?
SOUMAILA CISSE : Si l’ADEMA, c’est-à-dire, ses militants, sesdirigeants n’étaient pas prêts à cette innovation, la Conventionn’allait pas être instituée. J’en suis convaincu. J’ai participé très, très activement aux travaux du Congrès et j’ai senti une soif d’équité, de justice des militants. C’est comme s’ils réalisaient un challenge, comme s’ils relevaient un défi ou comblaient une lacune. La Convention met fin au diktat de la Direction du parti sur l’ensemble du peuple ADEMA. C’est un acquis exceptionnel qui commence déjà à inspirer d’autres ici, comme ailleurs… Le message que notre parti reçoit enpermanence est clair ;«tenez bon, si vous réussissez, on vous suivra, sinon c’est la catastrophe!» Dernière chose importante : l’Adema passait déjà par le système des primaires pour désigner ses députés. Les militants savent donc à quoi s’en tenir.
3)Sur quelle base programmatique allez-vous briguer le suffrage de vos compatriotes. ? Et en quoi ce programme sera-t-il novateur pour le Mali ?
SOUMAILA CISSE : C’est d’abord un programme de continuité. Avecl’ADEMA, il n’ y a pas de rupture, de moment de flottement. C’est une équipe aguerrie, au fait de la gestion des affaires. Notre programme qui est largement diffusé sur la Toile [www.soumailacisse.net], se décline en 21 propositions qui embrassent toutes les préoccupations de nos compatriotes : de la santé, la première des libertés, à l’environnement en passant par l’école, le désenclavement et la dignitédes Maliens de l’Extérieur. Vous savez la diaspora malienne constitue pour nous un levier important de développement. Nous tenons à les impliquer davantage et à nous assurer de leur honneur dans leurs pays d’accueil. Il y a donc un programme consistant réaliste et ambitieux pour consolider les acquis et relever les nombreux défis qui nous attendent.
4)On accuse, a tort ou a raison, le président Konaré d'affaiblirl'Adéma et son candidat au profit de...Amadou Toumani Touré. Alors, avez-vous ou pas le soutien du président de la République ?SOUMAILA CISSE : «On… on… » Qui est ce «on» qui accuse le président KONARE ? Pour vous parler en bon Malien, Alpha est devenu le cousin de tout le monde et on lui attribue beaucoup de choses, on lui prête beaucoup d’intentions… Moi je travaille avec le président depuis bientôt près de 10 ans. Premier Secrétaire général de la présidence sous la 3ème république, nous avons travaillé dans des moments d’initiation et puis de tensions sociopolitiques intenses. Ce sont des souvenirs, soit ! C’est pour vous dire que je le connais très bien.S’agissant de ma candidature, le président de la République est formel: son candidat est celui de l’ADEMA. C’est quand même clair, le reste n’est pour moi que vaines supputations.
5)Le comité exécutif de l'Adema a exclu de ses rangs, l'ancien Premier ministre, Mande Sidibé, et l'ancien ministre de développement rural, El Madani Diallo. Ces exclusions ne risquent-elles pas de fragiliser davantage votre candidature ?
SOUMAILA CISSE: Pas du tout. Au contraire, c’est la cohésion depuis cette exclusion, longtemps réclamée par la base du Parti, souvent avec beaucoup d’insistance. Pour simplifier, je vous révèle que ces partants sont les mêmes avec quelques personnes en moins qui ont voulu prendre la Convention en otage. Ils avaient été presque hués et s’étaienttassés. A la veille du scrutin du 28 avril, ils redonnent de la voix, c’est, je vous assure, leur dernier baroud d’honneur. A l’ADEMA, nous sommes démocrates et nous respectons même les suicides des autres ! (rires) Vraiment le Parti, un moment mis à rude épreuve, est maintenant réconcilié avec lui-même. L’ADEMA, consciente des enjeux actuels, est aujourd’hui plus forte et plus unie que jamais, je vous l’assure ! Lesmeetings que j’ai animés dans la moitié du pays,(je continue pour l’autre moitié dès demain [mardi 16 avril2002]), ces meetings donc, par la ferveur et l’engagement des militants, m’ont tellement renforcé dans ma conviction que notre Parti est fort, que je suis convaincu que nouspouvons faire la différence dès le 1er tour, inch’Allahou !
6)Deux pôles politiques importants se sont constitues ces dernières semaines en vue de la présidentielle: l'un autour du général Amadou Toumani Touré, l'autre avec le MPR, le CNID et le RPM notamment. Quelle est la stratégie de l'Adéma et de son candidat en vue de ces élections ?
SOUMAILA CISSE : Bonne question et qui tombe au bon moment ! L’ADEMA vient d’initier avec ses partenaires le pôle de la victoire. Onze (11) partis politiques les plus représentatifs ont signé une plate-forme. L’UDD, le PMDR, la CDS, le MC CDR le BARA et les autres signataires constituent avec l’ADEMA près de 80 pour cent de l’électorat. Chose très importante ; certains de ses partis, malgré leur relatif grand poids politique, ne présentent pas de candidat à la présidentielle. Cesont d’importants soutiens du candidat de l’ADEMA dès le 1er tour, contrairement à d’autres pôles où le trop plein de candidatures irrite déjà les militants de ce formations politiques, militants qui sont presque déboussolés par des alliances contre-nature. Des alliances fortes et sûres, un bilan élogieux, l’ADEMA attend quant à elle, dansla sérénité, son triomphe, le 28 avril, inch’Allahou !
7) Vous êtes le candidat du parti au pouvoir, vous allez donc à la bataille avec d'importants moyens financiers et logistiques notamment. D'où viennent ces moyens ? Des caisses de l'Etat ?SOUMAILA CISSE : Le lendemain de mon investiture comme candidat de l’ADEMA, j’ai quitté le Gouvernement ! Cette précaution j’en mesure les dividendes positifs. Je ne suis plus ministre ; donc vraiment plus de véhicules de fonction, carburant et autres avantages, je ne les connais plus depuis plus de 3 mois. Je compte, à cet effet, sur mes amis ici, au Mali et ailleurs dans le monde.
8)Si, par hypothèse, vous êtes élu, que comptez-vous faire de nouveau que vous n'avez pas fait en dix ans de gestion des affaires publiques ?
SOUMAILA CISSE : C’est une vraie colle ! Le concept de nouveauté est très relatif. Je poursuivrai l’œuvre bien entamée. J’imprimerai la marque de ma touche personnelle à certains dossiers ou d’autres priorités. Bref, comme l’a dit le président KOBNARE sur le sujet, c’est le style qui fait l’homme. Attendons pour voir, on jugera après,inch’Allahou !
Entretien réalisé par Alhassane Ag Mohamed et Yély Traoré pour Africatime.com
Soumaila CISSE s’explique sans fard sur les questions du moment. Il n’élude aucun sujet. Cet informaticien de 53 ans est confiant et le dit. Propos directs et concis.
1)Vous vous êtes, monsieur le ministre, battu pour l'organisation de primaires pour le choix du candidat de l'Adema a la présidentielle du 28 avril prochain. Vous avez remporté cette première manche, reste la deuxième....
SOUMAILA CISSE : Et c’est également une nouvelle paire de manches ! (rires…) vous le dites si bien ! La première manche, celle de la légalité et de légitimité est tranchée on n’en parle plus. La deuxième, les militants de l’ADEMA doivent la relever et à l’enthousiasme ambiant, je suis serein et très confiant pour l’issue du scrutin du 28 avril inch’Allahou !
2)L'organisation des primaires a laissé des traces dans votre famille politique, on vous a accusé de corruption politique. Pensez-vous avec le recul, que l'Adema était suffisamment mature pour la tenue de ces primaires ?
SOUMAILA CISSE : Si l’ADEMA, c’est-à-dire, ses militants, sesdirigeants n’étaient pas prêts à cette innovation, la Conventionn’allait pas être instituée. J’en suis convaincu. J’ai participé très, très activement aux travaux du Congrès et j’ai senti une soif d’équité, de justice des militants. C’est comme s’ils réalisaient un challenge, comme s’ils relevaient un défi ou comblaient une lacune. La Convention met fin au diktat de la Direction du parti sur l’ensemble du peuple ADEMA. C’est un acquis exceptionnel qui commence déjà à inspirer d’autres ici, comme ailleurs… Le message que notre parti reçoit enpermanence est clair ;«tenez bon, si vous réussissez, on vous suivra, sinon c’est la catastrophe!» Dernière chose importante : l’Adema passait déjà par le système des primaires pour désigner ses députés. Les militants savent donc à quoi s’en tenir.
3)Sur quelle base programmatique allez-vous briguer le suffrage de vos compatriotes. ? Et en quoi ce programme sera-t-il novateur pour le Mali ?
SOUMAILA CISSE : C’est d’abord un programme de continuité. Avecl’ADEMA, il n’ y a pas de rupture, de moment de flottement. C’est une équipe aguerrie, au fait de la gestion des affaires. Notre programme qui est largement diffusé sur la Toile [www.soumailacisse.net], se décline en 21 propositions qui embrassent toutes les préoccupations de nos compatriotes : de la santé, la première des libertés, à l’environnement en passant par l’école, le désenclavement et la dignitédes Maliens de l’Extérieur. Vous savez la diaspora malienne constitue pour nous un levier important de développement. Nous tenons à les impliquer davantage et à nous assurer de leur honneur dans leurs pays d’accueil. Il y a donc un programme consistant réaliste et ambitieux pour consolider les acquis et relever les nombreux défis qui nous attendent.
4)On accuse, a tort ou a raison, le président Konaré d'affaiblirl'Adéma et son candidat au profit de...Amadou Toumani Touré. Alors, avez-vous ou pas le soutien du président de la République ?SOUMAILA CISSE : «On… on… » Qui est ce «on» qui accuse le président KONARE ? Pour vous parler en bon Malien, Alpha est devenu le cousin de tout le monde et on lui attribue beaucoup de choses, on lui prête beaucoup d’intentions… Moi je travaille avec le président depuis bientôt près de 10 ans. Premier Secrétaire général de la présidence sous la 3ème république, nous avons travaillé dans des moments d’initiation et puis de tensions sociopolitiques intenses. Ce sont des souvenirs, soit ! C’est pour vous dire que je le connais très bien.S’agissant de ma candidature, le président de la République est formel: son candidat est celui de l’ADEMA. C’est quand même clair, le reste n’est pour moi que vaines supputations.
5)Le comité exécutif de l'Adema a exclu de ses rangs, l'ancien Premier ministre, Mande Sidibé, et l'ancien ministre de développement rural, El Madani Diallo. Ces exclusions ne risquent-elles pas de fragiliser davantage votre candidature ?
SOUMAILA CISSE: Pas du tout. Au contraire, c’est la cohésion depuis cette exclusion, longtemps réclamée par la base du Parti, souvent avec beaucoup d’insistance. Pour simplifier, je vous révèle que ces partants sont les mêmes avec quelques personnes en moins qui ont voulu prendre la Convention en otage. Ils avaient été presque hués et s’étaienttassés. A la veille du scrutin du 28 avril, ils redonnent de la voix, c’est, je vous assure, leur dernier baroud d’honneur. A l’ADEMA, nous sommes démocrates et nous respectons même les suicides des autres ! (rires) Vraiment le Parti, un moment mis à rude épreuve, est maintenant réconcilié avec lui-même. L’ADEMA, consciente des enjeux actuels, est aujourd’hui plus forte et plus unie que jamais, je vous l’assure ! Lesmeetings que j’ai animés dans la moitié du pays,(je continue pour l’autre moitié dès demain [mardi 16 avril2002]), ces meetings donc, par la ferveur et l’engagement des militants, m’ont tellement renforcé dans ma conviction que notre Parti est fort, que je suis convaincu que nouspouvons faire la différence dès le 1er tour, inch’Allahou !
6)Deux pôles politiques importants se sont constitues ces dernières semaines en vue de la présidentielle: l'un autour du général Amadou Toumani Touré, l'autre avec le MPR, le CNID et le RPM notamment. Quelle est la stratégie de l'Adéma et de son candidat en vue de ces élections ?
SOUMAILA CISSE : Bonne question et qui tombe au bon moment ! L’ADEMA vient d’initier avec ses partenaires le pôle de la victoire. Onze (11) partis politiques les plus représentatifs ont signé une plate-forme. L’UDD, le PMDR, la CDS, le MC CDR le BARA et les autres signataires constituent avec l’ADEMA près de 80 pour cent de l’électorat. Chose très importante ; certains de ses partis, malgré leur relatif grand poids politique, ne présentent pas de candidat à la présidentielle. Cesont d’importants soutiens du candidat de l’ADEMA dès le 1er tour, contrairement à d’autres pôles où le trop plein de candidatures irrite déjà les militants de ce formations politiques, militants qui sont presque déboussolés par des alliances contre-nature. Des alliances fortes et sûres, un bilan élogieux, l’ADEMA attend quant à elle, dansla sérénité, son triomphe, le 28 avril, inch’Allahou !
7) Vous êtes le candidat du parti au pouvoir, vous allez donc à la bataille avec d'importants moyens financiers et logistiques notamment. D'où viennent ces moyens ? Des caisses de l'Etat ?SOUMAILA CISSE : Le lendemain de mon investiture comme candidat de l’ADEMA, j’ai quitté le Gouvernement ! Cette précaution j’en mesure les dividendes positifs. Je ne suis plus ministre ; donc vraiment plus de véhicules de fonction, carburant et autres avantages, je ne les connais plus depuis plus de 3 mois. Je compte, à cet effet, sur mes amis ici, au Mali et ailleurs dans le monde.
8)Si, par hypothèse, vous êtes élu, que comptez-vous faire de nouveau que vous n'avez pas fait en dix ans de gestion des affaires publiques ?
SOUMAILA CISSE : C’est une vraie colle ! Le concept de nouveauté est très relatif. Je poursuivrai l’œuvre bien entamée. J’imprimerai la marque de ma touche personnelle à certains dossiers ou d’autres priorités. Bref, comme l’a dit le président KOBNARE sur le sujet, c’est le style qui fait l’homme. Attendons pour voir, on jugera après,inch’Allahou !
Entretien réalisé par Alhassane Ag Mohamed et Yély Traoré pour Africatime.com
FAMILLE ADEMA
Soumaïla Cissé, l'héritier "légitime" de l'Adéma
Soumaïla Cissé, qui devrait affronter Amadou Toumani Touré ("ATT") au deuxième tour de la présidentielle malienne, le 12 mai, se présente comme l'héritier "légitime" de l'Alliance pour la démocratie au Mali (Adéma), le parti au pouvoir dont il est le candidat.Ce technocrate de 52 ans, entré dans les sphères du pouvoir d'abord comme secrétaire général de la présidence de la république, a réussi à se hisser, en une décennie, au sommet de l'Adéma, dont il est membre fondateur.Depuis qu'il a été investi candidat de ce parti, au prix de rudes batailles fratricides, son entourage en veut au président sortant, Alpha Oumar Konaré, de n'avoir pas soutenu à fond et très ouvertement sa candidature, même si l'intéressé lui-même, en fin politicien, refuse d'exprimer publiquement cette supposée inimitié.Cissé, que l'on dit timide, mais aussi "suffisant, voire arrogant" selon ses détracteurs, a mené la campagne pour le premier tour avec de grands moyens, s'entourant de conseillers étrangers, utilisant toutes les possibilités qu'offrent les nouvelles technologies, et même... un hélicoptère pour parcourir le vaste Mali.Né le 20 décembre 1949 dans la ville mythique de Tombouctou (nord), d'un père "enseignant et chercheur", il a commencé ses études primaires au Mali et poursuivi ses études supérieures à l'étranger, notamment au Sénégal et en France. C'est dans ce pays, où il mène de brillantes études, qu'il commence sa carrière professionnelle au sein de grandes multinationales, avant de rentrer dans son pays au début des années 80. Une fois au Mali, il intègre la Compagnie malienne de développement textile (CMDT), alors considérée comme le fleuron de l'industrie de ce pays. C'est également en France qu'il a commencé ses activités militantes, au sein d'un groupe pour la défense des libertés au Mali.De février 2000 à son investiture comme candidat de l'Adéma à la présidentielle, cet homme jovial, au sourire charmeur, a successivement été ministre de l'Equipement, de l'Aménagement du territoire, de l'Environnement et de l'Urbanisme. Il avait auparavant tenu pendant six ans les cordons de la bourse de son pays, en tant que ministre de l'Economie et des finances.Soumaïla Cissé hérite aujourd'hui d'un parti contre lequel pèsent des accusations de corruption après dix ans de pouvoir et, qui plus est, déchiqueté par des querelles de tendances. Mais le 28 avril dernier, comme pour montrer qu'il sait transformer ses faiblesses en forces, il en a dressé un tout autre portrait: l'Adéma, a-t-il dit, "est une belle dame" que se disputent plusieurs courtisans, mais dont il reste "le seul époux légitime".Il est marié depuis juillet 1978 à Assitan, qui lui a donné quatre enfants, dont deux jumeaux.Pour prouver à ses compatriotes sa foi en son pays, Soumaïla Cissé mène campagne sur le thème du "Mali, pays d'avenir".
(AFP 03/05/2002)
Soumaïla Cissé, qui devrait affronter Amadou Toumani Touré ("ATT") au deuxième tour de la présidentielle malienne, le 12 mai, se présente comme l'héritier "légitime" de l'Alliance pour la démocratie au Mali (Adéma), le parti au pouvoir dont il est le candidat.Ce technocrate de 52 ans, entré dans les sphères du pouvoir d'abord comme secrétaire général de la présidence de la république, a réussi à se hisser, en une décennie, au sommet de l'Adéma, dont il est membre fondateur.Depuis qu'il a été investi candidat de ce parti, au prix de rudes batailles fratricides, son entourage en veut au président sortant, Alpha Oumar Konaré, de n'avoir pas soutenu à fond et très ouvertement sa candidature, même si l'intéressé lui-même, en fin politicien, refuse d'exprimer publiquement cette supposée inimitié.Cissé, que l'on dit timide, mais aussi "suffisant, voire arrogant" selon ses détracteurs, a mené la campagne pour le premier tour avec de grands moyens, s'entourant de conseillers étrangers, utilisant toutes les possibilités qu'offrent les nouvelles technologies, et même... un hélicoptère pour parcourir le vaste Mali.Né le 20 décembre 1949 dans la ville mythique de Tombouctou (nord), d'un père "enseignant et chercheur", il a commencé ses études primaires au Mali et poursuivi ses études supérieures à l'étranger, notamment au Sénégal et en France. C'est dans ce pays, où il mène de brillantes études, qu'il commence sa carrière professionnelle au sein de grandes multinationales, avant de rentrer dans son pays au début des années 80. Une fois au Mali, il intègre la Compagnie malienne de développement textile (CMDT), alors considérée comme le fleuron de l'industrie de ce pays. C'est également en France qu'il a commencé ses activités militantes, au sein d'un groupe pour la défense des libertés au Mali.De février 2000 à son investiture comme candidat de l'Adéma à la présidentielle, cet homme jovial, au sourire charmeur, a successivement été ministre de l'Equipement, de l'Aménagement du territoire, de l'Environnement et de l'Urbanisme. Il avait auparavant tenu pendant six ans les cordons de la bourse de son pays, en tant que ministre de l'Economie et des finances.Soumaïla Cissé hérite aujourd'hui d'un parti contre lequel pèsent des accusations de corruption après dix ans de pouvoir et, qui plus est, déchiqueté par des querelles de tendances. Mais le 28 avril dernier, comme pour montrer qu'il sait transformer ses faiblesses en forces, il en a dressé un tout autre portrait: l'Adéma, a-t-il dit, "est une belle dame" que se disputent plusieurs courtisans, mais dont il reste "le seul époux légitime".Il est marié depuis juillet 1978 à Assitan, qui lui a donné quatre enfants, dont deux jumeaux.Pour prouver à ses compatriotes sa foi en son pays, Soumaïla Cissé mène campagne sur le thème du "Mali, pays d'avenir".
(AFP 03/05/2002)
SECOND TOUR PRESIDENTIELLES 2002
ATT - Cissé : leçons d'un duel
"Ce fut donc un duel entre Amadou Toumani Touré (54 ans) et Soumalla Cisse(53 ans) ! Le fils de Mopti contre le natif de Tombouctou, l'ancien président du régime de transition (mars 1991-juin 1992) contre l'exgrand argentier du Mali, le général à la retraite resté « un militaire dans l'âme » contre l'ingénieur en informatique et en gestion, le « candidat sans parti » (soutenu, néanmoins, par une trentaine de formations politiques et autant de clubs et d'associations) contre le porte-drapeau d
e l'Alliance pour la démocratie au Mali (Adéma). Mais aussi le chouchou des organisations non gouvernementales(ONG), des chancelleries étrangères et des chefs d'État africains contre le technocrate froid qui a mené campagne avec de grands moyens, fait appel à des conseillers étrangers et utilisé un hélicoptère (prêté, dit-on, par un homme d'affaires libanais de Dakar) pour sillonner un pays plus vaste que le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Ghana, le Burkina, le Bénin, le Togo et la Gambie réunis. Et, pour ce qui concerne les internautes, www.att2002.net versus www .soumailacisse. net Ce 12 mai, la bataille du second tour opposait également -peu de gens le savent -deux vieilles connaissances, deux proches, pour ne pas dire deux amis, qui se sont rencontrésà plusieurs reprises ces dernières années, souvent à l'abri des regards indiscrets, notamment dans un grand hôtel parisien. Sujets de discussion favoris de ces tête-à-tête : la querelle de leadership au sein de l'Adéma, la présidentielle et les législatives, sans oublier, bien entendu, les stratégies électorales... Au terme du premier tour de scrutin, le 28 avril, qui a connu une inflation d'aspirants (vingt-quatre, contre neuf, dix ans plus tôt), les deux vieux « complices » ont, chacun, décroché un ticket pour la finale en obtenant près de 28 % des suffrages exprimés pour Amadou Toumani Touré, et environ 23 % pour Soumaïla Cissé. Sans attendre la proclamation des résultats de la phase préliminaire par la Courconstitutionnelle, ils ont entamé la campagne pour le tour ultime, chacun dans le style qui lui est propre.(...)P our l'auteur de l'article, "En arrivant en tête, Amadou Toumani Touré, ATT, comme l'appellent familièrement ses concitoyens (et beaucoup d'autres), a démontré à ceux qui en doutaient encore que les Maliens ne l'avaient pas oublié, malgré une éclipse de dix ans. Investi par le parti au pouvoir, ancien ministre, son principal challenger, Cissé, a relégué à la troisième place l'ancien Premier ministre Ibrahim Boubacar Keita (IBK), qui semble avoir fait les frais de ses accointances récentes avec les associations islamistes. La troïka ATT-CisséIBK distance nettement Tiébilé Dramé, le leader du Parti pour la renaissance nationale (Parena), qui a terminé la course en quatrièmeposition avec moins de 4 % des suffrages exprimés, lui-même talonné par le gros de la troupe... L'annonce tardive des résultats officiels du premier tour n'aura pas permis aux deux finalistes de disposer du temps nécessaire pour sillonner de nouveau le Mali.Si l'on exclut ainsi quelques rapides allers et retours dans les villes de l'intérieur et un voyage express à Abidjan et à Libreville, ATT n'a pas vraiment battu campagne au second tour. En avait-il besoin ? L'ancien officier parachutiste a profité des dix dernières années et de son temps libre pour procéder à ce qui ressemble, après coup, à un véritable maillage de son pays. À la tête de sa Fondation pour l'enfance, une ONG créée après son départ du pouvoir, le 8 juin 1992, et par le truchement d'une kyrielle d'associations qui portent son nom ou ses initiales, il a parcouru à plusieurs reprises le pays et l'arrière-pays, visité les villages et les oasis les plus reculés. (...)En face de lui, Soumaïla Cissé, certes plus timide et moins à l'aise en public, a sorti le grand jeu. II a parcouru le pays -on l'a dit -en hélicoptère, distribuant à tire-larigot des tee-shirts et des pagnes à son effigie, mais aussi des céréales, des mobylettes, des vélos et même, affirment ses détracteurs, des billets de banque. (...)une telle débauche d'argent a visiblement choqué certains, y compris dans les rangs de l'Adéma. « Les réserves actuelles du président Alpha Oumar Konaré vis-à-vis de Soumaïla Cissé s'expliquent essentiellement par ce type de comportement », souligne un ministre qui requiert l'anonymat.Konaré, qui achève le 8 juin prochain son second et dernier quinquennat, a soigneusement évité de faire campagne pour sonancien ministre (et camarade de parti), pourtant officiellement investi par l' Adéma. ..La nette détérioration de ses relatIons avec le chef de l' Etat sortant n'a nullement empêché Cissé, ex-secrétaire général de la présidence de la République (1992), d'assumer tout au long de la campagne électorale son bilan personnel (...) ainsi que les résultats obtenus, ces dernières années, à la tête du ministère des finances.(...) « En dix ans de responsabilités politiques et publiques assumées au plus haut niveau des instances de l'État, Soumaïla Cissé s'est bâti une réputation de visionnaire crédible, compétent, rigoureux, bref d'homme d'État », peut-on lire sur le site Internet officiel de l'intéressé.(...) Reconverti en volontaire du développement, ATT a joué un rôle déterminant dans l'éradication du ver de Guinée, une grave maladie parasitaire tropicale. À la veille du scrutin, il connaissait donc pratiquement tous les responsables administratifs au plan local, mais aussi tout ce que le « pays profond »L'article estime qu', "En dépit de quelques couacs, à mettre sur le compte des ressources financières limitées du Mali et de l'étendue de son territoire, la présidentielle de 2002 a été nettement de meilleure facture que celle de 1997, émaillée de nombreuses irrégularités, annulée, recommencée, et finalement boycottée par les principaux adversaires de Konaré. (...) Cette année, ils étaient -on le sait -vingt-quatre en compétition dans un scrutin plus ouvert, pour lequel 1 'État, instruit par les dérapages du passé, avait prévu trois verrous de sécurité: une Commission électorale nationale indépendante, chargée de veiller à la régularité et à la transparence du scrutin, une Délégation générale aux élections, dirigée par un officier supérieur de l'armée, chargée notamment du fichier électoral, et le ministère de l'Administration territoriale et des Collectivités territoriales.(...)
FRANCIS KPATINDÉ, envoyé spécial
e l'Alliance pour la démocratie au Mali (Adéma). Mais aussi le chouchou des organisations non gouvernementales(ONG), des chancelleries étrangères et des chefs d'État africains contre le technocrate froid qui a mené campagne avec de grands moyens, fait appel à des conseillers étrangers et utilisé un hélicoptère (prêté, dit-on, par un homme d'affaires libanais de Dakar) pour sillonner un pays plus vaste que le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Ghana, le Burkina, le Bénin, le Togo et la Gambie réunis. Et, pour ce qui concerne les internautes, www.att2002.net versus www .soumailacisse. net Ce 12 mai, la bataille du second tour opposait également -peu de gens le savent -deux vieilles connaissances, deux proches, pour ne pas dire deux amis, qui se sont rencontrésà plusieurs reprises ces dernières années, souvent à l'abri des regards indiscrets, notamment dans un grand hôtel parisien. Sujets de discussion favoris de ces tête-à-tête : la querelle de leadership au sein de l'Adéma, la présidentielle et les législatives, sans oublier, bien entendu, les stratégies électorales... Au terme du premier tour de scrutin, le 28 avril, qui a connu une inflation d'aspirants (vingt-quatre, contre neuf, dix ans plus tôt), les deux vieux « complices » ont, chacun, décroché un ticket pour la finale en obtenant près de 28 % des suffrages exprimés pour Amadou Toumani Touré, et environ 23 % pour Soumaïla Cissé. Sans attendre la proclamation des résultats de la phase préliminaire par la Courconstitutionnelle, ils ont entamé la campagne pour le tour ultime, chacun dans le style qui lui est propre.(...)P our l'auteur de l'article, "En arrivant en tête, Amadou Toumani Touré, ATT, comme l'appellent familièrement ses concitoyens (et beaucoup d'autres), a démontré à ceux qui en doutaient encore que les Maliens ne l'avaient pas oublié, malgré une éclipse de dix ans. Investi par le parti au pouvoir, ancien ministre, son principal challenger, Cissé, a relégué à la troisième place l'ancien Premier ministre Ibrahim Boubacar Keita (IBK), qui semble avoir fait les frais de ses accointances récentes avec les associations islamistes. La troïka ATT-CisséIBK distance nettement Tiébilé Dramé, le leader du Parti pour la renaissance nationale (Parena), qui a terminé la course en quatrièmeposition avec moins de 4 % des suffrages exprimés, lui-même talonné par le gros de la troupe... L'annonce tardive des résultats officiels du premier tour n'aura pas permis aux deux finalistes de disposer du temps nécessaire pour sillonner de nouveau le Mali.Si l'on exclut ainsi quelques rapides allers et retours dans les villes de l'intérieur et un voyage express à Abidjan et à Libreville, ATT n'a pas vraiment battu campagne au second tour. En avait-il besoin ? L'ancien officier parachutiste a profité des dix dernières années et de son temps libre pour procéder à ce qui ressemble, après coup, à un véritable maillage de son pays. À la tête de sa Fondation pour l'enfance, une ONG créée après son départ du pouvoir, le 8 juin 1992, et par le truchement d'une kyrielle d'associations qui portent son nom ou ses initiales, il a parcouru à plusieurs reprises le pays et l'arrière-pays, visité les villages et les oasis les plus reculés. (...)En face de lui, Soumaïla Cissé, certes plus timide et moins à l'aise en public, a sorti le grand jeu. II a parcouru le pays -on l'a dit -en hélicoptère, distribuant à tire-larigot des tee-shirts et des pagnes à son effigie, mais aussi des céréales, des mobylettes, des vélos et même, affirment ses détracteurs, des billets de banque. (...)une telle débauche d'argent a visiblement choqué certains, y compris dans les rangs de l'Adéma. « Les réserves actuelles du président Alpha Oumar Konaré vis-à-vis de Soumaïla Cissé s'expliquent essentiellement par ce type de comportement », souligne un ministre qui requiert l'anonymat.Konaré, qui achève le 8 juin prochain son second et dernier quinquennat, a soigneusement évité de faire campagne pour sonancien ministre (et camarade de parti), pourtant officiellement investi par l' Adéma. ..La nette détérioration de ses relatIons avec le chef de l' Etat sortant n'a nullement empêché Cissé, ex-secrétaire général de la présidence de la République (1992), d'assumer tout au long de la campagne électorale son bilan personnel (...) ainsi que les résultats obtenus, ces dernières années, à la tête du ministère des finances.(...) « En dix ans de responsabilités politiques et publiques assumées au plus haut niveau des instances de l'État, Soumaïla Cissé s'est bâti une réputation de visionnaire crédible, compétent, rigoureux, bref d'homme d'État », peut-on lire sur le site Internet officiel de l'intéressé.(...) Reconverti en volontaire du développement, ATT a joué un rôle déterminant dans l'éradication du ver de Guinée, une grave maladie parasitaire tropicale. À la veille du scrutin, il connaissait donc pratiquement tous les responsables administratifs au plan local, mais aussi tout ce que le « pays profond »L'article estime qu', "En dépit de quelques couacs, à mettre sur le compte des ressources financières limitées du Mali et de l'étendue de son territoire, la présidentielle de 2002 a été nettement de meilleure facture que celle de 1997, émaillée de nombreuses irrégularités, annulée, recommencée, et finalement boycottée par les principaux adversaires de Konaré. (...) Cette année, ils étaient -on le sait -vingt-quatre en compétition dans un scrutin plus ouvert, pour lequel 1 'État, instruit par les dérapages du passé, avait prévu trois verrous de sécurité: une Commission électorale nationale indépendante, chargée de veiller à la régularité et à la transparence du scrutin, une Délégation générale aux élections, dirigée par un officier supérieur de l'armée, chargée notamment du fichier électoral, et le ministère de l'Administration territoriale et des Collectivités territoriales.(...)FRANCIS KPATINDÉ, envoyé spécial
PRESIDENTIELLES 2002
L’Adema s’est choisi un candidat
L’Alliance pour la démocratie au Mali, Adema, parti au pouvoir a finalement désigné son candidat pour l’élection présidentielle d’avril prochain. Soumaïla Cissé, ministre de l’équipement de l’aménagement du territoire, de l’environnement et de l’urbanisme, a été désigné par la convention du parti qui s’est tenu les 5 et 6 janvier au palais des congrès de Bamako.Soumaïla Cissé est le candidat officiel de l’Adema. Ainsi l’ont voulu les militants du parti réunis en convention à Bamako. Il a obtenu 221 voix contre 180 pour son adversaire Soumeylou Boubeye Maïga, l’actuel ministre des forces armées et des anciens combattants et premier vice-président du parti. Titulaire d’un diplôme supérieur en gestion des entreprises, Soumaïla Cissé avait débuté sa carrière en France dans les groupes, IBM, Pechiney et Thomson. A la faveur de la démocratie naissante au Mali, il retourne au pays où il occupe le poste de secrétaire général de la présidence avant d’être nommé ministre de l’économie et des finances en 1992. Rigoureux, il est bien connu des les instances financières internationales qui ont apprécié son passage au ministère des finances du Mali. Le projet de gouvernement qu’il proposera à l’approbation des militants de son parti et au peuple malien tourne autour de ce qu’il appelle: «la lutte contre la pauvreté par le micro-crédit, la décentralisation et le renforcement de l’Etat de droit». Soumaïla Cissé, 52 ans, ingénieur en informatique veut aussi changer son image de technocrate, pour devenir le candidat de tous, populaire et rassembleur. Mais pourra-t-il compter sur les instances régionales d’un parti divisé même s’il sauve aujourd’hui les apparences?A quelques mois de l’élection présidentielle cette désignation officielle de candidat ne marque pas pour autant la fin des dissensions internes au sein du parti au pouvoir. Malgré les accolades de congratulations entre le vainqueur et son adversaire, personne n’oublie les violentes empoignades qui opposent les militants entre eux et qui ne sont que la banale traduction des querelles des chefs. Le président du parti, Dioncounda Traoré en appelle à la responsabilité des uns et des autres, mais il n’a visiblement pas été entendu. L’actuel Premier ministre, Mandé Sidibé qui était aussi candidat à l’investiture, s’est finalement retiré de la course, dénonçant publiquement des vices de forme, au mépris de certains textes du parti, dans le processus de désignation des candidats. Ses partisans, qui ont également boycotté cette convention, dénoncent des irrégularités qu’ils auraient constatées lors des primaires dans les régions. Qu’importe, le candidat officiel, Soumaïla Cissé salue la victoire de la démocratie interne au sein de l’Adema. Pour Alpha Oumar Konaré, président de la République, et fondateur du parti, ce mode de désignation du candidat est un gage de maturité politique, qui n’exclut a priori personne. Mais son Premier ministre Mandé Sidibé, officieusement et toujours candidat, n’a fait aucune déclaration au terme de la convention de l’Adema. Le parti a un candidat, mais qui n’est pas le champion consensuel souhaité par la base.Les adversaires de Soumaïla CisséA l’image de l’Adema, c’est toute la classe politique malienne qui n’arrive pas à trouver dans ses différents groupes des candidats rassembleurs. Même des partis dits de la mouvance présidentielle vont présenter des candidats propres. Certes, c’est une attitude légitime pour toute formation politique qui veut mesurer sa capacité de mobilisation autour d’un projet, mais qui peut se révéler dangereuse pour l’Adema, dans la mesure où les clivages et alliances politiques ne sont pas faits sur des bases idéologiques, mais tout simplement sur des intérêts évidents et de partage du pouvoir. Par ailleurs dans les camps opposés, qui ne sont pas vraiment l’opposition, certains candidats déjà déclarés pourraient être des adversaires sérieux face Soumaïla Cissé. Parmi eux, l’ancien Premier ministre et ancien président démissionnaire de l’Adema, Ibrahim Boubacar Kéita, aujourd’hui à la tête du RPM, le Rassemblement pour le Mali, qui veut en finir avec une certaine manière de conduire les affaires du pays. Choguel Maïga du MPR, le Mouvement pour le renouveau, qui se réclame de l’ancien président de la république, Moussa Traoré, est le candidat le plus critique de l’ère démocratique inauguré par Alpha Oumar Konaré. Un autre légendaire opposant, Moutanga Tall mobilise au sein de son parti, le CNID, ce qui lui reste de militants fidèles pour se présenter au suffrage des Maliens. Des querelles au sein de son mouvement ont régulièrement entraîné des départs et qui ont alimenté les rangs d’autres formations politiques. Enfin la probable candidature du général à la retraite, Amadou Toumani Touré, tombeur de la dictature de Moussa Traoré, constitue aux yeux des militants de l’Adema le réel obstacle au maintien d’un des leurs à la tête de l’Etat. Et pour réussir le scrutin d’avril 2002, le pouvoir a multiplié les différents niveaux de contrôle et réparti les tâches. En 1997 l’opposition avait déjà boycotté les élections dénonçant leur mauvaise préparation. Trois structures sont déjà installées pour préparer, conduire et vérifier le bon déroulement des élections générales. Le ministère de l’Administration territoriale est chargée de l’organisation matérielle des opérations, la Délégation générale aux élections est chargée de la bonne tenue du fichier électoral, du contrôle du financement des partis politiques et la Commission nationale électorale indépendante a la charge de la supervision des élections. Premières conséquences de ce dispositif qui doit assurer la transparence, l’annulation d’environ 5 millions de cartes d’électeurs, déjà confectionnées et qui ont coûté plus de 100 millions de franc CFA. La démocratie a un prix. Didier Sanson
L’Alliance pour la démocratie au Mali, Adema, parti au pouvoir a finalement désigné son candidat pour l’élection présidentielle d’avril prochain. Soumaïla Cissé, ministre de l’équipement de l’aménagement du territoire, de l’environnement et de l’urbanisme, a été désigné par la convention du parti qui s’est tenu les 5 et 6 janvier au palais des congrès de Bamako.Soumaïla Cissé est le candidat officiel de l’Adema. Ainsi l’ont voulu les militants du parti réunis en convention à Bamako. Il a obtenu 221 voix contre 180 pour son adversaire Soumeylou Boubeye Maïga, l’actuel ministre des forces armées et des anciens combattants et premier vice-président du parti. Titulaire d’un diplôme supérieur en gestion des entreprises, Soumaïla Cissé avait débuté sa carrière en France dans les groupes, IBM, Pechiney et Thomson. A la faveur de la démocratie naissante au Mali, il retourne au pays où il occupe le poste de secrétaire général de la présidence avant d’être nommé ministre de l’économie et des finances en 1992. Rigoureux, il est bien connu des les instances financières internationales qui ont apprécié son passage au ministère des finances du Mali. Le projet de gouvernement qu’il proposera à l’approbation des militants de son parti et au peuple malien tourne autour de ce qu’il appelle: «la lutte contre la pauvreté par le micro-crédit, la décentralisation et le renforcement de l’Etat de droit». Soumaïla Cissé, 52 ans, ingénieur en informatique veut aussi changer son image de technocrate, pour devenir le candidat de tous, populaire et rassembleur. Mais pourra-t-il compter sur les instances régionales d’un parti divisé même s’il sauve aujourd’hui les apparences?A quelques mois de l’élection présidentielle cette désignation officielle de candidat ne marque pas pour autant la fin des dissensions internes au sein du parti au pouvoir. Malgré les accolades de congratulations entre le vainqueur et son adversaire, personne n’oublie les violentes empoignades qui opposent les militants entre eux et qui ne sont que la banale traduction des querelles des chefs. Le président du parti, Dioncounda Traoré en appelle à la responsabilité des uns et des autres, mais il n’a visiblement pas été entendu. L’actuel Premier ministre, Mandé Sidibé qui était aussi candidat à l’investiture, s’est finalement retiré de la course, dénonçant publiquement des vices de forme, au mépris de certains textes du parti, dans le processus de désignation des candidats. Ses partisans, qui ont également boycotté cette convention, dénoncent des irrégularités qu’ils auraient constatées lors des primaires dans les régions. Qu’importe, le candidat officiel, Soumaïla Cissé salue la victoire de la démocratie interne au sein de l’Adema. Pour Alpha Oumar Konaré, président de la République, et fondateur du parti, ce mode de désignation du candidat est un gage de maturité politique, qui n’exclut a priori personne. Mais son Premier ministre Mandé Sidibé, officieusement et toujours candidat, n’a fait aucune déclaration au terme de la convention de l’Adema. Le parti a un candidat, mais qui n’est pas le champion consensuel souhaité par la base.Les adversaires de Soumaïla CisséA l’image de l’Adema, c’est toute la classe politique malienne qui n’arrive pas à trouver dans ses différents groupes des candidats rassembleurs. Même des partis dits de la mouvance présidentielle vont présenter des candidats propres. Certes, c’est une attitude légitime pour toute formation politique qui veut mesurer sa capacité de mobilisation autour d’un projet, mais qui peut se révéler dangereuse pour l’Adema, dans la mesure où les clivages et alliances politiques ne sont pas faits sur des bases idéologiques, mais tout simplement sur des intérêts évidents et de partage du pouvoir. Par ailleurs dans les camps opposés, qui ne sont pas vraiment l’opposition, certains candidats déjà déclarés pourraient être des adversaires sérieux face Soumaïla Cissé. Parmi eux, l’ancien Premier ministre et ancien président démissionnaire de l’Adema, Ibrahim Boubacar Kéita, aujourd’hui à la tête du RPM, le Rassemblement pour le Mali, qui veut en finir avec une certaine manière de conduire les affaires du pays. Choguel Maïga du MPR, le Mouvement pour le renouveau, qui se réclame de l’ancien président de la république, Moussa Traoré, est le candidat le plus critique de l’ère démocratique inauguré par Alpha Oumar Konaré. Un autre légendaire opposant, Moutanga Tall mobilise au sein de son parti, le CNID, ce qui lui reste de militants fidèles pour se présenter au suffrage des Maliens. Des querelles au sein de son mouvement ont régulièrement entraîné des départs et qui ont alimenté les rangs d’autres formations politiques. Enfin la probable candidature du général à la retraite, Amadou Toumani Touré, tombeur de la dictature de Moussa Traoré, constitue aux yeux des militants de l’Adema le réel obstacle au maintien d’un des leurs à la tête de l’Etat. Et pour réussir le scrutin d’avril 2002, le pouvoir a multiplié les différents niveaux de contrôle et réparti les tâches. En 1997 l’opposition avait déjà boycotté les élections dénonçant leur mauvaise préparation. Trois structures sont déjà installées pour préparer, conduire et vérifier le bon déroulement des élections générales. Le ministère de l’Administration territoriale est chargée de l’organisation matérielle des opérations, la Délégation générale aux élections est chargée de la bonne tenue du fichier électoral, du contrôle du financement des partis politiques et la Commission nationale électorale indépendante a la charge de la supervision des élections. Premières conséquences de ce dispositif qui doit assurer la transparence, l’annulation d’environ 5 millions de cartes d’électeurs, déjà confectionnées et qui ont coûté plus de 100 millions de franc CFA. La démocratie a un prix. Didier Sanson
A BATONS ROMPUS
SOUMAÏLA CISSE, PRESIDENT DE LA COMMISSION DE L’UEMOA PARLE:
« Mes rapports avec ATT »
Le troisième président de la Commission de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africain (UEMOA), notre compatriote, Soumaïla Cissé, installé aux commandes depuis le mois d’avril dernier, commence à imprimer satâche de technocrate hors pair à l’Union. Le Malien qui ne se sent pas dépaysé dans les arcanes de cet outil de l’intégration sous-régionale, a accepté de s’ouvrir à notre confrère burkinabé de Sidwaya. Maîtrisant son « business » de l’UEMOA, Soumi n’a esquivé aucune question, même celles relatives à ses rapports controversés avec le Président ATT et ses ambitions politiques pour l’horizon 2007. Nous vous proposons un extrait du long entretien qu’il a accordé le 27 juillet dernier à Sidwaya.
Janvier 1994 - juillet 2004, cela fait 10 ans 6 mois que l’UEMOA est née. Est-ce que l’enfant grandit bien, apprend-il bien à l’école ?
Soumaïla Cissé (S. C.) : Il y a dix ans qu’un acte majeur a été posé : c’est la création de l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA). Mais à cette époque, c’est plus la dévaluation du franc CFA qui a marqué les esprits que la naissance de l’Union.
Dix ans après, le bilan est positif. Les Chefs d’Etat de l’époque ont fait un choix judicieux, car on ne peut pas gérer une monnaie commune sans avoir des politiques qui convergent. Et c’est pour cela qu’il était nécessaire d’avoir une union économique.
En dix ans, des chantiers importants ont été mis en œuvre. Je pense que l’enfant grandit bien, même s’il a des difficultés quelquefois. Globalement, nous sommes dans une Union qui progresse, qui peut faire la fierté de notre sous-région.
Quels sont les domaines dans lesquels l’enfant grandit bien ?
S. C. : Je crois qu’il y a une volonté politique qui est partagée. L’ensemble des Chefs d’Etat, des gouvernements et des populations de l’Union sont convaincus qu’aucun pays ne peut s’en sortir tout seul. La seconde chose qui montre que cette volonté politique a des prolongements, c’est que la Guinée-Bissau a rejoint les 7 premiers Etats de l’UEMOA. Ensuite, nous avons mis une union douanière qui progresse aujourd’hui, les échanges entre les 8 pays se passent relativement bien. Nous avons supprimé les droits de douane pour tous les produits originaires ou agréés des pays membres. Nous avons mis en place un Tarif Extérieur Commun (TEC). Cela veut dire qu’en même temps que nous réalisions notre intégration, nous nous ouvrons à l’extérieur. A l’heure actuelle, certains pays frappent à la porte de l’Union. La CEDEAO a même décidé de s’inspirer de notre réussite dans certains domaines.
Sur le plan sectoriel, nous avons des politiques communes au niveau de l’agriculture, de l’industrie et même au niveau de la culture. A la réunion de Niamey, il y a quelques temps, nous avons adopté un programme économique régional qui nous permet de voir ce que nous pouvons réaliser ensemble. Il ne s’agit pas d’avoir seulement des politiques macroéconomiques, mais de prendre en compte aussi les préoccupations quotidiennes de nos populations. Il y a beaucoup de chantiers sur lesquels nous avançons de façon résolue. Nous avons mis des prélèvements communs en place. Nous avons aussi la surveillance multilatérale... Dans l’ensemble, nous avançons de façon satisfaisante. (…)
Selon la rumeur, le franc CFA sera une fois encore dévalué. Dans ce contexte de mondialisation, quel est l’avenir du franc CFA face à la baisse répétée du cours du dollar ?
S. C. : On dit que l’avenir n’appartient à personne mais, notre avenir nous appartient. Si nous gérons bien notre économie, on aura une monnaie qui convient. Si par contre, c’est la corruption, la gabegie ou la non transparence qui prennent le pas, on aura ce qu’on mérite. Sans nous flatter, nous sommes dans une sous-région qui a connu des progrès remarquables par rapport à l’ensemble des autres sous-régions africaines. Cela ne veut pas dire que nous sommes irréprochables mais nous sommes peut-être ceux qui ont donné de bons signes de progrès par rapport aux autres. Ceci dit, nous sommes dans une sous-région avec des pays enclavés. Cela se répercute sur l’économie d’ensemble de l’Union. Nous sommes aussi dans une mondialisation et nos produits de base ont des difficultés sur le marché mondial. Cela est lié aux subventions, aux politiques commerciales de certains grands pays.
Aujourd’hui, nous avons une monnaie qui se porte bien et sa gestion est irréprochable. Nous avons un taux de couverture satisfaisant, la monnaie est le reflet d’une économie et il faut que cette économie progresse assez bien pour assurer de beaux jours à la monnaie. Parlant de dévaluation, personne ne peut empêcher les rumeurs. Nous venons de tenir une réunion le 5 juillet à Dakar où nous avons passé en revue la situation monétaire de la sous-région. Je peux dire qu’on n’est pas du tout inquiet pour l’avenir. Mieux, nous sommes sereins.
Que répondez-vous à ceux qui estiment que le président ATT s’est battu pour vous placer à la tête de l’UEMOA parce que vous êtes gênant au Mali ?
SC Gênant pour qui ?
Pour lui et pour la classe politique malienne ?
SC Je ne le crois pas. Dans la vie d’un homme, il y a plusieurs étapes. Il faut à chaque fois savoir ce qu’on peut faire et ce qu’on ne peut pas faire. J’ai eu beaucoup de chances au Mali, d’avoir occupé des fonctions importantes, d’avoir connu une expérience extraordinaire en étant candidat à l’élection présidentielle parce que ce sont des moments très riches et qu’on ne regrette pas. On apprend beaucoup de choses qui vont largement au-delà de ce qu’on peut lire dans les bouquins. L’homme et la société sont des choses extrêmement complexes.
Le président ATT et moi, nous nous connaissons depuis 1962. Nous avons fait le collège de Mopti au Mali ensemble et nous sommes de très bons amis. Cela n’exclut pas à un moment donné, qu’on veuille la même chose (rires). Ceci dit, il y a un temps pour tout. Il y a le temps de la campagne, il y a le temps de la politique, le temps où l’on accepte les résultats, le temps où l’on tourne la page et on fait autre chose. Il m’a proposé de venir ici et j’ai accepté. Je suis venu vraiment librement. Il n’y a eu aucune contrainte, aucune pression particulière sur moi. Ça ne m’empêche pas d’avoir des amis au Mali et d’y aller.
Mais est-ce que vous avez toujours des ambitions présidentielles ?
SC : Les ambitions vont et viennent. Pour le moment, ça ne vient pas (rires).
La prochaine présidentielle malienne va se dérouler au moment où vous serez à un an de la fin de votre mandat à la Commission de l’UEMOA. Allez-vous démissionner pour être candidat ?
SC: Vous savez, nous étions vingt-quatre (24) candidats. On peut être candidat et ne pas être élu. En général, tout ce que je fais, je le fais passionnément et entièrement. Aujourd’hui, je suis à la tête de la Commission, j’ai des défis importants à relever. Honnêtement, je m’y consacre. Je ne passe pas mon temps à regarder le rétroviseur quand je conduis. Je me concentre sur la route, je freine et accélère au bon moment. J’évite les piétons et les cyclistes. Je reste là où je suis aujourd’hui.
Quelle a été votre touche personnelle dans le processus d’intégration quand vous étiez ministre des Finances ?
SC : J’ai eu la chance d’être le premier président du Conseil des ministres de l’UEMOA. Et aussi la chance ou la malchance d’avoir été celui qui a signé l’acte de dévaluation. Ensuite, c’est moi qui ai installé la première Commission de l’UEMOA. J’ai vraiment participé aux premiers actes et aux choix des premiers hommes au niveau de l’Union. Ceci a fait qu’après, je me sentais beaucoup plus responsable dans la mise en œuvre des chantiers. Et je pense que du côté du Mali, j’ai pu suffisamment œuvrer pour faire passer les dossiers les plus difficiles qui pouvaient exister à l’époque. Quand on a décidé par exemple de passer la TVA à 18%, honnêtement ce n’était pas chose facile et il fallait le réussir chez nous. Et tous les pays de l’interland, le Mali, le Burkina, le Niger avaient beaucoup de difficultés à faire accepter un certain nombre de mesures. L’un de mes combats que j’ai réussi à l’époque contre la Commission, c’était de faire échelonner le désarmement tarifaire. J’avais l’intuition très forte que si on allait trop vite, on allait se planter. La première idée en 96, c’était d’aller tout de suite à 100 %. J’ai dit non et on est passé d’abord à 30%. Ce n’est qu’en 2000 qu’on est arrivé à 100 %. Et je crois que cela a été heureux de faire les choses progressivement parce qu’il faut de la pédagogie, il faut ramener la confiance. Je ne regrette pas d’avoir mené ce combat en ce moment-là.
Le Mali, votre pays a connu une alternance au sommet de l’Etat qui a été saluée par tous. Comment voyez-vous la suite de la gouvernance politique au Mali, dans un contexte où le président ATT gouverne sans opposition.
SC: C’est vrai qu’il y a une situation qui paraît atypique parce que les gens aiment bien les oppositions. Mais, il faut que l’opposition aussi soit crédible, utile, qu’elle fasse attention. Partout, il le faut. Il ne faut pas des oppositions de faire-valoir.
ATT a une dimension un peu spéciale au Mali. Je crois que ceci peut expliquer cela. Je ne suis pas sûr que tout autre homme politique de notre génération puisse bénéficier de cette dimension. Parce que tout simplement en 1991, il a été le héros de la révolution contre le régime de Moussa Traoré. Il est perçu par l’ensemble de la classe politique comme un libérateur. Cela a fait que le ralliement s’est fait plus autour de l’homme qu’autour d’un programme ou de tout autre chose. C’est cette dimension qu’il faut regarder et comprendre. C’est pour cela que je disais, quand on parlait de la constitution, chaque pays a ses spécificités. Ce n’est pas pour autant qu’on peut dire qu’il n’y a pas de démocratie au Mali parce qu’il n’y a pas d’opposition affichée. Il n’y a qu’à lire la presse malienne, on se rend compte qu’ATT lui-même a droit à tout. Ce sont des situations, à mon avis, exceptionnelles. Une sorte de parenthèse démocratique que l’on rencontre dans beaucoup de pays.
Ceci dit, il y a des partis politiques qui se battent. Chacun essaie d’avoir sa place sur l’échiquier national et forcément, ils vont continuer la compétition. Ce que je crois pour le Mali, c’est que les choses ne seront plus jamais comme avant. J’espère vraiment qu’au Mali, on a atteint un point de non-retour du point de vue du processus démocratique.
Personne ne peut plus en imposer de façon arbitraire. La presse est extrêmement libre, les gens se sentent particulièrement libres et les partis politiques jouent un jeu absolument transparent. Maintenant les gens peuvent être mécontents de telle ou telle action mais, ils peuvent de ne pas décider d’aller dans une opposition, tout en restant et en critiquant de façon extrêmement sévère.
L’important, c’est que la démocratie vive à travers les médias, les partis politiques, la liberté d’expression, d’agir dans un pays. Ensuite on critique un programme de gouvernement. Et ce gouvernement doit faire en sorte que les populations s’en sortent.
Les problèmes de gouvernance au Mali ne peuvent pas être occultés. Quand on voit des dossiers dans la presse, quand on voit comment les ministres sont interpellés sur leur gestion, je pense que les choses vont dans le bon sens. Et le Mali fait partie des pays qui ont accepté l’évaluation des pairs. Cela veut dire que le Mali accepte la critique. Chaque année, Transparency international vient au Mali et donne son point de vue sur tout ce qui s’y passe. L’aspect politique doit être vu à travers la personnalité du président.
Vous avez pris fonction il n’y a pas longtemps. Comment avez-vous été accueilli. Avez-vous trouvé des peaux de banane ? Quelle est l’ambiance au sein de la Commission ?
SC: La chance que j’ai eue par rapport à tous les présidents qui m’ont précédé, c’est que j’étais dans la maison. Je suis rentré en mars 2003 dans la maison, donc J’ai fait presqu’un an avant d’être porté à la tête de la Commission. J’ai connu les gens. J’ai pu avoir des relations particulières avec ces personnes. Et puis elles ont eu aussi à apprécier mon comportement, ma façon d’être. La deuxième chance que j’ai eue, c’est que j’étais au gouvernement au début de l’UEMOA et la plupart des cadres de ses institutions sont des gens que j’ai connus. Il y a beaucoup de respect entre nous et ceci m’a beaucoup aidé. Ceci dit quand on rentre dans une posture différente, il est évident que les gens vous regardent brusquement avec un nouvel œil. Vous êtes là et tout d’un coup vous êtes directeur général. Même ceux qui vous saluaient en passant, commencent à vous saluer autrement. Vous-même vous vous demandez ce qui a changé.
L’une des premières actions que j’ai eu à mener, c’est de parler avec le personnel. Et cela a été un moment très fort de communion pour mettre les gens à l’aise. Parce qu’il y en a qui croient que comme un tel est parti, on me fera ceci ou cela. C’est de la petitesse et ça n’apporte rien. J’ai géré beaucoup de départements ministériels, j’ai rarement changé les gens. Il faut travailler avec ceux qui sont là.
On ne fait pas une organisation ou un pays avec des gens qui n’existent pas. Si vous n’échangez pas, si vous ne communiquez pas et si vous n’avez pas de relation directe avec les gens, ça ne marche pas. J’ai instauré des réunions régulières avec mon cabinet, mais il y a aussi un espace de dialogue que j’ai ouvert où tous les vendredis après-midi, n’importe quel agent de l’UEMOA peut rencontrer le président sans rendez-vous. Je l’ai fait pendant dix (10) ans au Mali. Souvent je restais au bureau jusqu’à 22 h. C’est bon de parler avec les gens parce que le planton peut vous apporter une bonne information. Ce n’est pas de la délation, mais ce sont des échanges.
C’est la vie qui vous donne la chance à un moment donné d’être en bonne position. Donc, il faut être humble dans nos sociétés.
(…) Info Matin ( 11/08/2004
« Mes rapports avec ATT »
Le troisième président de la Commission de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africain (UEMOA), notre compatriote, Soumaïla Cissé, installé aux commandes depuis le mois d’avril dernier, commence à imprimer satâche de technocrate hors pair à l’Union. Le Malien qui ne se sent pas dépaysé dans les arcanes de cet outil de l’intégration sous-régionale, a accepté de s’ouvrir à notre confrère burkinabé de Sidwaya. Maîtrisant son « business » de l’UEMOA, Soumi n’a esquivé aucune question, même celles relatives à ses rapports controversés avec le Président ATT et ses ambitions politiques pour l’horizon 2007. Nous vous proposons un extrait du long entretien qu’il a accordé le 27 juillet dernier à Sidwaya.
Janvier 1994 - juillet 2004, cela fait 10 ans 6 mois que l’UEMOA est née. Est-ce que l’enfant grandit bien, apprend-il bien à l’école ?
Soumaïla Cissé (S. C.) : Il y a dix ans qu’un acte majeur a été posé : c’est la création de l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA). Mais à cette époque, c’est plus la dévaluation du franc CFA qui a marqué les esprits que la naissance de l’Union.
Dix ans après, le bilan est positif. Les Chefs d’Etat de l’époque ont fait un choix judicieux, car on ne peut pas gérer une monnaie commune sans avoir des politiques qui convergent. Et c’est pour cela qu’il était nécessaire d’avoir une union économique.
En dix ans, des chantiers importants ont été mis en œuvre. Je pense que l’enfant grandit bien, même s’il a des difficultés quelquefois. Globalement, nous sommes dans une Union qui progresse, qui peut faire la fierté de notre sous-région.
Quels sont les domaines dans lesquels l’enfant grandit bien ?
S. C. : Je crois qu’il y a une volonté politique qui est partagée. L’ensemble des Chefs d’Etat, des gouvernements et des populations de l’Union sont convaincus qu’aucun pays ne peut s’en sortir tout seul. La seconde chose qui montre que cette volonté politique a des prolongements, c’est que la Guinée-Bissau a rejoint les 7 premiers Etats de l’UEMOA. Ensuite, nous avons mis une union douanière qui progresse aujourd’hui, les échanges entre les 8 pays se passent relativement bien. Nous avons supprimé les droits de douane pour tous les produits originaires ou agréés des pays membres. Nous avons mis en place un Tarif Extérieur Commun (TEC). Cela veut dire qu’en même temps que nous réalisions notre intégration, nous nous ouvrons à l’extérieur. A l’heure actuelle, certains pays frappent à la porte de l’Union. La CEDEAO a même décidé de s’inspirer de notre réussite dans certains domaines.
Sur le plan sectoriel, nous avons des politiques communes au niveau de l’agriculture, de l’industrie et même au niveau de la culture. A la réunion de Niamey, il y a quelques temps, nous avons adopté un programme économique régional qui nous permet de voir ce que nous pouvons réaliser ensemble. Il ne s’agit pas d’avoir seulement des politiques macroéconomiques, mais de prendre en compte aussi les préoccupations quotidiennes de nos populations. Il y a beaucoup de chantiers sur lesquels nous avançons de façon résolue. Nous avons mis des prélèvements communs en place. Nous avons aussi la surveillance multilatérale... Dans l’ensemble, nous avançons de façon satisfaisante. (…)
Selon la rumeur, le franc CFA sera une fois encore dévalué. Dans ce contexte de mondialisation, quel est l’avenir du franc CFA face à la baisse répétée du cours du dollar ?
S. C. : On dit que l’avenir n’appartient à personne mais, notre avenir nous appartient. Si nous gérons bien notre économie, on aura une monnaie qui convient. Si par contre, c’est la corruption, la gabegie ou la non transparence qui prennent le pas, on aura ce qu’on mérite. Sans nous flatter, nous sommes dans une sous-région qui a connu des progrès remarquables par rapport à l’ensemble des autres sous-régions africaines. Cela ne veut pas dire que nous sommes irréprochables mais nous sommes peut-être ceux qui ont donné de bons signes de progrès par rapport aux autres. Ceci dit, nous sommes dans une sous-région avec des pays enclavés. Cela se répercute sur l’économie d’ensemble de l’Union. Nous sommes aussi dans une mondialisation et nos produits de base ont des difficultés sur le marché mondial. Cela est lié aux subventions, aux politiques commerciales de certains grands pays.
Aujourd’hui, nous avons une monnaie qui se porte bien et sa gestion est irréprochable. Nous avons un taux de couverture satisfaisant, la monnaie est le reflet d’une économie et il faut que cette économie progresse assez bien pour assurer de beaux jours à la monnaie. Parlant de dévaluation, personne ne peut empêcher les rumeurs. Nous venons de tenir une réunion le 5 juillet à Dakar où nous avons passé en revue la situation monétaire de la sous-région. Je peux dire qu’on n’est pas du tout inquiet pour l’avenir. Mieux, nous sommes sereins.
Que répondez-vous à ceux qui estiment que le président ATT s’est battu pour vous placer à la tête de l’UEMOA parce que vous êtes gênant au Mali ?
SC Gênant pour qui ?
Pour lui et pour la classe politique malienne ?
SC Je ne le crois pas. Dans la vie d’un homme, il y a plusieurs étapes. Il faut à chaque fois savoir ce qu’on peut faire et ce qu’on ne peut pas faire. J’ai eu beaucoup de chances au Mali, d’avoir occupé des fonctions importantes, d’avoir connu une expérience extraordinaire en étant candidat à l’élection présidentielle parce que ce sont des moments très riches et qu’on ne regrette pas. On apprend beaucoup de choses qui vont largement au-delà de ce qu’on peut lire dans les bouquins. L’homme et la société sont des choses extrêmement complexes.
Le président ATT et moi, nous nous connaissons depuis 1962. Nous avons fait le collège de Mopti au Mali ensemble et nous sommes de très bons amis. Cela n’exclut pas à un moment donné, qu’on veuille la même chose (rires). Ceci dit, il y a un temps pour tout. Il y a le temps de la campagne, il y a le temps de la politique, le temps où l’on accepte les résultats, le temps où l’on tourne la page et on fait autre chose. Il m’a proposé de venir ici et j’ai accepté. Je suis venu vraiment librement. Il n’y a eu aucune contrainte, aucune pression particulière sur moi. Ça ne m’empêche pas d’avoir des amis au Mali et d’y aller.
Mais est-ce que vous avez toujours des ambitions présidentielles ?
SC : Les ambitions vont et viennent. Pour le moment, ça ne vient pas (rires).
La prochaine présidentielle malienne va se dérouler au moment où vous serez à un an de la fin de votre mandat à la Commission de l’UEMOA. Allez-vous démissionner pour être candidat ?
SC: Vous savez, nous étions vingt-quatre (24) candidats. On peut être candidat et ne pas être élu. En général, tout ce que je fais, je le fais passionnément et entièrement. Aujourd’hui, je suis à la tête de la Commission, j’ai des défis importants à relever. Honnêtement, je m’y consacre. Je ne passe pas mon temps à regarder le rétroviseur quand je conduis. Je me concentre sur la route, je freine et accélère au bon moment. J’évite les piétons et les cyclistes. Je reste là où je suis aujourd’hui.
Quelle a été votre touche personnelle dans le processus d’intégration quand vous étiez ministre des Finances ?
SC : J’ai eu la chance d’être le premier président du Conseil des ministres de l’UEMOA. Et aussi la chance ou la malchance d’avoir été celui qui a signé l’acte de dévaluation. Ensuite, c’est moi qui ai installé la première Commission de l’UEMOA. J’ai vraiment participé aux premiers actes et aux choix des premiers hommes au niveau de l’Union. Ceci a fait qu’après, je me sentais beaucoup plus responsable dans la mise en œuvre des chantiers. Et je pense que du côté du Mali, j’ai pu suffisamment œuvrer pour faire passer les dossiers les plus difficiles qui pouvaient exister à l’époque. Quand on a décidé par exemple de passer la TVA à 18%, honnêtement ce n’était pas chose facile et il fallait le réussir chez nous. Et tous les pays de l’interland, le Mali, le Burkina, le Niger avaient beaucoup de difficultés à faire accepter un certain nombre de mesures. L’un de mes combats que j’ai réussi à l’époque contre la Commission, c’était de faire échelonner le désarmement tarifaire. J’avais l’intuition très forte que si on allait trop vite, on allait se planter. La première idée en 96, c’était d’aller tout de suite à 100 %. J’ai dit non et on est passé d’abord à 30%. Ce n’est qu’en 2000 qu’on est arrivé à 100 %. Et je crois que cela a été heureux de faire les choses progressivement parce qu’il faut de la pédagogie, il faut ramener la confiance. Je ne regrette pas d’avoir mené ce combat en ce moment-là.
Le Mali, votre pays a connu une alternance au sommet de l’Etat qui a été saluée par tous. Comment voyez-vous la suite de la gouvernance politique au Mali, dans un contexte où le président ATT gouverne sans opposition.
SC: C’est vrai qu’il y a une situation qui paraît atypique parce que les gens aiment bien les oppositions. Mais, il faut que l’opposition aussi soit crédible, utile, qu’elle fasse attention. Partout, il le faut. Il ne faut pas des oppositions de faire-valoir.
ATT a une dimension un peu spéciale au Mali. Je crois que ceci peut expliquer cela. Je ne suis pas sûr que tout autre homme politique de notre génération puisse bénéficier de cette dimension. Parce que tout simplement en 1991, il a été le héros de la révolution contre le régime de Moussa Traoré. Il est perçu par l’ensemble de la classe politique comme un libérateur. Cela a fait que le ralliement s’est fait plus autour de l’homme qu’autour d’un programme ou de tout autre chose. C’est cette dimension qu’il faut regarder et comprendre. C’est pour cela que je disais, quand on parlait de la constitution, chaque pays a ses spécificités. Ce n’est pas pour autant qu’on peut dire qu’il n’y a pas de démocratie au Mali parce qu’il n’y a pas d’opposition affichée. Il n’y a qu’à lire la presse malienne, on se rend compte qu’ATT lui-même a droit à tout. Ce sont des situations, à mon avis, exceptionnelles. Une sorte de parenthèse démocratique que l’on rencontre dans beaucoup de pays.
Ceci dit, il y a des partis politiques qui se battent. Chacun essaie d’avoir sa place sur l’échiquier national et forcément, ils vont continuer la compétition. Ce que je crois pour le Mali, c’est que les choses ne seront plus jamais comme avant. J’espère vraiment qu’au Mali, on a atteint un point de non-retour du point de vue du processus démocratique.
Personne ne peut plus en imposer de façon arbitraire. La presse est extrêmement libre, les gens se sentent particulièrement libres et les partis politiques jouent un jeu absolument transparent. Maintenant les gens peuvent être mécontents de telle ou telle action mais, ils peuvent de ne pas décider d’aller dans une opposition, tout en restant et en critiquant de façon extrêmement sévère.
L’important, c’est que la démocratie vive à travers les médias, les partis politiques, la liberté d’expression, d’agir dans un pays. Ensuite on critique un programme de gouvernement. Et ce gouvernement doit faire en sorte que les populations s’en sortent.
Les problèmes de gouvernance au Mali ne peuvent pas être occultés. Quand on voit des dossiers dans la presse, quand on voit comment les ministres sont interpellés sur leur gestion, je pense que les choses vont dans le bon sens. Et le Mali fait partie des pays qui ont accepté l’évaluation des pairs. Cela veut dire que le Mali accepte la critique. Chaque année, Transparency international vient au Mali et donne son point de vue sur tout ce qui s’y passe. L’aspect politique doit être vu à travers la personnalité du président.
Vous avez pris fonction il n’y a pas longtemps. Comment avez-vous été accueilli. Avez-vous trouvé des peaux de banane ? Quelle est l’ambiance au sein de la Commission ?
SC: La chance que j’ai eue par rapport à tous les présidents qui m’ont précédé, c’est que j’étais dans la maison. Je suis rentré en mars 2003 dans la maison, donc J’ai fait presqu’un an avant d’être porté à la tête de la Commission. J’ai connu les gens. J’ai pu avoir des relations particulières avec ces personnes. Et puis elles ont eu aussi à apprécier mon comportement, ma façon d’être. La deuxième chance que j’ai eue, c’est que j’étais au gouvernement au début de l’UEMOA et la plupart des cadres de ses institutions sont des gens que j’ai connus. Il y a beaucoup de respect entre nous et ceci m’a beaucoup aidé. Ceci dit quand on rentre dans une posture différente, il est évident que les gens vous regardent brusquement avec un nouvel œil. Vous êtes là et tout d’un coup vous êtes directeur général. Même ceux qui vous saluaient en passant, commencent à vous saluer autrement. Vous-même vous vous demandez ce qui a changé.
L’une des premières actions que j’ai eu à mener, c’est de parler avec le personnel. Et cela a été un moment très fort de communion pour mettre les gens à l’aise. Parce qu’il y en a qui croient que comme un tel est parti, on me fera ceci ou cela. C’est de la petitesse et ça n’apporte rien. J’ai géré beaucoup de départements ministériels, j’ai rarement changé les gens. Il faut travailler avec ceux qui sont là.
On ne fait pas une organisation ou un pays avec des gens qui n’existent pas. Si vous n’échangez pas, si vous ne communiquez pas et si vous n’avez pas de relation directe avec les gens, ça ne marche pas. J’ai instauré des réunions régulières avec mon cabinet, mais il y a aussi un espace de dialogue que j’ai ouvert où tous les vendredis après-midi, n’importe quel agent de l’UEMOA peut rencontrer le président sans rendez-vous. Je l’ai fait pendant dix (10) ans au Mali. Souvent je restais au bureau jusqu’à 22 h. C’est bon de parler avec les gens parce que le planton peut vous apporter une bonne information. Ce n’est pas de la délation, mais ce sont des échanges.
C’est la vie qui vous donne la chance à un moment donné d’être en bonne position. Donc, il faut être humble dans nos sociétés.
(…) Info Matin ( 11/08/2004
COMMISSAIRE PRESIDENT
Soumaïla Cissé officiellement installéLe nouveau président de l’UEMOA a été installé à son poste, le vendredi 20 février 2004. La cérémonie a eu lieu dans la salle de conférences du siège de ladite institution, à Ouagadougou.
En rappel, c’est lors du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres de l’Union, tenu le 10 janvier dernier à Niamey, au Niger que Soumaïla Cissé, le président entrant de la Commission de l’UEMOA a été nommé en remplacement de Moussa Touré en fin de mandat. Le vendredi 20 février 2004, soit quarante (40) jours après sa nomination, le Malien, qui succède ainsi au Sénégalais, était officiellement installé, au poste de président de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine. Cérémonie solennelle que fut cette installation, marquée par la présence de plusieurs hautes personnalités politiques du Burkina Faso, d’institutions internationales et interafricaines et de l’ensemble du personnel de l’Union.
A cette occasion, un hommage a été rendu au président sortant, Moussa Touré pour le travail formidable qu’il a accompli avec « rigueur et humanisme » ; ce qui a crédibilisé l’Union. On a aussi rendu hommage à Ousmane Seck, premier président de l’UEMOA, présent à cette cérémonie.
Un homme de dossiers
La cérémonie d’installation de Soumaïla Cissé a été officiée par Grégoire Laourou, président du Conseil des ministres. Celui-ci, avant de prononcer la formule consacrée, a fait un bref aperçu du parcours du nouveau président de l’Union et rappelé les défis qu’il aura à relever, qui sont du reste les orientations données par les chefs d’Etat et de Gouvernement, le 10 janvier 2004 à Niamey. Ce sont entre autres défis majeurs : la consolidation de l’union douanière, l’adhésion des peuples aux programmes communautaires, la libre circulation des personnes, des biens et des services, et le droit d’établissement, la mise en œuvre de la politique d’aménagement du territoire communautaire, les politiques sectorielles et le programme économique régional.
Parlant de la personnalité et la carrière de Soumaïla Cissé, Grégoire Laourou dira que c’est un homme de dossier et de terrain, mais aussi de cœur. Le président entrant de l’Union est nanti d’une maîtrise en méthodes informatiques appliquées à la gestion et un diplôme d’ingénieur en informatique et en gestion. Il connaît bien l’institution qu’il préside désormais, puisqu’il a été président du conseil des ministres de l’UEMOA.
Parmi les personnalités à rendre hommage au président sortant et à féliciter le nouveau, Mélégué Traoré, vice-président du Comité interparlementaire de l’UEMOA. Celui-ci a saisi l’occasion pour plaider pour que le parlement de l’Union soit installé cette année.
L’espace UEMOA doit être une zone de paix
Prenant la parole après le cérémonial de son installation officielle, Soumaïla Cissé a remercié les chefs d’Etat des pays membres de l’Union pour lui avoir accordé leur confiance. Il a ensuite dit qu’il mesure toute la portée et qu’il est conscient des devoirs qu’il a envers chacun d’eux. A l’endroit de Moussa Touré, son prédécesseur, il a dit avoir été très honoré de travailler à ses côtés et d’avoir pu profiter de sa longue et riche expérience. Il a déclaré aborder son mandat, animé par un esprit de service, avec le souci de faire vivre une UEMOA enracinée dans les cœurs, attentive à tous, ouverte, tolérante, répondant aux attentes et besoins de chacun des citoyens. Dans l’après-midi du 20 février, jour de son installation officielle, le nouveau président de la Commission de l’UEMOA a donné une conférence de presse, dans la salle du conseil des ministres. Il entendait ainsi dire aux hommes de médias sa volonté de travailler avec la presse pour mieux faire connaître les actions de son institution.
Le nouveau patron de l’UEMOA a reconnu au cours de son entretien avec les journalistes que, malgré les acquis, beaucoup d’efforts restent à faire. Les tâches les plus urgentes selon lui, c’est de s’assurer que nous avons atteint un point de non-retour ; pour ce faire, Soumaïla Cissé dit travailler sur les libertés, tout en faisant en sorte que l’espace UEMOA soit un havre de paix.
Observateur Paalga
mercredi 1 août 2007
UEMOA ACBF
Marchés publics dans l’espace UEMOA : Environ 1 milliard de francs CFA pour une meilleure gestion
La Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique (ACBF) met à la disposition de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), environ un milliard de francs CFA pour plus de transparence dans la gestion des marchés publics. La signature de convention est intervenue vendredi 27 juillet 2007 à Ouagadougou.
"Par ce geste, l’ACBF voudrait apporter sa contribution à la lutte contre la corruption dans le système de passation des marchés publics de la sous-région à travers le relèvement
du déficit du développement des capacités humaines et institutionnelles". Ces propos sont du secrétaire exécutif de la Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique (ACBF), Dr Soumana Sacko. Il s’est exprimé ainsi pour justifier le don de l’ACBF à l’UEMOA dont la signature d’accord a eu lieu vendredi 27 juillet 2007, au siège de l’UEMOA à Ouagadougou.
De l’avis du Dr Soumana Sacko, cet accord de don du programme régional de réforme des marché publics dans l’espace UEMOA a pour but de renforcer l’intégration régionale et de promouvoir la bonne gouvernance. Selon lui, l’insuffisance des capacités humaines et institutionnelles et le manque d’information sont en partie la cause de l’expansion effrénée de la corruption dans les marchés publics.
C’est à juste titre qu’il a laissé entendre qu’au-delà de l’approche purement économique, "cet effort de gérer au mieux la chose publique nous renvoie aux valeurs cardinales africaines de probité et de justice". Pour sa part, le président de la Commission de l’UEMOA, Soumaïla Cissé, a soutenu que le présent financement octroyé par l’ACBF viendra compléter les efforts et permettra notamment, de renforcer les capacités des Etats et de la Commission dans la mise en œuvre de la réforme des systèmes de passation des marchés publics.
Soumaïla Cissé a rassuré l’ACBF de l’entière disponibilité de l’UEMOA à renforcer davantage les relations de coopération entre les deux institutions. Il a dit compter sur l’ACBF pour la prise en compte de la dimension sous-régionale afin de réaliser la véritable intégration économique continentale. A terme, le pari de l’ACBF et de l’UEMOA est d’une part, l’harmonisation des dispositifs nationaux des huit (8) Etats membres et d’autre part, la modernisation et la restauration de la transparence mesurable.
Toute chose qui favorise la réduction du nombre de marchés de gré à gré, la diversification des acquéreurs grâce à la rationalisation des procédures d’acquisition et la réduction des plaintes des opérateurs économiques. Le programme comporte deux (2) composantes que sont la promotion et le développement de cadre communautaire de régulation et le renforcement des capacités humaines et institutionnelles.
Alban KINIAbdoulaye SERA (stagiaire) mardi 31 juillet 2007.
La Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique (ACBF) met à la disposition de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), environ un milliard de francs CFA pour plus de transparence dans la gestion des marchés publics. La signature de convention est intervenue vendredi 27 juillet 2007 à Ouagadougou.
"Par ce geste, l’ACBF voudrait apporter sa contribution à la lutte contre la corruption dans le système de passation des marchés publics de la sous-région à travers le relèvement
du déficit du développement des capacités humaines et institutionnelles". Ces propos sont du secrétaire exécutif de la Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique (ACBF), Dr Soumana Sacko. Il s’est exprimé ainsi pour justifier le don de l’ACBF à l’UEMOA dont la signature d’accord a eu lieu vendredi 27 juillet 2007, au siège de l’UEMOA à Ouagadougou.De l’avis du Dr Soumana Sacko, cet accord de don du programme régional de réforme des marché publics dans l’espace UEMOA a pour but de renforcer l’intégration régionale et de promouvoir la bonne gouvernance. Selon lui, l’insuffisance des capacités humaines et institutionnelles et le manque d’information sont en partie la cause de l’expansion effrénée de la corruption dans les marchés publics.
C’est à juste titre qu’il a laissé entendre qu’au-delà de l’approche purement économique, "cet effort de gérer au mieux la chose publique nous renvoie aux valeurs cardinales africaines de probité et de justice". Pour sa part, le président de la Commission de l’UEMOA, Soumaïla Cissé, a soutenu que le présent financement octroyé par l’ACBF viendra compléter les efforts et permettra notamment, de renforcer les capacités des Etats et de la Commission dans la mise en œuvre de la réforme des systèmes de passation des marchés publics.
Soumaïla Cissé a rassuré l’ACBF de l’entière disponibilité de l’UEMOA à renforcer davantage les relations de coopération entre les deux institutions. Il a dit compter sur l’ACBF pour la prise en compte de la dimension sous-régionale afin de réaliser la véritable intégration économique continentale. A terme, le pari de l’ACBF et de l’UEMOA est d’une part, l’harmonisation des dispositifs nationaux des huit (8) Etats membres et d’autre part, la modernisation et la restauration de la transparence mesurable.
Toute chose qui favorise la réduction du nombre de marchés de gré à gré, la diversification des acquéreurs grâce à la rationalisation des procédures d’acquisition et la réduction des plaintes des opérateurs économiques. Le programme comporte deux (2) composantes que sont la promotion et le développement de cadre communautaire de régulation et le renforcement des capacités humaines et institutionnelles.
Alban KINIAbdoulaye SERA (stagiaire) mardi 31 juillet 2007.
UEMOA UE
Partenariat Union européenne/Afrique de l’Ouest
Près de 30 milliards pour soutenir le Programme indicatif régional
La chef de la délégation de la Commission européenne au Burkina Faso et le président de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ont signé deux (2) conventions d’un montant total de près de trente (30) milliards de francs CFA. La signature a eu lieu, mercredi 6 juin 2007, à Ouagadougou.
Vingt neuf
milliards cinq cent millions (29,5 milliards) de francs CFA est le montant des deux conventions signées par l’Union européenne et la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Ce sont le président de la Commission de l’UEMOA, Soumaïla Cissé et l’ambassadeur, chef de la délégation de la Commission européenne (CE) au Burkina Faso, Mme Sari Suomalainen
qui ont procédé à la signature de convention. C’était mercredi 6 juin 2007 au siège de l’UEMOA à Ouagadougou. Les deux (2) conventions de contribution signées sont relatives au Programme indicatif régional (PIR) du 9e Fonds européen de développement (FED) entre l’Union européenne et l’Afrique de l’Ouest.La première convention de contribution vise à aider l’UEMOA et ses Etats membres à respecter les objectifs fixés par le Traité concernant le parachèvement de l’Union douanière et l’établissement progressif d’un marché commun. La consolidation du cadre macroéconomique, l’amélioration du cadre légal et administratif par le biais du renforcement des capacités institutionnelles ainsi que l’amélioration du secteur privé sont concernées par cette convention. Le financement mobilisé pour cette contribution s’élève à trente et un (31) millions d’euros, soit vingt milliards trois cent millions (20,3 milliards) de francs CFA. Le financement couvre la période 2007-2011.Quant à la seconde convention de contribution, elle a pour objectif spécifique de renforcer la compétivité des entreprises et d’assurer la conformité aux règles internationales du commerce et aux règlements techniques. Cela vise particulièrement les accords de l’Organisation mondiale de commerce (OMC) sur les Obstacles techniques au commerce (OTC) et les Mesures sanitaires et phytosanitaires (SPS). L’objectif sera atteint à travers l’établissement et/ou le renforcement d’infrastructures nationales et régionales d’appui en matière de qualité.La mise en œuvre technique de la convention sera assurée par l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI). Le montant mobilisé pour la réalisation des activités de la seconde convention de contribution est de quatorze (14) millions d’euros, soit neuf milliards deux cent millions (9,2 milliards) de F CFA. Le financement couvre la période 2007-2010. Tous les pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la Mauritanie sont concernés par le financement. De l’avis de Mme Suomalainen, l’UE va continuer à soutenir l’intégration au service du développement. «La programmation du Programme indicatif régional 10e FED (2008/13) (...) a pour ambition de contribuer, de façon significative, à appuyer les efforts de la région, tant sur le plan économique que sur le plan de la paix et de la stabilité politique», a-t-elle souligné.Pour sa part, le président de la Commission de l’UEMOA, Soumaïla Cissé, a précisé que les différentes phases du PIR ont permis de mettre en place les structures institutionnelles prévues par le traité de l’UEMOA.
Alban KINI
Près de 30 milliards pour soutenir le Programme indicatif régional
La chef de la délégation de la Commission européenne au Burkina Faso et le président de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ont signé deux (2) conventions d’un montant total de près de trente (30) milliards de francs CFA. La signature a eu lieu, mercredi 6 juin 2007, à Ouagadougou.
Vingt neuf
milliards cinq cent millions (29,5 milliards) de francs CFA est le montant des deux conventions signées par l’Union européenne et la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Ce sont le président de la Commission de l’UEMOA, Soumaïla Cissé et l’ambassadeur, chef de la délégation de la Commission européenne (CE) au Burkina Faso, Mme Sari Suomalainenqui ont procédé à la signature de convention. C’était mercredi 6 juin 2007 au siège de l’UEMOA à Ouagadougou. Les deux (2) conventions de contribution signées sont relatives au Programme indicatif régional (PIR) du 9e Fonds européen de développement (FED) entre l’Union européenne et l’Afrique de l’Ouest.La première convention de contribution vise à aider l’UEMOA et ses Etats membres à respecter les objectifs fixés par le Traité concernant le parachèvement de l’Union douanière et l’établissement progressif d’un marché commun. La consolidation du cadre macroéconomique, l’amélioration du cadre légal et administratif par le biais du renforcement des capacités institutionnelles ainsi que l’amélioration du secteur privé sont concernées par cette convention. Le financement mobilisé pour cette contribution s’élève à trente et un (31) millions d’euros, soit vingt milliards trois cent millions (20,3 milliards) de francs CFA. Le financement couvre la période 2007-2011.Quant à la seconde convention de contribution, elle a pour objectif spécifique de renforcer la compétivité des entreprises et d’assurer la conformité aux règles internationales du commerce et aux règlements techniques. Cela vise particulièrement les accords de l’Organisation mondiale de commerce (OMC) sur les Obstacles techniques au commerce (OTC) et les Mesures sanitaires et phytosanitaires (SPS). L’objectif sera atteint à travers l’établissement et/ou le renforcement d’infrastructures nationales et régionales d’appui en matière de qualité.La mise en œuvre technique de la convention sera assurée par l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI). Le montant mobilisé pour la réalisation des activités de la seconde convention de contribution est de quatorze (14) millions d’euros, soit neuf milliards deux cent millions (9,2 milliards) de F CFA. Le financement couvre la période 2007-2010. Tous les pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la Mauritanie sont concernés par le financement. De l’avis de Mme Suomalainen, l’UE va continuer à soutenir l’intégration au service du développement. «La programmation du Programme indicatif régional 10e FED (2008/13) (...) a pour ambition de contribuer, de façon significative, à appuyer les efforts de la région, tant sur le plan économique que sur le plan de la paix et de la stabilité politique», a-t-elle souligné.Pour sa part, le président de la Commission de l’UEMOA, Soumaïla Cissé, a précisé que les différentes phases du PIR ont permis de mettre en place les structures institutionnelles prévues par le traité de l’UEMOA.
Alban KINI
SANS DETOUR
Soumaïla Cissé Président de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine parle
A 54 ans, Soumaïla Cissé amorce une nouvelle étape dans une carrière déjà riche en reconversions. Depuis le 10 janvier, l’ancien ministre malien des Finances, candidat de
l’Alliance pour la démocratie au Mali (Adéma) à la succession d’Alpha Oumar Konaré, est le nouveau président de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine
(UEMOA), à la place du Sénégalais Moussa Touré, pourtant candidat à sa propre reconduction. Ce poste très prisé, il l’a acquis grâce au soutien d’Amadou Toumani Touré, qui l’avait battu à l’élection du 12 mai 2002, mais aussi à celui d’Abdoulaye Wade, le président du pays de son prédécesseur… Si beaucoup attendent de lui qu’il donne plus de visibilité politique à l’UEMOA, Soumaïla Cissé, qui a longtemps occupé des fonctions dirigeantes à la Confédération malienne pour le développement des textiles (CMDT), sera aussi jugé à ses réalisations concrètes sur le terrain économique.
Jeune Afrique/L'intelligent : Le fait que la présidence de l’UEMOA échappe aux grands pays
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